Mediapart se lamente : « L’extrême droite menace, les gauches tergiversent». Bible des bolchos et des écolos, le site Reporterre déplore tout autant « l’ancrage »du RN aux municipales : « À la tête de dix-sept communes depuis 2020, quasiment tous les maires du Rassemblement national sont réélus dès le premier tour, ou en passe de l’être au second tour qui se tiendra le 22 mars. À commencer par Louis Aliot, vice-président du parti, réélu à Perpignan, seule ville de plus de 100 000 habitants menée par un maire du parti d’extrême droite, avec 50,61 % ». Mais dans « les plus petites communes que sont Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) [où Steve Briois a réuni 77% des voix], Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais), Hayange (Moselle), Moissac (Tarn-et-Garonne), Beaucaire (Gard) ou encore Le Pontet (Vaucluse), les édiles du RN sont réélus au premier tour ».
Toutefois, ce premier tour a aussi réservé d’heureuses surprises à l’extrême gauche puisque Saint-Denis, deuxième ville d’Ile-de-France derrière Paris avec 150 000 habitants (clandestins non compris), a dès le 15 mars éjecté son maire socialiste Mathieu Hanotin au profit de l’Insoumis Bally Bagayoko qui avait rejoint le Front de Gauche mélenchoniste dès 2012.
Une victoire du Grand Remplacement
Mais qui est Bagayoko dont l’élection a été saluée dans la liesse avec tam-tams et youyous ? Né en1973 dans une « famille nombreuse d’origine malienne », passionné de basket-ball, cadre de la RATP, où l’on ne doit pas le voir souvent, et heureux titulaire d’une maîtrise de « Sciences et Techniques de la connaissance des banlieues » (oui, ça existe), il a été conseiller municipal de Saint-Denis sous le mandat du communiste Patrick Braouezec. Avant de devenir maire-adjoint puis conseiller général du canton de Saint-Denis Nord Est.
Bien qu’abritant la nécropole des rois de France et la Maison de la Légion d’honneur (1), Saint-Denis est depuis longtemps de gauche mais Pierre Pauty, directeur d’école et frontiste turbulent, y faisait des scores honorables dans les années 70 du siècle dernier.
Le Grand Remplacement est hélas passé par là. « Entre 1975 et 2015, la proportion des jeunes de moins de 18 ans immigrés d’origine extra-européenne ou vivant avec au moins ubarn parent immigré d’origine extra-européenne est passée de 15 % à 67 % », précise Wikipédia. Si l’on ajoute que « les petits-enfants d’immigrés ne sont pas pris en compte » dans cette statistique, cela signifie que les « racisés » en âge de voter constituent environ 70% de l’électorat potentiel. Certes, tous ne sont pas allés aux urnes puisque, dimanche dernier, 57,16% des inscrits se sont abstenus, mais la majorité de ceux qui s’y sont rendus ont émis un vote antiblanc, au-delà de l’ethnie à laquelle ils appartiennent.
Et il devrait en être de même le 22 mars à Aubervilliers, toujours dans la Seine-Saint-Denis, où la maire sortante Karine Franclet (UDI) mordra sans doute la poussière le 22 mars face au Divers gauche Sofienne Karroumi, dont seulement 65 voix d’avance la séparaient au premier tour et auquel se sont ralliés Nabila Djebbari pour l’Union de la gauche et le candidat LFI Guillaume Lescaut. Ce qui lui assurerait 60% des votes.
Des cas d’école à méditer par notre Establishment politique, de Roubaix à Marseille.
Camille Galic
- Depuis 2005, des pensionnaires de la Maison d’éducation de la Légion d’honneur, créée par Napoléon 1er pour prendre en charge des orphelines de guerre et sise dans le cloître Saint-Denis, sont fréquemment « ennuyées » ou délestées de leurs sac et téléphone par des voyous quand elles sortent seules.







