élections

La France à droite contre l’axe PLM

Marqué par un fort abstentionnisme, le dernier scrutin a souligné la fracture entre la France «bleue » des campagnes mais aussi des villes, et les grandes métropoles telles Paris, Lyon Marseille où la gauche l’a emporté. Difficilement à Lyon où le catastrophique sortant, le Vert Grégory Doucet, ne précède que d’un point Jean-Michel Aulas, ancien président de l’Olympique lyonnais saisi sur ses vieux jours par le démon de la politique. Mais nettement dans la capitale où, avec 51 % des voix, Emmanuel Grégoire, ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo, devance de 9 points Rachida Dati, ainsi qu’à Marseille où le RN Franck Allisio (40%) n’a pu arracher la mairie au sortant socialiste Payan, reconduit avec 54,37% des suffrages alors qu’au premier tour, à peine plus d’un point séparait les deux candidats.

Le « grand théâtre antifasciste » n’a pas marché partout

Victoire obtenue grâce au soutien (mollement rejeté mais tacitement accepté) de La France Insoumise, au vote des « racisés » et surtout au « grand théâtre antifasciste » dénoncé par l’ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin (pourtant venu du trotskisme, comme Mélenchon) mort à 88 ans le même 22 mars.

Reste qu’aux yeux du monde, c’est la gauche qui a triomphé puisque les trois plus grandes villes de France restent dans son escarcelle alors que la droite au sens très large a conservé ou gagné certaines des villes les plus peuplées de France. Telles Nice où Éric Ciotti, président de l’UDR (Union des droites pour a République) qui a, selon lui, « vocation à remplacer LR car LR c’est terminé, LR c’est une succursale de monsieur Macron et du parti socialiste », a pu, avec le soutien du RN et 48,57% des voix, mettre fin au long règne du caméléon Estrosi, Toulouse le sortant Moudenc (réélu avec 53,87% des suffrages) a fait mordre la poussière à l’Insoumis François Piquemal, Bordeaux (arrachée au maire Vert Pierre Hurmic). Limoges, Besançon, Clermont-Ferrand, Brest, Angers, Brest, etc., sont également passées du rouge au bleu. Sans oublier Le Havre où, menacé par une coalition de gauche, Edouard Philippe, ex-UMP rallié à Macron qui en fit son Premier ministre, a conservé sa mairie. D’où il espère bien conquérir l’Élysée en 2027. Victime d’un passage calamiteux à Matignon puis du « scandale Betharram », battu de 343 voix par le socialiste Jérôme Marbot, François Bayrou a dû, en revanche, passer la main à Pau.

Le RN, de Tarascon à Vierzon

Quant au Rassemblement national et malgré les défaites de Julien Sanchez à Nîmes et, comme nous le redoutions, de Laure Lavalette à Toulon, il continue sa progression avec quelque septante victoires. Au sud à Menton, Carcassonne, Carpentras (quelle revanche), Agde, Tarascon, Castres, et au nord où Hénin-Beaumont a fait des petits. Sans oublier Vierzon dans le Cher, fief presque sans discontinuer du PC depuis 1921 : menée par Yannick Le Roux qui obtenu 47,85% des votes, une Union des Droites amalgamant, mirabile visu, les frères ennemis RN et Reconquête a mis fin à ce long règne.

Ces succès découlent d’une part à la désindustrialisation (qui, aux Etats-Unis, favorisa la montée du MAGA et l’élection de Donald Trump aux dépens du camp démocrate) et, d’autre part, de l’«insécurité » qui, ont dû admettre tous les politologues, reste, au-delà du pouvoir d’achat et même de la retraite, la première préoccupation de 51% des Français.

Or, la délinquance est elle-même la conséquence directe du Grand Remplacement, en France comme dans le reste de l’Europe (1). Pour avoir balayé, voire nié ces évidences, les Verts ont dimanche subi à Bordeaux comme à Strasbourg de cruels échecs. C’est ce terrain qui a favorisé au contraire les performances du RN et qu’il doit sans cesse labourer. N’en déplaise à Marine Le Pen, hostile aux concepts de « grand remplacement » comme de « remigration ». Car le « social », qu’elle entend privilégier, inclut aussi, voire surtout, la sécurité de nos compatriotes et de leurs biens, si modestes soient-ils. Pour un smicard, le vol d’un vélo est déjà une catastrophe, comme l’est pour un petit agriculteur le pillage sur pied de ses produits ou de ses équipements.

Camille Galic

  1. Selon la police espagnole, plus de la moitié des personnes interpellées chaque jour dans la péninsule ibérique pour des crimes ou délits sont « de nationalité étrangère », en grande majorité extra-européenne.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *