On connaissait Meurtre dans la cathédrale, pièce de T.S. Elliott sur l’assassinat en 1170 à Canterbury de l’archevêque Thomas Becket à l’instigation du roi Henri II Plantagenêt, crime qui inspira également Jean Anouilh (Thomas Becket ou l’amour de Dieu). Mais qui a entendu parler du viol dans la synagogue ?
En l’occurrence celle de la rue Buffault à Paris où un certain Frank K., professeur d’hébreu homologué par le Consistoire avait abusé en 2005 d’une élève de huit ans. Comme la meule de Dieu, celle de la Justice moud lentement : c’est seulement le 7 avril 2026 que le pédomane a été jugé par la cour criminelle de Paris et condamné à dix ans de réclusion. Par contumace car, sitôt la plainte déposée, il avait fui en Israël d’où, comme tous ses coreligionnaires délinquants, il n’a jamais pu être extradé en dépit d’un mandat d’arrêt international délivré en 2022.
Coïncidence : le même jour, une femme de 74 ans était violemment agressée et violée — avec, comble de sadisme et d’horreur, une matraque télescopique — à son domicile de Romainville (Seine-Saint-Denis) où son agresseur s’était introduit par une fenêtre. Rapidement interpellé, l’agresseur est un Algérien. Et, le lendemain, était découvert à Nice dans une voiture abandonnée le cadavre de la blonde Lisa Toupenet, mère de famille portée disparue depuis le 1er janvier dernier mais en réalité assassinée par son compagnon Khalil El-Haddad qui, après l’avoir étranglée, avait dissimulé le corps dans le véhicule de son beau-fils, espérant ainsi détourner les soupçons sur ce dernier.
Le martyre de la septuagénaire de Romainville rappelle celui subi au matin du 4 août 2023 à Cherbourg par Mégane. Bousculée devant sa porte, alors qu’elle s’apprêtait à partir au travail, par un individu qui réussit ainsi à s’introduire chez elle, cette Normande de 29 ans fut non seulement violée mais aussi battue comme plâtre en raison de sa résistance et subit d’atroces supplices, dont l’empalement sur un manche à balai qui la transperça du côlon au diaphragme, délabrant tous ses viscères. Laissée pour morte, elle demeura un mois dans le coma et ses blessures traumatisèrent tant le personnel de l’hôpital, où elle devait passer un semestre, qu’une cellule psychologique dut être mise en place pour les soignants. Déféré devant les Assises de Coutances, son tortionnaire, l’Africain Oumar Ndiaye, déjà titulaire à 18 ans — son âge au moment du calvaire infligé à Mégane — de cinq condamnations par le tribunal pour enfants pour des faits de violences et d’atteintes aux biens, et également visé par une enquête pour agression sexuelle sur sa sœur, a été condamné le 12 mars à trente ans de réclusion au terme d’un procès pratiquement ignoré par les médias nationaux. Et les ligues féministes, si promptes en revanche à se mobiliser, dans l’espoir de profiter du buzz, quand une célébrité est en cause.
Antiracisme et omertà
Cité par Ménie Grégoire dans son livre La France et ses immigrés (éd. Carrère 1988), Jean-Pierre Bloch, alors président de la LICRA, établissait entre criminels un subtil distinguo dont la presse et la magistrature allaient aussitôt faire la pierre angulaire de leur pensée unique : « S’il s’agit de crimes, il y a en effet deux vitesses : quand le travailleur immigré tue un Français, il ne le tue pas parce qu’il est français et blanc mais parce qu’il veut le voler. Quand un Français tue un immigré, il le tue parce qu’il est arabe ou immigré. Et c’est là le racisme. »
C’est cette logique, ou plus exactement ce sophisme, qui justifie qu’à notre époque où se multiplient les livres sur cette « contre révolution en marche » que serait « le Péril masculiniste » dénoncé dans un essai apocalyptique par la psychothérapeute Sylvie Tanenbaum et où, à juste titre, la « culture du viol » est unanimement condamnée, règne une telle omertà. Dès lors du moins que les violences faites aux femmes leur sont infligées par des racisés alors qu’elles sont exploitées quand leurs auteurs sont des indigènes de ce pays, les seuls censés sombrer dans la dérive masculiniste. Il faut éviter à tout prix de « nourrir le racisme ».
Ainsi, les journaux relatant naguère les « exploits » de Guy Georges, « le tueur de l’Est parisien », omettaient systématiquement sa qualité de métis (il était né d’un GI afro-américain), ce qui lui permit de violer et d’assassiner sept femmes sans méfiance jusqu’à son interpellation et à sa condamnation le 5 avril 2001 à la réclusion criminelle à perpétuité. Il en avait été de même précédemment pour le Martiniquais Thierry Paulin, le « monstre de Montmartre », et son complice guyanais — ainsi qu’homosexuel et toxicomane — Jean-Thierry Mathurin, auteurs de 1984 à 1987 et cette fois pour les voler, de dix-neuf meurtres et de deux tentatives de meurtre sur des femmes, pour la plupart âgées, souvent handicapées et donc incapables d’opposer la moindre résistance — Mathurin est mort du sida en prison et Paulin a été libéré en 2012.
Corollaire gênant, de ce mutisme criminel mais organisé : comme on ne prête qu’aux riches, et instruit par l’expérience, le bon peuple privé d’informations a désormais tendance à attribuer toutes les violences faites aux femmes à ceux « qui sont chez eux chez nous », comme le professait François Mitterrand. Une fois de plus, le mieux est l’ennemi du bien.
Claude Lorne







