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Le coup d’œil de Philippe Randa : les EBE, ces petits hommes gris bien réels

Le romancier Jimmy Guieu, un des pionniers de l’ufologie française dans les années 1950, avait enthousiasmé des milliers de lecteurs avec ses romans de science-fiction, puis avec des livres consacrés aux EBE (Entité biologique extraterrestre) qui dénonçaient, selon lui, un péril bien réel : la domination des Terriens (nous) par des êtres venus de l’espace (eux) ; il les avait nommé maladroitement les « petits gris » et ses détracteurs s’en gaussaient comme on peut l’imaginer en les identifiant ­ – Ah ! ah ! – aux escargots de Bourgogne.

Oui, contrairement à bien d’autres romanciers, Jimmy Guieu y croyait dur comme fer, lui, à la présence et à la dangerosité de ces… êtres-là ! Et quelques autres « Terriens » en étaient tout aussi convaincus que lui et, comme on l’imagine, brocardés derechef « complotistes ». Forcément.

Oui, mais ! Force est de constater que Jimmy Guieu avait bel et bien raison, n’en déplaisent à tous les moqueurs d’hier et d’aujourd’hui !

Les EBE existent bel et bien… et sont bel et bien aussi puissants et nuisibles qu’il les a décrits, même s’ils ne viennent pas de l’espace (jusqu’à preuve du contraire, toutefois), qu’ils ne sont pas armés de sabre-lasers et qu’on ne les identifie pas à leur petits doigts tordus (comme dans la série télévisée Les Envahisseurs) ou à leurs oreilles pointues (comme dans Star Trek).

Non, les EBE, plus communément nommés « petits hommes gris » (notamment par le journaliste Pascal Praud) sont reconnaissables à leurs études dites supérieures – soit pour le vulgum pecus celles des « grandes écoles » : HEC, ESSEC, Normal Sup, Polytechnique, ENA, IEP, ENS, etc. – et leurs armes sont les diplômes qu’obtiennent quelques 81 % des inscrits en premier cycle de l’enseignement supérieur. Ce n’est pas rien, 81 %, n’est-ce pas ! même si c’est un peu moins qu’au baccalauréat, toutefois (95,7 % en 2023 !), mais qu’on se rassure pour les 19 % de recalés : « Face à l’échec, les réorientations offrent des alternatives vers la réussite », selon une étude publiée par la DEPP (Direction de l’Évaluation, de la Prospective et de la Performance) du Ministère de l’Enseignement Supérieur.

Les EBE de nationalité française, armés de leurs diplômes, n’ont alors que l’embarras du choix de carrière : « Plus de 60 % des P-DG du CAC 40 étaient issus d’une grande école française en 2018. La plupart des présidents de la République sont, sous la Ve République, diplômés d’au moins une grande école. François Hollande est notamment diplômé de trois d’entre elles. Les diplômés des grandes écoles jouent un rôle majeur au sein des cabinets ministériels sous la IVe République et la Ve République, qui composent 52 % des membres des cabinets durant les vingt premières années de cette république. Sous la IIIe République plus de 57 % des membres des cabinets étaient diplômés de la seule École libre des sciences politiques (ELSP), communément appelée “Sciences Po” », (source Wikipédia).

Sachant cela, on comprend sans doute mieux le fossé plus béant que jamais entre « pays réel » et « pays légal », comme le dénonçait déjà dans l’entre-deux guerre le directeur de L’Action française Charles Maurras.

Alors, face à l’actuelle révolte des agriculteurs et éleveurs de toute l’Europe, qu’est-ce que les EBE peuvent bien penser quand ils entendent des revendications telles que vouloir « vivre simplement de son travail » – travail qui serait une « vocation » – d’« êtres » qui vivent « au milieu de nulle part » (c’est-à-dire hors des grandes aglomérations, chaque jour plus séduisantes comme on le constate) où ils triment de l’aurore jusqu’au coucher du soleil 7 jours sur 7… et en plus, sans prendre de vacances, ce qui est quand même le comble de l’obscurantisme au XXIe siècle, non ?

Ah, j’oubliais : et sans mettre leurs progénitures en école privée sous prétexte de moyens financiers déficients…

Car pour les EBE, on ne vit pas de son travail, non ! on « fait du profit, 35 heures syndicales par semaine, hors congés payés, arrêts maladie et jours fériés, cela s’entend » en prônant « l’accueil des étrangers », tout en se préservant de la moindre promiscuité, particulièrement « d’odeurs et d’insécurité » et en inscrivant, cela va tout autant de soi, ses héritier(e)s dans d’« autres » établissements que les désormais centre de gardiennage publics de l’Éducation nationale, car « comme tous les parents, ils ont comme priorité le bien-être de leur(s) enfant(s) », à l’exemple de la préposée à multi-ministères Amélie Oudéa-Castéra et de son mari Frédéric.

Les EBE existent bien, oui… Mais elles ne sont pas extraterrestres, non, elles sont juste extrasociales !

Philippe Randa

Un commentaire

  1. En 1991 donc bien avant les méfaits de l’UE, le président de la FNCA –  Fédération Nationale du Crédit agricole, Yves Barsalou divisait ainsi le million d’entreprises agricoles 🇫🇷 qui subsistait ;

    1. : “il existe, disait-il, 150 000 agri-managers, à la tête de PME agricoles, qui apparaissent capables d’affronter les mutations en cours et la mondialisation des marchés. Ceux-là sont sur des surfaces de plus en plus importantes et trouvent au Crédit agricole une gamme de services nouveaux.”

    2. “Derrière ce peloton de tête, on trouve 500 000 exploitations familiales qui sont le produit de la politique des vingt dernières années. Ces exploitations sont plus fragiles par rapport aux évolutions en cours.”

    3. ° Enfin, il y a un troisième groupe d’environ 350 000 exploitants qui sont sans successeurs ou sur des régions difficiles. Ceux-ci sont importants dans le cadre d’une politique d’aménagement du territoire, mais ne représentent que 5 % de la production agricole.”

    Vis-à-vis des deux premiers groupes, concluait-il “le rôle du Crédit agricole est de renforcer sa fonction de conseil. Et souvent, il devra gérer la ***sortie en douceur*** d’une partie de la population agricole.”

    A l’époque 90 % des terres étaient hypothéquée auprès des caisses du Credit Agricole.

    En 30 ans, la “sortie en douceur”, l’ euthanasie de la France rurale, a fait passer de 950 000 à 400 000 le nombre des exploitants.

    Sa catégorie 3 a été passée à la moulinette soit 350.000 paysans, et sa categorie 2 a perdu 200.000 explotations familiales.

    Au total 600.000 exploitations 🇫🇷 ont été tuées par les petits hommes gris de l’Etat, des URSSAF, du Credit Agricole, et les petits hommes verts de la FNSEA.

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