Ce dimanche 18 janvier a eu lieu le 1er tour des élections présidentielles portugaises. Sur la ligne de départ, onze candidats, dont seulement quatre ou cinq étaient susceptibles d’arriver en finale, prévue le 8 février.
Élu pour un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois, cette fonction a essentiellement un rôle protocolaire et représentatif, mais c’est le président qui nomme le 1er ministre, qui prononce formellement la dissolution éventuelle de la chambre des députés. Il dispose d’un droit de véto, ratifie les traités, représente la nation sur la scène internationale, et est le chef des armées.
Qui était donc susceptible de remplacer le très populaire Marcelo Rebelo de Sousa, président de centre-droit, appelé par tous les portugais par son seul prénom, selon la vieille tradition ibérique, ou encore le président « bisous », tant son empathie est légendaire. Finissant son deuxième mandat, élu à chaque fois dès le 1er tour, il dispose d’une énorme cote de popularité. D’ailleurs, depuis 1986, à chaque fois, cette élection s’est jouée au 1er tour.
En 2021, André Ventura, 43 ans, président du parti Chega (Assez !), était arrivé en 3ème position avec 11,9% et près de 500 000 voix. Mais, en mai dernier Chega avait défrayé la chronique en s’imposant comme le 2ème parti du pays, devançant les socialistes, en obtenant plus de 22% et 60 députés. Créé seulement en 2019, Chega est un parti patriote et national, qui entend lutter contre l’immigration invasive et contenir la délinquance débridée. Son slogan « Les portugais d’abord ». Sa campagne d’affichage résolument anti-immigration a d’ailleurs fait polémique. Il est d’ailleurs qualifié indistinctement par tous les grands médias comme étant « d’extrême droite », voire « néo fasciste », comme j’ai pu le lire.
11 millions de portugais pouvaient se rendre aux urnes, la participation a été supérieure aux autres années, pour ces présidentielles, 52,35% de votants soit un peu plus de 5 700 000 qui se sont déplacés. C’est un candidat socialiste qui est arrivé en tête, Antonio José Seguro avec 31,11%. Mais André Ventura termine bon second avec 23,52% et 1 326 644 voix, devançant très largement le 3ème, un candidat dit libéral qui obtient 16% et 902 000 voix. Le candidat du gouvernement de centre-droit finit 5ème, et le 1er ministre Luis Montenegro a déclaré ne donner aucune consigne de vote. Le centre-droit égal à lui-même, que ce soit en France ou au Portugal.
Chega enregistre, en tout cas, une très bonne performance, une progression remarquable, dans un contexte difficile, et de surcroit dans un pays qui enregistre de bonnes performances économiques, mais qui est rongé par l’immigration et la délinquance. Comme l’a énoncé un commentateur « un nouveau score solide pour l’extrême droite confirmerait sa domination sur le paysage politique ». C’est chose faite.
André Ventura s’est déclaré « être candidat du peuple » pour « remettre de l’ordre » au Portugal. Le second tour sera sans doute très difficile pour André Ventura. Mais quoi qu’il en soit, quoi qu’il arrive, Chega a déjà remporté une très importante victoire, et a marqué les esprits.
Michel Festivi







