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L’avion de la honte, les cols Mao chez le tyran rouge : l’aveuglement des intellectuels de gauche

Le récent ouvrage de Jean Berthier, Voyage tranquille au pays des horreurs, Sollers, Barthes, Kristeva, Pleynet, Wahl….en Chine, nous fournit l’occasion de revenir plus de cinquante ans en arrière, en 1974, quand nos intellectuels germanopratins en col Mao, avaient pris l’avion de la honte à Orly, destination Pékin, le 11 avril 1974, pour aller encenser l’un des pires régimes rouges qui soit, la Chine de Mao, régime qui fit au bas mot près de 60 millions de morts, selon les études du Livre noir du communiste de Stéphane Courtois, et la trilogie implacable de Thierry Wolton, une histoire mondiale du communisme, les bourreaux, les victimes, les complices. Un petit détail, j’ai visité à Tirana en Albanie, la maison des horreurs, qui retrace les crimes du communisme albanais de 1945 à 1991. Budapest possède aussi un musée identique, impressionnant à voir.

Au même moment, les Khmers rouges, avec la complicité de la Chine rouge, déferlaient sur Phnom Penh et allèrent trucider le quart de la population du Cambodge. Les mêmes et d’autres les soutiendront contre vents et marées, dont Le Monde et Libération. C’est l’équipe de la revue Tel Quel, chapotée alors par Philippe Sollers, qui entreprit cette expédition sanguinaire, avec toute la bande à Lacan, qui lui ne partira pas, car sa maîtresse de l’époque, n’avait pas eu son visa, du moins c’est l’explication officielle, la vraie c’est que Lacan souhaitait être le chef de l’expédition, alors que Sollers lui avait damé le pion. Il faut dire que l’escroc psychanalytique Lacan a été adulé par plusieurs générations de tortionnaires invétérés, Michel Foucault notamment.

Ces hommes et femmes de lettres, souvent universitaires, comme Julia Kristeva, alors épouse de Sollers, n’ont jamais connu les attaques de cette honte absolue, selon le bon vieux principe du privilège rouge, et firent tranquillement de belles carrières. Ils restèrent trois semaines sur place, alors que des millions de chinois avaient été abattus et que d’autres millions croupissaient dans les Laogaïs, les camps d’exterminations jaunes, les pires qui soient. Le seul regret de Roland Barthes sera « de n’avoir pas vu le kiki d’un seul chinois ». Tel Quel publiera à l’automne 1974, un numéro spécial sur ce voyage « Une longue défense et illustration de la politique de Mao et de la révolution culturelle », et Le Monde rapportera le 24 mai 1974, les propos de RolandBarthes « la Chine est paisible ». Pourtant, il est aujourd’hui documenté que cette fameuse révolution culturelle avait provoqué la mort d’au moins 10 millions de personnes, si ce n’est le double.

Ce voyage rouge de la honte n’était pas le premier. François Hourmant, en 2000, avait publié, Au pays de l’avenir radieux, voyages des intellectuels français en URSS, à Cuba et en Chine populaire. Il rapportait les séjours de tous ces idiots utiles du communisme triomphant, les Henri Barbusse, Georges Duhamel, André Gide (qui fera courageusement son mea culpa), Romain Rolland, Jean-Paul Sartre, et d’autres qui prirent faits et causes pour les dictatures totalitaires les plus sanglantes. Entre autocensure et vanité, ils multiplièrent une extraordinaire cécité idéologique pour « ne pas désespérer Billancourt ». Sartre allant même jusqu’à déclarer en 1954, au retour d’URSS, où il avait été bien pourvu en prostituées par le KGB : « la liberté de critique est totale en URSS ».

Ces hommes ne furent jamais mis au pilori, au contraire ils furent loués par toute une clique alors dominante dans les médias, l’université (cela n’a pas changé), et par tout le système de l’État profond (cela n’a pas changé non plus). En parallèle, on peut évoquer, quelques grands écrivains français, qui au mois d’octobre 1941, se rendirent à Weimar, à un congrès des écrivains. Drieu la Rochelle, Robert Brasillach, Marcel Jouhandeau, Jacques Chardonne, Abel Bonnard firent ce voyage. Après-guerre, « ce voyage d’automne » fut dénoncé, et tous ces hommes de lettres convoqués dans les poubelles de l’histoire, pour ne plus en ressortir ou quasiment. On parla « de train de la honte ». C’est l’éternel et permanent deux poids, deux mesures, que l’on retrouve toujours de nos jours. Il suffit d’écouter et de lire, ce qui se dit et s’écrit sur l’assassinat de ce malheureux jeune de 23 ans, Quentin, qui fut lynché par une bande de nervis gauchistes, qui avaient été chauffés à blanc par les diatribes permanentes de l’extrême gauche française, avec la complicité de toute la gauche.

Comme l’avait écrit Philippe Sollers en 1972, dans sa revue, l’expérience chinoise signifiait « espoir et confirmation pour les révolutionnaires du monde entier ». Et tant pis si l’on doit piétiner des monceaux de cadavres, car les révolutionnaires rouges le savent bien, depuis 1793, en passant par 1917, 1949, 1959, 1974, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs.

Michel Festivi

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