Quentin est mort. Il a été assassiné. Car il était coupable. Coupable de s’être engagé, coupable d’avoir refusé d’assister avec indifférence au naufrage de son pays, coupable d’être catholique, patriote et habité de cette flamme de la jeunesse que tant d’autres finissent par étouffer à grands coups de drogue, de jeux vidéo, de réseaux sociaux et de consommation compulsive. Sa famille, ses proches, ses camarades sont en deuil. En attendant, espérons-le, celui de la justice, le temps est à l’hommage et au recueillement. Mais il est aussi à la colère. Colère contre ceux qui ont agi, bien sûr, en premier lieu, mais aussi contre ceux qui les ont conduits et poussés à agir.
Ceux qui ont agi
Les éternels idiots utiles du système, les anachroniques et grotesques « antifas » dont on peine à discerner ce qui domine chez eux, de la bêtise ou de la lâcheté. Toujours ivres de haine, toujours à dix contre un, mais toujours protégés et excusés, même si, cette fois, la « solidarité militante» de la gauche tangue un peu face à l’incontestable ignominie des actes.
Les profils des assassins présumés laissent pantois de banalité caricaturale : des bourgeois, fils à papa en mal de frisson « révolutionnaire » entre deux soirées coke et champagne sous les lambris des grands appartements familiaux. Des étudiants privilégiés, totalement déconnectés d’un peuple qu’ils prétendent défendre contre une fantasmatique « menace fasciste » issue de leurs cerveaux gavés de shit et de mauvaises lectures, mal digérées et à peine comprises, de slogans binaires et de mantras débilo-simplistes. Des petits cons parvenus, végétant sans conviction dans des études poussives, tentant parfois de bousculer l’ennui trop nourri de leurs existences inutiles en se prenant pour de redoutables activistes politiques, sentant soudainement leurs testicules pousser lorsqu’ils se retrouvent en groupe et en surnombre, galvanisés jusqu’à l’ivresse par le sentiment d’impunité né de leur appartenance au « camp du Bien » tout autant que de l’assurance de leurs relations familiales et du soutien moral des médias et des partis institutionnels de gauche.
Leur piteuse pantomime ne serait que risible et pathétique, se rattachant davantage au domaine des psychopathologies de l’adolescence attardée qu’à celui de la politique, si ces agissements ne débouchaient pas régulièrement sur de véritables drames pour les cibles qu’ils se sont choisies, à savoir tous ceux qui ont l’ignoble outrecuidance de ne pas « penser » (si l’on peut dire) comme eux. Des drames qui vont de la perte d’emploi causée par leurs « dénonciations éthiques et citoyennes » et plongeant des familles entières dans la précarité, à l’ostracisme scolaire et universitaire qui avorte des carrières et brise des vocations, en passant par le tabassage de rue et parfois, comme pour Quentin, la mort.
Ceux qui les ont poussés à agir
De tels agissements ne seraient cependant pas possibles s’il ne bénéficiaient de l’indulgence et même de la validation permanente d’un « discours antifasciste » qui sature l’espace médiatico-politique depuis des dizaines d’années. A force d’agiter grotesquement l’épouvantail défraîchi du « retour des années 30 » et de hurler au « nazisme » à la moindre référence patriotique ou nationaliste, les apprentis sorciers politicards ou journalistes sont parvenus à créer, dans certains esprits suffisamment faibles et incultes pour se laisser intoxiquer par une si grossière propagande, une sorte de « monde parallèle », une distorsion spatio-temporelle leur faisant croire qu’ils se trouvent réellement à Barcelone en 1936. De là, bien que soutenus et encouragés par toutes les institutions du système, ils se considèrent comme une minorité de courageux néo-maquisards, agissant comme leurs glorieux aînés, même s’ils se comportent davantage comme les tortionnaires et tondeurs de femmes de 1945 que comme des copies de Jean Moulin.
Par des comparaisons historiques aussi diffamatoires qu’anachroniques, par la stigmatisation et la démonisation systématique d’un adversaire rejeté hors du « camp du Bien », donc hors de l’humanité, le trop fameux « Front républicain » a de fait indiscutablement offert des cibles aux nervis « antifas ». Des cibles contre lesquelles tous les moyens sont bons. Même le meurtre.
Tous ceux qui, de droite comme de gauche, ont participé à la criminalisation du « camp national », ont associé toute opposition à l’immigration à du « racisme » et tout réflexe identitaire à du « suprémacisme », ont utilisé le terme « fascisme » à toutes les sauces, comme synonyme de « mal absolu » et de «nouveau Satan », portent donc une indiscutable part de responsabilité dans la mort tragique de Quentin. Qu’ils aient au moins la décence de l’assumer ou, tout au moins, qu’ils cessent à jamais de prétendre donner des leçons de morale à quiconque.
Xavier Eman







