La commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, initiée par le groupe UDR allié au Rassemblement national, examine depuis le 25 novembre dernier « la neutralité, le fonctionnement et le financement des médias publics » (sic) comme France Télévisions et Radio France, avec des auditions prévues jusqu’en mars 2026. Cette commission qui approche de sa conclusion a suscité un vif intérêt auprès du public.
Cet intérêt tient très largement à deux éléments : dans un premier temps la personnalité du rapporteur, Charles Alloncle (UDR), qui a crevé l’écran par sa maîtrise des dossiers, son calme et sa pugnacité puis par la haine farouche et inextinguible que vouent des millions de Français à cette caste donneuse de leçons que sont les figures de l’audiovisuel public.
Ce dernier sort éreinté et totalement discrédité de cette commission d’enquête. Les animateurs et dirigeants de l’odieux visuel de sévices publics (dixit l’avocat likoudnik G-W Goldnadel) ont été successivement passés au grill par Alloncle et on peut supposer que ce dernier s’est d’ailleurs fait beaucoup d’ennemis au cours de ces auditions.
Les duettistes Cohen et Legrand ont fini de se ridiculiser même auprès des plus conformistes et des mous-salauds (pour reprendre la formule de M-E Nabe), Delphine Ernotte est sur la sellette en raison de sa gestion calamiteuse et dispendieuse des deniers publics (1), la politique autour des animateurs-producteurs a été fortement critiquée (dans un contrefeu minable, l’ineffable Nagui a accusé Alloncle d’être un raciste qui n’assume pas), la Fouquier-Tinville de basse-cour Élise Lucet a (enfin) chuté de son piédestal (on saluera le travail efficace du député Caroline Parmentier sur ce point précis) et la triste speakerine Léa Salamé-Glucksmann a fini quant à elle criblée de flèches et la mine déconfite. Tout (ou presque) a été exposé au grand public : émoluments très généreux et pas toujours justifiés, « frais de bouche » excessifs, notes de frais élevées et inappropriées voire inexplicables, cooptation, entre-soi sociologique, biais idéologiques, désinformation, marges exorbitantes et conflits d’intérêts potentiels entre France Télévisions et certains de ses prestataires (2), méthodes d’enquête et d’investigation potentiellement condamnables (3) etc.
Mais le plus important reste la mise en cause radicale de Mediawan. Mediawan prospère en grande partie grâce à la commande publique, notamment via France Télévisions, se trouve être entre les mains du duo de milliardaires antifa-macronard Niel et Pigasse. Mediawan affiche des liens avec le très puissant fonds d’investissement états-unien KKR. Fonds KKR présent au capital de Mediawan et qui aurait d’ailleurs beaucoup aidé un certain Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle de 2017…
Que faut-il espérer de ce grand déballage ?
Les lecteurs de Présent connaissent très certainement déjà la réponse : probablement rien.
Et cela est encore plus grave que tout ce qu’on a pu découvrir ou dont on a pu obtenir confirmation au cours de ces quelques mois de commission d’enquête.
Maurice Gendre
1) Delphine Ernotte est visée par une information judiciaire pour abus de biens sociaux et recel suite à une facture de 112.123 euros pour un séjour à l’hôtel Majestic de Cannes en mai 2023.
2) France Télévisions achète à l’extérieur plus de 80% de sa production d’émissions et de fictions, contre 30 à 40% chez la plupart de ses homologues européens. Or l’État a beau détenir 100% de son capital, le groupe au 2,5 milliards d’euros de dotation annuelle n’est pas soumis aux règles des marchés publics en ce qui concerne l’achat des programmes.
3) Rachida Dati a accusé les journalistes de l’émission Complément d’enquête d’avoir tenté de monnayer des informations la concernant auprès d’un tiers. La candidate à la mairie de Paris doit fournir des preuves de cela avant le 23 février 2026. Le rédacteur en chef de Complément d’enquête, Tristan Waleckx, nie formellement les accusations de la Ministre de la Culture.
Tout cela pourrait conduire à une saisine de la justice pour suspicion de parjure, les deux parties ayant fait des déclarations contradictoires sous serment sur le sujet, devant les députés de la commission d’enquête.
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