Mediapart en fait des cauchemars et, sans attendre le soir du second tour des élections municipales le 22 juin, exhorte les maires des villes conservées ou conquises par La France insoumise à s’ériger en « remparts » — contre la Bête immonde bien sûr.
Les RN Franck Allisio et Laure Lavalette ne risquent-ils pas de s’emparer respectivement, l’un de Marseille (860 000 habitants) aux dépens du maire sortant socialiste Benoît Payan et de sa rivale LR Mireille Vassal, et l’autre de Toulon (603 000 âmes), cependant qu’avec l’aide du Rassemblement national très représenté sur sa liste, le très sioniste mais néanmoins catalogué crypto fasciste Éric Ciotti dégommerait Christian Estrosi à la tête de Nice, cinquième ville de France ? Ce séisme politique contrebalancerait l’échec dans la capitale du RN Thierry Mariani, auquel le dernier sondage ELABE n’accorde plus que 3% des voix au premier tour, son électorat potentiel ayant été siphonné par Sarah Knafo.
Rachida et Sophia, têtes d’affiche du Grand Remplacement
Conséquence du Grand remplacement, Londres s’est donnée en 2016 à l’Anglo-Pakistanais Sadiq Khan toujours en place et, en novembre 2015, New York a élu à une large majorité le chiite Zohran Mamdani, né de l’union des Indiens Mahmoud Mamdani et Mira Nair, épouse divorcée de l’Américain Mitch Epstein — sans liens connus avec son tristement célèbre homonyme Jeffrey dit « Epstin » (1).
Victime du même envahissement, pourquoi Paris ne s’offrirait-elle pas elle aussi en 2026 à un candidat exotique ? Ou plutôt une candidate puisque les trois dames les mieux placées par les instituts de sondages pour le premier tour sont dans l’ordre Rachida Dati (environ 26,5 des intentions de vote), Sarah Knafo (13,5%) et Sophia Chikirou (10%).
On ne présente plus Rachida qui, après avoir vampé le prometteur Albin Chalandon, futur garde des Sceaux dans le gouvernement Chirac de 1986 à 1988, et une kyrielle de hauts responsables tels le patron d’EDF Henri Proglio, fut propulsée en 2007 ministre de la Justice par Nicolas Sarkozy (qui lui fera ensuite obtenir la mairie du VIIIème arrondissement) et enfin ministre de la Culture par Macron.
Deux portefeuilles où elle brilla surtout par son incompétence, doublée d’une grande répugnance à bûcher ses dossiers (2). En revanche, cette arriviste a toujours été une brillante experte en relations publiques de sa propre personne. À peine élue maire du très sélect VIIème arrondissement de Paris, elle troqua ainsi ses tenues sexy (on se souvient de la une de Paris-Match où la nouvelle Excellence posait en robe panthère rose de Saint-Laurent et bas résilles) pour d’austères, quoique d’excellente coupe, vêtements de chanoinesse, s’attirant ainsi l’estime de ses administrés. Un grand avocat, ancien défenseur de Paul Touvier et du comte de Paris, ne vantait-il pas son élégance classique et ses « yeux de diamant noir » ?
Du moins Dati, née en 1965 de parents algéro-marocains dans une fratrie de neuf enfants (dont certains ont fait de la taule), n’a-t-elle pas varié dans sa trajectoire de « beurette vedette de la droite ». Au contraire de l’Insoumise Sophia Chikirou, 46 ans, autre intrigante quant à elle de souche uniquement algérienne. Après avoir milité au PS dont les instances dirigeantes lui avaient refusé l’investiture pour les législatives de 2007, Chikirou avait rallié aussitôt la Gauche moderne, mini-parti créé par Jean-Marie Bockel alors secrétaire d’État dans le gouvernement Fillon II. Mais, faute d’avoir obtenu le soutien de l’UMP lors des municipales de 2008 à Paris, elle revint à ses premières amours et rejoignit le Parti de Gauche fondé par Mélenchon, dont elle parvint à devenir l’assistante parlementaire, puis l’égérie et la compagne.
Point commun toutefois entre Sophia et Rachida, toutes deux devraient comparaître en justice cette année. La première dès le mois de mai pour « escroquerie » dans la gestion du site d’informations Le Média qui se présentait comme « indépendant, coopératif, collaboratif, humaniste, antiraciste, féministe, écologique et progressiste » (n’en jetez plus !) et dont elle était à la fois la présidente et la directrice de publication par la grâce de Mélenchon. Ce qui l’autorisait selon elle à brutaliser ses journalistes, volontiers traités de « tafioles de merde » quand ils lui déplaisaient. Quant à Dati, son procès est prévu fin septembre pour « corruption passive par personne investie d’un mandat électif public au sein d’une organisation internationale », « recel d’abus de pouvoir et d’abus de confiance », etc. Une insupportable « instrumentalisation» de la justice aux yeux de la prévenue qui, niant toute irrégularité, a multiplié les recours. Tous rejetés par la Cour de cassation en octobre 2024.
Sarah ou l’ensorceleuse ambitieuse
Au contraire de Dati, l’énarque Sarah Knafo née en 1993 de parents juifs marocains et qui a, jusqu’à la fac, fait toute sa scolarité dans des établissements juifs, est une bosseuse. Mais, comme Rachida et Sophia, la pulpeuse brune est elle aussi une charmeuse. En couple, alors qu’elle était étudiante, avec Louis Sarkozy (lequel est actuellement en mauvaise posture aux municipales de Menton face à l’avocate Alexandra Masson, déjà député RN des Alpes-Maritimes), elle décela vite le potentiel non seulement polémique mais aussi politique d’Éric Zemmour. Devenue bientôt son égérie puis, malgré la différence d’âge (35 ans), la mère de son fils Alexandre, elle le convainquit de participer à la « reine des élections », la présidentielle de 2022.
« Sans elle, il n’y aurait pas eu de campagne », devait déclarer ensuite l’auteur du Suicide français. Mais la campagne ne porta pas les fruits espérés. « Le Z » n’obtint que 7,07% des suffrages, son aura faiblit et lui-même, blessé ou ostracisé, déserta quasiment l’arène médiatique. La droite de conviction avait perdu un essayiste, un commentateur et un interprète hors pair, et rien gagné en échange car, malgré d’évidentes qualités (qui manquent cruellement à son rival et contemporain Bardella), Sarah Knafo n’a ni le punch ni l’indépendance d’esprit de son mentor. Ni surtout sa familiarité intime avec notre histoire, ce qui lui permettait d’ébranler avec courage nombre de dogmes bien établis, en particulier sur nos « heures les plus sombres ».
Face au socialiste Emmanuel Grégoire (32% d’intentions de vote selon ELABE), premier adjoint d’Anne (née quant à elle Ana Maria d’Espagnols résolument antifranquistes) Hidalgo et, comme Hidalgo et avant elle Bernard Delanoë, favorable aux votes des immigrés lors des élections locales, Rachida acceptera-t-elle de pactiser avec Sarah ? Seule solution pour tenter d’arracher la capitale au pouvoir gauchiste — et wokiste avant l’heure — qui l’a transformée tout à la fois en cage aux folles et en dépotoir de « toute la misère du monde » pour le plus grand malheur de ses habitants dont beaucoup la fuient. Problème : si Sarah ne cesse d’offrir son aide et ses voix à Rachida pour gagner au second tour, la maire du VIIème aura aussi besoin du très gay Pierre-Yves Bournazel, crédité de 12% des intentions de vote. Las ! Le candidat « Horizons » qui, conseiller de Paris depuis 2008, s’accommode fort bien de la gauche, est à l’inverse farouchement hostile à l’« extrême droite », incarnée en l’occurrence par Knafo.
On voit que, même si l’Insoumise Chikirou était en mesure et décidait de maintenir sa liste contre Grégoire, la bataille pour Paris est loin d’être gagnée pour la droite. Molle ou dure.
Claude Lorne
- Nonobstant, la cinéaste Mira Nair refusa de participer en 2024 au festival de Haïfa par solidarité avec les Gazaouis. Sur son fils Zohran, voir https://www.polemia.com/un-chiite-elu-maire-de-new-york-resultat-du-grand-remplacement-et-du-wokisme/
- https://www.polemia.com/rachida-dati-un-itineraire-en-trompe-loeil/







