Le 12 février, à l’issue d’une manifestation des Némésis, Quentin Deranque était lynché avec une telle bestialité par des Antifas que cet étudiant de 23 ans succomba à l’hôpital. Un mois plus tard exactement, le 12 mars, la France pleurait un autre mort en la personne du père de famille Arnaud Frion, 39 ans, chez les Chasseurs alpins avec lesquels cet adjudant-chef avait participé à plusieurs interventions en Afrique comme en Afghanistan avec une telle bravoure que cela lui avait valu de nombreuses décorations dont la Médaille militaire. Quentin et Arnaud, deux Français à l’itinéraire certes différent, mais au même courage, au même regard franc et direct. Et deux morts qui n’auraient jamais dû se produire.
Pourquoi ce déploiement de nos troupes en Irak ?
Arnaud Frion est tombé près d’Erbil en Irak, atteint par une frappe ennemie blessant grièvement six de ses camarades dans le cadre, précisait le général d’armée Pierre Schill, chef d’état-major de l’armée de Terre, de l’opération « Inherent Resolve ».
Problème : créée et dirigée par les Etats-Unis en 2014, « Inherent Resolve » est une coalition internationale dirigée à l’origine contre l’État islamique en Syrie comme en Irak et rassemblant initialement vingt-deux pays, dont la France. En décembre 1924, elle avait été dissoute, Washington et Bagdad annonçant la fin de la coalition internationale en Irak en septembre 2025. Que faisaient alors les hommes du 27e bataillon de chasseurs alpins à Erbil ? Pourquoi Paris, qui avait en 2014 déployé des troupes en Irak (opération Chammal), avant de décider leur retrait le 26 mars 2020, maintient-elle en Irak près de 1600 hommes, pris dans les unités les plus prestigieuses ?
Les chasseurs alpins sont en principe chargés d’initier les Peshmergas — Combattants kurdes de la liberté — aux « techniques de la guérilla urbaine ». Ne sont-ce pas plutôt les Kurdes, descendants des redoutables Mèdes qui, depuis l’Antiquité, ont fait trembler les Achéménides perses, les phalanges d’Alexandre, l’Empire romain, puis les Empires byzantin et ottoman, et continuent à donner tant de fil à retordre à la Turquie par exemple, qui auraient des leçons à nous donner en la matière ?
Il est vrai que, depuis la « guerre des douze jours » lancée par Israël en juin 2025 contre l’Iran des mollahs, la configuration a changé : avec la désignation par l’État hébreu de l’effondrement de la République islamique comme cible majeure, quelles qu’en soient les conséquences pour l’Asie et l’Europe, les Peshmergas du Kurdistan irakien peuvent jouer un rôle majeur dans la déstabilisation du régime iranien ce qui leur permettrait de concrétiser leur rêve de Grand Kurdistan (1).
Mais est-ce le rôle, est-ce l’intérêt vital de la France de s’associer au « grand jeu » mené par Benyamin Netanyahou avec Trump en vedette américaine, au risque réel d’être considérée par Téhéran comme cobelligérante à part entière et d’en subir les conséquences, avec de nouvelles pertes humaines ?
Le Pouvoir vote antifa
Sans doute des obsèques solennelles, présidées par Emmanuel Macron, seront-elles réservées à l’adjudant-chef Frion. Ainsi qu’une minute de silence à l’Assemblée nationale, comme celle qui fut observée en mémoire de Quentin Redanque à l’initiative de la présidente Yaël Braun-Pivet, qui dit aujourd’hui s’en « repentir amèrement ».
Et pour cause : Médiapart et Libération distillent chaque jour des révélations horrifiques (pieusement répercutées par toute la presse serve) sur les messages postés, certains il y a des années des années, par le « néo-nazi » Quentin sur les réseaux sociaux. Pensez donc ! Il y recommandait la lecture des « nazis » Lucien Rebatet et Maurice Bardèche ! Et si, issu d’une famille agnostique, il s’était converti au catholicisme et y avait même converti son père, c’est le « catholicisme le plus rance et le plus intolérant » qu’il privilégiait.
Bref, il avait bien mérité ce qui lui est arrivé. Mais son lynchage prémédité puisque perpétré dans une ruelle écartée n’est-elle pas le résultat de la cécité volontaire de l’État devant l’extrême violence consubstantielle à l’ultragauche ?
Aujourd’hui identifiés, ses bourreaux appartiennent tous à la Jeune Garde antifasciste constituée en 2018 à Lyon par Raphaël Archenault dit Arnault, qui donnait lui-même l’exemple de la baston. En février 2022, il fut ainsi condamné à Lyon à quatre mois de prison avec sursis, ce qui n’était pas cher payé, pour la sauvage agression d’un Identitaire de 18 ans, ce qui ne l’empêcha pas de participer toujours à Lyon aux législatives de 2022 sous l’étiquette du Nouveau Parti anticapitaliste (ex-LCR). Candidat derechef en 2024, cette fois sous les couleurs de La France Insoumise, et bien que triplement fiché « S » et catalogué « dangereux » par la DGSI en raison de « sa proximité avec la mouvance d’ultragauche radicale et [de sa] susceptibilité de se livrer à des actions violentes », il fut élu le 7 juillet 2024 avec 54,98 % des voix député du Vaucluse (plus précisément d’Avignon, la Cité des papes tournant à la médina) face à l’avocate Catherine Jaouen, député sortant du RN. Contre lequel le « front républicain » s’était mobilisé.
Qu’on ne s’étonne donc pas si, sûr de son impunité, le représentant de la République Raphaël Arnault persévéra dans l’action directe et n’hésita pas à recruter comme assistants parlementaire trois piliers de la Jeune Garde : Jacques-Elie Favrot, Robin Chalendard comme assistants parlementaires et comme stagiaire Adrian Besseyre. Tous trois impliqués dans le lynchage mortel de Quentin et mis en examen. Besseyre pour « homicide volontaire », Favrot pour « complicité d’homicide volontaire, violences aggravées et association de malfaiteurs » et Chalendard pour « recel de malfaiteur ».
On remarquera qu’au contraire de la hiérarchie du Rassemblement national qui n’hésite pas à sévir au moindre « dérapage » réel ou supposé d’un de ses élus ou collaborateur d’icelui, La France insoumise s’est montrée solidaire du sieur Arnault, auquel Jean-Luc Mélenchon vient encore de témoigner « toute son affection » — cette solidarité avec les militants, fussent-ils des nervis de la pire espèce, expliquant sans doute en partie le progrès (également largement dû au Grand Remplacement) des listes LFI au premier tour des élections municipales.
On remarquera aussi qu’en Conseil des ministres, la dissolution de la Jeune Garde avait été prononcée dès le 12 juin 2025, mesure immédiatement contestée par Raphaël Arnault qui avait introduit un recours auprès du Conseil d’État. Si expéditive quand des groupements identitaires sont concernés, cette éminente juridiction ne s’est toujours pas prononcée. Faudra-t-il la mort d’un autre Quentin pour qu’elle se décide à statuer ?
Camille Galic
- En 1920, après la chute de l’Empire ottoman, les puissances alliées promirent la création d’un grand État du Kurdistan allant de l’Anatolie orientale au golfe Persique. Engagement vite oublié : en 1923, le peuple kurde fut placé sous l’autorité de quatre pays : la Turquie, l’Iran, la Syrie (sous protectorat français) et l’Irak (protectorat britannique).







