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Des lieux où souffle l’esprit : la forêt du Temple et le lac d’Orient

Longtemps je me suis interrogé sur cet ensemble, qui n’était alors pour moi qu’un point de passage entre Paris, la Seine-et-Marne et l’Est le plus lointain. Je regardais la carte Michelin avec curiosité et je songeais in petto au « bois du templier pendu » dont parle Béraud, pensant que ces lieux étaient liés, qui à la Loge, au Grand Orient; qui à l’Ordre créé à l’occasion du conciles de Troyes, capitale voisine et à cette Milice des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon. Forêt du Temple, Lac d’Orient… Les noms sont évocateurs mais confusants comme disait monsieur Preskovic.

Qui ? Qui ? Qui a donc décidé un beau jour de faire appeler ce lac ainsi et de le faire accepter ? Nul ne le sait et ne s’en prévaut. Si nous interrogeons chatgpt, nous n’obtenons point de solution.

Quant à l’origine exacte du nom « Lac d’Orient », il n’y a pas une seule personne ou un événement précis qui soit à l’origine de cette dénomination. Cependant, il semble que le nom ait été choisi en référence à la région géographique de l’Est », mais par qui, par quel organisme, quel service, quel cadastre ?Le patronyme n’est pas sorti comme ça du chapeau de Fortunatus !

C’est d’autant plus curieux que les lacs, puisqu’il en existe plusieurs, sont de récente construction. Au nord-est se situe le petit lac Amance, il est relié à celui du Temple, le plus grand d’Europe sans équipement nautique. Il abrite entre le « Petit Orient » et la Maison du parc, une réserve naturelle de 2000 hectares d’eaux calmes où vivent des milliers d’oiseaux et où transitent à l’automne d’autres milliers de grues cendrées. Le plus vaste, celui d’Orient, mis en eau en 1966, s’étend sur 2 500 hectares, comprend des ports de plaisance et des plages agréables à la vue, à la baignade et à la promenade. Le lac semble un miroir sans teint où l’on découvre tout et en particulier le ciel. Les nuages sont au fond, immobiles et l’eau céleste. Ce sont des retenues destinées à protéger Paris, à régulariser les cours de la Seine et de l’Aube. Tout le monde se souvient de la crue de 1910, qui a réjouis les cartophiles, pardi !

A trois heures seulement de Lutèce…

Les Franciliens en quête de tranquillité trouveront leur plaisir, délaissant l’autoroute hideux mais passant d’abord par Provins la superbe, Nogent-sur-Seine nimbée de ses fumeroles atomiques, Troyes et Piney où l’on découvre ses maisons à colombage, sa halle impressionnante, son église forte de Saint-Martin et la chapelle Notre-Dame des Ormes… Tout cela n’est-il pas bien poétique ? Rendez-vous à Géraudot. La première mention du village remonte à la donation de 1220 : André de Rosson, chevalier du Temple, fait don à sa nouvelle confrérie de ce qu’il possède à Aillefol et Rosson. En 1231, sur l’ancienne paroisse d’Aillefol, est fondée la commanderie de l’Hôpiteau par l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem sur des terres vendues par le comte de Brienne Gautier IV. Tous ces noms, toute cette histoire me font penser à un dessin de Pierre Joubert, où l’on voit le roi Baudoin IV de Jérusalem et ses chevaliers arborant leurs emblèmes sur toges et étendards.

Franck Nicolle

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