Après avoir parlé de Paris il y a quelques jours, intéressons-nous à la situation de Marseille à quelques semaines des municipales.
Après un quart de siècle de gestion Gaudin, Marseille s’était choisie une femme pour maire en 2020. Élue à la tête du Printemps Marseillais, l’écologiste Michèle Rubirola avait réalisé une coalition disparate de la gauche. Toutefois, quelques mois après sa prise de fonction, Michèle Rubirola avait laissé sa place à son premier adjoint Benoit Payan et prenait sa place de premier adjoint. Les conditions de cette démission sont toujours restées floues. Le maire et ses alliés arguaient alors des problèmes de santé de l’édile marseillaise. L’opposition de droite voyait là des tensions entre les appareils des partis de la majorité coalisée… Une vérité n’empêchant pas forcément l’autre !
Pour cette élection 2026, plusieurs candidats sont en lice. Les candidatures de certains candidats pesant moins sur le scrutin ont volontairement été ignorée (dissidence EELV, liste LO…).
Benoît Payan, devenu Maire, compte dorénavant garder le trône marseillais ! Le Maire a réuni une coalition large à gauche mais pas totalement complète. Le maire ne reste toutefois pas sur une ligne purement de gauche. C’est ainsi qu’il annonce la volonté de doubler les effectifs de la Police Municipale. Il se pose en rempart au Rassemblement National et mise beaucoup sur cette antienne antifasciste.
La droite coalisée avec les forces macronistes sera représentée par Martine Vassal . La présidente du département des Bouches-du-Rhône et de la métropole Aix-Marseille-Provence se présente avec la liste « Marseille je t’aime ». L’ambition est classique et se recentre sur des missions indispensables telles que la propreté, la lutte contre les incivilités et une gestion plus rigoureuse de la ville.
Le député du Rassemblement National Franck Allisio est investi par son parti avec le soutien de Reconquête. Le Sénateur Stéphane Ravier s’est retiré au profit d’une candidature patriote unique. Allisio mise sur un retour à l’ordre et entend lutter contre l’insécurité, une problématique prégnante dans une ville gangrenée par les trafics divers…
Enfin, le dernier candidat est Sébastien Delogu pour La France insoumise. Ouvertement populiste et dégagiste, le député marseillais ratisse large et mise sur un vote communautaire. Il entretient le flou sur de possibles alliances à gauche et espère faire le plein de voix notamment dans les quartiers dits « populaires ».
Par ailleurs, la réforme de la loi PLM sera un enjeu véritable pour la ville. La dispersion des voix pourrait profiter à la liste de Franck Allisio, tout du moins au premier tour. Les résultats du RN pourraient être particulièrement élevés. A ce sujet, le maire sortant et Sébastien Delogu s’accusent mutuellement de faire monter le candidat RN. Ce dernier se voit bien arriver en tête au soir du premier tour, mais les sondages ne font pas toujours les élections…
Il sera en tout cas intéressant de suivre l’issue du scrutin de la deuxième ville de France. Si Marseille souffre des mêmes maux que Paris a bien des égards, il demeure là-bas aussi des français qui n’ont pas totalement abandonné l’idée de demeurer français ou provençal…
Jean Ernice







