Vastes sujets que ceux de l’insécurité et de la criminalité. Selon son expérience et son domaine professionnel, chacun pourrait y aller de son petit couplet pour aborder ces thèmes qui sont devenus, malgré les démentis de certains politiciens habitant de riches quartiers préservés, une facette du quotidien des villes européennes et nord-américaines. C’est justement pour couvrir le sujet de long en large que Philippe Randa, bien connu des lecteurs de Présent, a fait appel à diverses plumes, dont la mienne et d’autres, encore une fois, bien connues de nos lecteurs (Francis Bergeron, Michel Festivi, Alain Sanders, etc.), afin d’aborder la question de l’insécurité : prenez place, au menu, La désinformation autour de la criminalité.
D’entrée de jeu, on met la table. Le fameux « sentiment d’insécurité » n’est pas le fruit d’une propagande fascistoïde, mais bien le reflet d’une société en plein délitement, d’un monde qui s’ensauvage. Les faits l’attestent. Les opérations de com de l’Élysée n’y changeront rien.
Ce fléau touche particulièrement les « derniers Gaulois n’ayant pas eu les moyens de fuir les lieux ». Comme Richard Dessens le rappelle, s’il existe des criminels « de souche », le lien entre immigration et insécurité est incontestable, d’où la propension de la gauche à simplement nier ou minimiser la hausse de la criminalité.
Cela dit, en 2026, se contenter d’écrire ce message ne vaudrait pas la peine d’écrire un livre. C’est devenu un truisme que seuls les chiens de garde du système répètent comme un mantra, probablement sans y croire eux-mêmes, à la manière des apparatchiks soviétiques des années 1980. Enfoncer des portes ouvertes n’est pas le genre de Randa.
Et c’est là que la grande variété de collaborateurs prend tout son sens : chacun aborde le thème sous un angle bien particulier, qu’il s’agisse de la criminalité des mineurs, de la gestion carcérale en Norvège, de l’engouement pour les criminels, etc. Le tout est parsemé de quelques anecdotes historiques sur de grands crimes du passé, offrant un panorama non seulement holistique, mais aussi — et c’est primordial — agréable à lire, tant pour le néophyte que pour le citoyen déjà informé de la question.
Enfin, dans ce recueil illustré magistralement par Miège, on ne se contente pas de dénoncer ou de rappeler les faits : Robert Paturel, notamment, propose des pistes de solution concrètes. Ce n’est pas un manque de policiers qui explique le laxisme actuel, mais bien les consignes qui leur sont données. Il s’agit donc d’une question de volonté plutôt que de moyens. Michel Festivi abonde dans le même sens : cette insécurité est d’abord le fruit de politiques institutionnelles. Il faudrait remettre la victime au cœur du processus judiciaire.
Rémi Tremblay
Sous la direction de Philippe Randa, La désinformation autour de la criminalité Dualpha, 2026, 203 p.

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