Iran

La France face à la « guerre d’Israël »

Parti de Toulon, le Charles-de-Gaulle était arrivé le 25 février à Malmö d’où il devait, cap au nord-ouest, participer à des manœuvres suédo-norvégiennes destinées à démontrer avec éclat l’appartenance à l’Europe du Groenland dont veut s’emparer l’Amérique de Trump. Le 3 mars, notre président enjoignait au contraire à notre (unique) porte-avions de tout laisser tomber pour cingler vers la Méditerranée, le canal de Suez et, de là, contourner la péninsule arabique afin d’y défendre nos intérêts et ceux de nos alliés menacés par l’Iran. Combien de temps durera cette navigation dont on espère, sans grande conviction, que les armes se seront tues quand elle s’achèvera ?

Peu importe à Emmanuel Macron qui, traité en quantité négligeable par Washington (1), tient à profiter des circonstances pour tenter de se poser en généralissime, lui qui a choisi comme ministre de la Défense la grosse dondon Catherine Vautrin, jusque-là cantonnée dans le social, et comme ministre délégué aux Armées l’énarque Alice Rufo, diplomate de son état, toutes deux sans la moindre connaissance militaire.

Déjà, c’est escorté par quatre Rafale que l’Elyséen avait tenu à se rendre le 2 mars sur l’Ile longue, « cathédrale de notre souveraineté, symbole de l’engagement constant de notre pays pour la dissuasion nucléaire depuis maintenant plus de 65 ans » pour y vanter la « nouvelle étape », soit la « dissuasion avancée ». Et c’est avec la même solennité qu’il a pris la parole le lendemain soir à la télévision pour annoncer sa décision et faire savoir qu’il mettait tout en œuvre pour rapatrier au plus tôt par avion nos 400 000 compatriotes en péril sur le théâtre ou à proximité des opérations israélo-américaines. Soit 200 000 ressortissants pour le seul État hébreu et 200 000 en Arabie saoudite et aux Émirats, installés pour la plupart dans ce paradis défiscalisé qu’est Dubaï où ont fui le fisc nombre de nos « influenceurs », pour la plupart maghrébins. Telles Nabilla ou Maeva Ghennam, laquelle sanglotait sur les réseaux sociaux : « Nous avons peur, nous risquons la mort. On est Français. Protégez-nous, France, tu dois nous protéger ! » Alors même qu’elle était récemment condamnée par contumace par le tribunal de Paris à un an de prison avec sursis et à 150 000 euros d’amende pour manœuvres frauduleuses et dissimulation de capitaux.

Le désespoir de ces parasites est d’ailleurs le seul élément divertissant de la si sombre actuelle — et qui risque de durer, Donald Trump n’excluant plus d’envoyer l’US Navy dans le détroit d’Ormuzd (où elle aggraverait le foutoir actuel puisque des centaines de supercargos y sont déjà piégés) et de déployer des troupes au sol, au diable les promesses qui n’engagent que ceux qui y croient ! Mais que ne ferait-il pas pour satisfaire le donneur d’ordres Netanyahou ?

Car, comme l’a affirmé le 3 mars l’influent commentateur américain Tucker Carlson, très suivi par le mouvement MAGA : « C’est la guerre d’Israël, ce n’est pas la guerre des États-Unis… Cette confrontation n’est pas menée au nom des objectifs de sécurité nationale américains pour rendre les États-Unis plus sûrs ou plus riches. »

La « bonne idée » du vice-président du RN

Et l’on peut en dire autant pour l’Europe, n’en déplaise à Emmanuel Macron qui, tout en critiquant les opérations « Fureur époque » et « Lion rugissant » mais afin de redorer son image bien ternie, veut associer la France au conflit, comme au vice-président du RN Sébastien Chenu : interrogé le même 3 mars par France info sur la destination du « premier voyage d’un éventuel président de la République issu du Rassemblement national » en mai 2027, le député du Nord nomma spontanément… Israël ! Selon lui, en effet, « continuer à entretenir une relation de qualité avec Israël, qui a été tellement abimée [sic] par Macron, est une bonne idée ».

Chenu a certes ajouté que la décision finale appartiendrait à « la présidente de la République, Marine Le Pen ». Mais que sa « bonne idée » concerne un État qui, après avoir agressé tant de ses voisins, profite du fait que les yeux du monde entier soient fixés sur l’Iran pour crucifier une fois de plus le Liban dont il ne cache pas vouloir annexer le sud et, de Tel Aviv, ne cesse d’agiter l’épouvantail de l’antisémitisme pour diaboliser les nationaux français, est déjà très inquiétant.

Camille Galic

  1. https://nouveaupresent.fr/2026/03/02/iran-ou-sarretera-la-fureur-epique-du-lion-rugissant/

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