Villepin

Présidentielle : les premières boules puantes sont pour Villepin

L’affairiste franco-libanais Robert Bourgi (1) a donc sonné la charge. L’ancien Premier Ministre, Dominique Galouzeau de Villepin, ne faisant nullement mystère de son envie présidentielle (la quête des 500 parrainages serait d’ores-et-déjà en cours)  risque de voir afficher au grand jour son appétit rarement démenti pour le faste et les honneurs, la mise en relief de ses liens troubles avec le Qatar, la multiplication des interrogations concernant la provenance d’une partie de sa fortune, sans oublier enfin la publication d’articles sur sa vanité et son dédain à l’endroit d’une large partie des Français (2).


Première épisode d’une très probable longue série : dans l’émission Complément d’Enquête, Robert Bourgi, figure de la Françafrique, affirme avoir fait parvenir à Dominique de Villepin deux statuettes de Napoléon, l’une offerte en 2002 par Blaise Compaoré, alors président du Burkina Faso, l’autre par l’homme d’affaires italien Gian Angelo Perrucci. Elles auraient été achetées pour respectivement 75.000 euros et 50.000 euros par ces deux hommes, selon des factures publiées par l’émission de France 2. Dominique de Villepin y affirme qu’il s’agit de cadeaux payés par Robert Bourgi. Il assure cependant qu’il n’aurait jamais accepté ces objets s’il avait connu leur provenance et se dit prêt à les rendre.
Robert Bourgi a évidemment été invité le lundi 4 mai dans l’émission matinale de l’impayable Pascal Praud qui cachait fort mal son enthousiasme et sa joie de voir un adversaire assumé de Tel-Aviv être accusé d’entretenir un rapport très élastique avec la morale.
Il ne fait aucun doute que les réseaux sarkozystes et pro-israéliens (ils se confondent très souvent) qui avaient agi en 2017 contre Fillon (déjà par l’intermédiaire de l’inévitable Bourgi) pour lui faire payer sa volonté de dialoguer avec Bachar Al-Assad, de réouvrir une représentation diplomatique à Damas, puis d’entamer des discussions avec les Turcs, les Russes et – horresco referens ! – les Iraniens pour engager une transition politique et une sortie de crise en Syrie, sont les mêmes qui seront à la manœuvre pour faire trébucher l’ancien patron du Quai d’Orsay.

Dans le viseur


En effet, une partie des classes dirigeantes totalement alignée voire soumise à l’axe américano-israélien n’a jamais pardonné à l’ancien ministre des Affaires étrangères son discours du 14 février 2003 devant le Conseil de sécurité de l’ONU fustigeant une intervention militaire en Irak et mettant en garde contre les conséquences incalculables d’une telle guerre.
Depuis lors, Dominique de Villepin a aggravé son cas aux yeux de cette très puissante coterie puisqu’il a envoyé quelques clins d’œil appuyés à Jean-Luc Mélenchon et LFI. La critique véhémente, légitime et bienvenue portée par Dominique de Villepin  à l’encontre du bellicisme fanatique israélien a évidemment été douce aux oreilles d’une large partie de l’électorat LFI. Plus récemment, la quasi-absolution accordée par le même Villepin à l’endroit de LFI dans la mort tragique de Quentin Deranque a également participé de ce rapprochement avec la  galaxie « insoumise ». Ajouter à cela, une haine viscérale du dénommé Galouzeau pour le RN et R!. Haine partagée par LFI est-il besoin de le préciser.
Propos sans concessions et bien vus à l’encontre des fous furieux de Tel-Aviv, minoration de l’importance du rôle joué par la racaille antifa dans le décès de Quentin et antifascisme d’opérette ont permis à Villepin de séduire l’électorat LFI. Électorat qui en échange a accepté de passer l’éponge sur les reproches formulés jusqu’alors par LFI à l’encontre de Villepin à commencer par la catastrophique privatisation des autoroutes (au profit d’Eiffage, Vinci et Abertis), le très peu progressiste contrat première embauche (CPE) et les émeutes de novembre 2005. Concernant le dernier point, dans la tête des militants LFI, les responsables du chaos furent Galouzeau de Villepin (en poste à Matignon à l’époque) et les forces de l’ordre mais nullement la racaille extra-européenne…
Diatribes anti-Netanyahou, pacte de non-agression avec LFI et dénonciation des crimes d’Israël sont autant d’éléments qui suffisent à justifier la mise en ordre de marche de certains cénacles extrêmement influents pour tenter de tuer dans l’œuf cette candidature Villepin.
Au cas où Galouzeau de Villepin aurait oublié qui était réellement aux manettes en France, la bollorésphère, Gilles-William Goldnadel, le CRIF, sans oublier Pierre Lellouche (3), pour ne citer que ses ennemis les plus emblématiques, enverront leurs obligés médiatiques et leurs divers porte-flingues pour le lui rappeler dès que le besoin s’en fera sentir.


Maurice Gendre
1) Robert Bourgi est en compagnie de Ziad Takieddine (mort deux jours avant le procès sur l’affaire du financement libyen…) et d’Alexandre Djouhri, un des trois hommes au cœur du système de la République des mallettes décrit par le regretté Pierre Péan.


2) Lire le dossier n°2761 du jeudi 26 juin 2025 du Point consacré à l’ancien locataire de Matignon.


3) Pierre Lellouche, ancien secrétaire d’État au Commerce extérieur sous Sarkozy, colporte une anecdote dans tout Paris depuis des mois : lors de l’élection de Chirac en 1995, alors qu’il pensait prendre possession de ses nouveaux bureaux à l’Élysée, Lellouche aurait été stoppé net dans son élan par le secrétaire général de l’époque, un certain Dominique de Villepin. Ce dernier aurait lancé à Lellouche : « Vous ne pensiez tout de même pas être nommé au ministère des Affaires étrangères de la France avec votre patronyme ?« . Dans l’entourage de Dominique de Villepin, on dénonce les propos d’un mythomane. En revanche, les villepinistes assument parfaitement d’avoir trouvé le surnom de « Pierre-et-Lellouche » pour désigner l’ancien secrétaire d’État au Commerce extérieur.

Un commentaire

  1. Bourgi avait déjà tout dégoisé dans son livre « Ils savent que je sais tout. Ma vie en Françafrique », paru en 2024 (Max Milo éd.) et où il y a peu à prendre et beaucoup à laisser. Mais, à l’époque, Villepin semblait retraité et les médias ne s’étaient pas intéressés à ses magouilles. En briguant l’Elysée, le puant et néfaste ancien Premier ministre aurait dû se douter que les accusations — fondées ou pas — de Bourgi resurgiraient. Quant à son supposé antisionisme, il me paraît plus opportuniste qu’autre chose.

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