Macron

Un 14-Juillet « au prix du sang »


Pour son ultime 14-Juillet à l’Élysée, Emmanuel Macron s’est offert le spectaculaire défilé « tout en puissance » d’une armée française fer de lance du « réveil stratégique de l’Europe » et « prête pour le combat ».

À cette fin, le chef de l’État avait convié sous un soleil d’Austerlitz tous les présidents ou Premiers ministres de la « coalition des volontaires » (contre la Russie de Poutine) qu’il a initiée pour les faire assister à un spectacle époustouflant sur les Champs-Élysées : survolés par pas moins de 98 avions, cependant qu’au sol défilaient d’innombrables blindés stratégiques, à la suite de 6 800 soldats des trois armes, dont, ouvrant la marche, des détachements hauts en couleur et plus ou moins importants — un seul homme pour la lointaine Australie — des trente-cinq pays invités. De l’Albanie à la Nouvelle-Zélande en passant par bien sûr par l’Ukraine, mise à l’honneur en la personne de Volodymir Zelinski trônant auprès du couple présidentiel français, mais aussi la Turquie.

État dont, soit dit en passant, tout le monde semble avoir oublié qu’en juillet 1974, ce n’est pas si vieux, il envahissait en toute quiétude l’île de Chypre et en occupait, malgré la présence de Casques bleus onusiens, tout le tiers nord-est qu’il considérait comme lui appartenant car à plus de 30% peuplé de Turcs. Rapidement colonisé après l’expulsion manu militari de ses 200 000 habitants grecs, ce territoire où régna une dynastie angevine qui laissa de sublimes monuments, tels le château fortifié de Saint-Hilarion et l’abbaye de Bellapaïs aujourd’hui en ruines, est connu depuis 1983 sous l’appellation « République turque de Chypre du nord ».

Mourir pour l’Ukraine comme pour la Serbie en 14-18 ?

N’y a-t-il donc pas contradiction à traiter l’envahisseur turc en ami et en partenaire d’aventure militaire, et à partir en guerre contre la Russie qui veut récupérer le Donbass et le Donetzk russophones ? Prétention inacceptable pour les Européens « prêts à défendre la liberté et le droit », « au prix du sang s’il le faut », comme avait prévenu Emmanuel Macron dans son dernier discours aux armées, le 13 juillet.

L’Élyséen devrait se souvenir que, de l’aveu général, le défilé du 14-juillet 1914 fut le plus grandiose depuis l’instauration en 1880 de ce rite républicain. On connaît la suite… Et l’ampleur, dont la France ne s’est jamais remise, du « prix du sang » versé pendant la Grande Guerre, qui devait commencer quelques semaines plus tard et faire rage plus de quatre années, sans qu’un seul soldat allié ait jamais pu mettre le pied en Allemagne.

La Rédaction

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