Nous vivons à une époque qui manque cruellement de transcendance, mais aussi d’abnégation, et ce jusqu’au sein de l’Église, où les demandes d’accommodements ne cessent de se faire entendre. Chacun se croit légitimé à exiger du monde, et même de Dieu, qu’il s’adapte à ses désirs, qu’on ne saurait reléguer au second plan ni apprendre à maîtriser. Même la messe est à la carte, la présence dépendant des activités de la veille.
Que nous sommes loin de l’époque où les gens se sacrifiaient pour la foi, préférant la mort au reniement.
Les éditions de Chiré ont été bien inspirées de republier Le Curé d’Ars et Sainte-Philomène, court ouvrage accessible à tous, qui relate la vie de dévotion et d’abnégation de ces deux saints, dont l’unique préoccupation était de servir leur Créateur.
La première des deux saints abordés est sainte Philomène, fille d’un prince grec converti dont j’avais abordé le martyr dans un article précédent (https://nouveaupresent.fr/2023/11/20/sainte-philomene-guide-dans-la-foi/). Très jeune, la princesse décida de s’offrir à Dieu et de choisir la voie de la chasteté. Son vœu fut remis en question lorsque l’empereur Dioclétien lui demanda sa main, condition sine qua non d’une paix avec le petit État grec gouverné par ses parents. Refusant les supplications de ces derniers et restant sourde aux menaces de celui qui voulait la posséder, elle dut subir un véritable martyre.
Elle subit maintes tortures, et Dioclétien tenta de la mettre à mort ; mais, protégée par la grâce de Dieu, elle survécut jusqu’à ce que sa tête tombe et que sa dépouille soit placée dans les catacombes. Son histoire fut finalement connue à la suite des visions d’une religieuse de Naples. Après l’instauration de son culte, les miracles se succédèrent, poussant l’Église à la béatifier.
Son culte fut importé en France par Jean-Marie Vianney, mieux connu comme le Curé d’Ars, reconnu « patron de tous les curés de l’univers » en 1929. Ce dernier, animé par la seule et unique ambition de sauver les âmes, installa une chapelle à la gloire de sainte Philomène dans son église paroissiale d’Ars-sur-Formans, devenue un véritable sanctuaire.
S’y effectuèrent, dans cette petite église de campagne où le curé avait placé des reliques de la thaumaturge, nombre de miracles attestés : des guérisons ne pouvant s’expliquer que par la grâce divine et l’intercession de la sainte.
Comme l’explique en introduction Maxime de Montrond : « La prière, l’invocation, l’imitation des vertus d’un saint ou d’une sainte ne sont-ils pas là les vrais et les plus sûrs moyens de l’humble chrétien, plus sage, dans sa simplicité, que beaucoup des plus forts penseurs de nos jours ? » Notre époque a besoin de cette foi forte et lumineuse, qui semble se perdre dans la nuit.
Rémi Tremblay
Maxime de Montrond. Le Curé d’Ars et Sainte-Philomène. Éditions de Chiré, 2025, 90 p.








