Le 30 avril, Emmanuel Macron qui, réformé, a échappé au service national mais adore parader en généralissime, se rendait en grande pompe à Mailly-le-Camp (Aube) et à Suippes (Marne) pour la dernière phase de l’exercice Orion 26, où il devait assister à des manœuvres « terrestres et aériennes de haute intensité » censées prouver qu’en la matière, nos forces n’ont rien à envier à l’Armée rouge ou à l’US Army, qui n’ont donc qu’à bien se tenir.
Mais certains carambolages de l’actualité sont cruels. Le 1er mai dès l’aube, le camp militaire de Cornusse, près de Bourges, en théorie totalement inaccessible au public car son sol n’est qu’un champ de mines, était occupé par 35 à 40 000 zombies venus s’éclater à l’invitation du Teknival de Bourges et du Tekno Anti Rep. Lequel entendait par cette rave géante riposter au ministre de l’Intérieur soucieux de règlementer sinon d’interdire enfin ces manifestations nuisibles autant à l’environnement fatalement saccagé, qu’aux participants assiégés par les dealers de drogues et aux riverains — le village de Cornusse compte 266 habitants à peine, exposés à un raffut de tous les diables et à des incivilités diverses, leurs jardins étant souvent transformés en WC publics faute de latrines suffisantes et leur sommeil étant troublé par les nombreux feux d’artifices pourtant formellement interdits en raison de la dangerosité du terrain.
Aux dires du ministre Laurent Nuñez — qui, préfet de Paris, avait interdit en 2023 une après-midi culturelle organisée par l’Institut Iliade en mémoire de Dominique Venner, suicidé dix ans plus tôt, sous prétexte de troubles possibles à l’ordre public —, les raveurs, qui ne devaient quitter les lieux que dans la nuit de dimanche à lundi, étaient 17 000 à peine. Mais, même moins nombreux, comment ont-ils pu arriver à bon port après de gigantesques embouteillages et se regrouper sans être interceptés, ainsi que le matériel pourtant aussi encombrant que spectaculaire (écrans géants, mammouthesques camions sono, etc.) nécessaire au déroulement de la « teuf »?
« Les gendarmes étaient en sous-nombre car ces gens sont très malins, ils ne communiquent que par les réseaux sociaux », s’est justifié le préfet du Cher. Explication un peu courte, bien qu’elle soit avancée lors de chaque rave, quel que soit le locataire de la Place Beauvau chargé en principe d’assurer l’ordre public.
Espérons en tout cas que nos Excellences seront mieux renseignées au cas où un État hostile ou un mouvement terroriste s’aviserait de lancer une blitzkrieg contre la France…
La Rédaction







