Certes, les élections de mi-mandat prévoyant le renouvellement du tiers du Sénat et de la totalité de la Chambre des Représentants sont rarement favorables aux présidents états-uniens en place : le sinistre Ulysse Grant, le boucher du Dixie, perdit 96 sénateurs alors que, le 3 novembre, Donald Trump n’en a perdu que sept — mais il a aussi perdu cinquante députés — le 3 novembre. Si la déroute est évitée, la défaite est réelle pour le Grand Old Party (GOP) au pouvoir depuis 2024 mais désormais minoritaire.
« Le peuple donne sa faveur. Jamais sa confiance », professait Antoine de Rivarol. Le candidat Trump avait axé toute sa campagne sur sa promesse formelle que, lui président, jamais les boys ne combattraient en terre étrangère. Mais, enhardi par le succès de l’enlèvement de son homologue vénézuélien Maduro (d’ailleurs victime de trahisons internes) et hypnotisé par son ami Netanyahou le persuadant que les Iraniens accueilleraient avec transports leurs libérateurs et les aideraient à écraser l’infâme régime opprimant l’Iran, il lançait le 28 février dernier l’opérations Fureur Épique, de conserve avec l’opération israélienne Lion rugissant. On connait la suite…
Le prix du fiasco en Irak
Si l’ayatollah Khamenei fut tué ainsi que nombre de chefs religieux chiites, ni l’état-major de l’armée ni le corps des Gardiens de la Révolution ne furent décapités. En dépit d’énormes destructions, le régime tient toujours, avec l’appui du peuple semble-t-il. Car si les Iraniens sont minoritaires dans leur pays, les autres composantes sont également musulmanes, très sensibles au martyre infligé à Gaza comme au Sud-Liban, et donc majoritairement hostiles aux agresseurs israélo-américains.
C’est donc à bon droit que, pendant la campagne des mid-term, ses opposants ont rappelé à Trump son annonce aussi tonitruante que fallacieuse du 3 mars dernier : « Nous avons gagné cette guerre… Nous allons ramener l’Iran à l’âge de pierre. ». Plus de huit mois plus tard, le canard perse est toujours vivant, tenant en échec la superpuissance américaine.
Avant son assassinat le 10 septembre 2025 par un « désaxé », Charly Kirk, chef de file et tête pensante du mouvement MAGA ( Make America Great Again) ayant porté Trump au pouvoir, avait vu venir cette « guerre d’Israël » et tout fait pour en dissuader l’hôte de la Maison-Blanche. Sans doute a-t-il payé de sa vie son opiniâtre résistance. (voir: https://nouveaupresent.fr/2026/09/09/septembre-noir-aux-usa/ )
Mauvaises fréquentations et mégalomanie
En tout cas, les conséquences du conflit — maintien de troupes US au Moyen-Orient, embrasement des monarchies pétrolières et stupide blocus du détroit d’Ormuz par l’US Navy — sont lourdes pour les États-Unis déjà en récession et en inflation. Le renchérissement des hydrocarbures, qui frappe les plus modestes, a été décisif. De même que les rodomontades de Trump affirmant à son arrivée qu’il règlerai le conflit russo-ukrainien « en 48 heures » ou qu’il annexerait le Groenland et le Canada . Sans oublier ses retours incessants dans son domaine floridien de Mar a Lago transformé en seconde Maison-Blanche (d’où le coût exorbitant d’un double système de sécurité), la mise en avant sur le plan diplomatique de son gendre Jared Kushner issu d’un clan immobilier à l’insatiable avidité et de ce fait maintes fois condamné en justice, ou les révélations de ses liens troubles avec le plouto-pornographe et sans doute assassin, le défunt Jeffrey Epstein, et ses rêves de grandeur, telle l’érection à Washington d’un arc-de-triomphe à sa gloire. Autant d’excès qui ont défrisé nombre de sympathisants MAGA, surtout dans les couches populaires où l’abstention a été massive.
Quel avenir pour J.D. Vance ?
Aux critiques, Trump oppose une seule réponse : selon lui, « les élections du 3 novembre ont été truquées. » C’est un peu court, jeune homme !
Le pire est que, s’il persiste dans son déni et ne se remet pas en cause, la présidentielle de 2028 risque d’être fatale au GOP en général et surtout à son potentiel successeur, le jeune et très raisonnable J. D. Vance, son actuel vice-président, que Trump semble d’ailleurs avoir mis sur la touche. En revanche, il a fait appel samedi pour le poste de porte-parole de la Maison-Blanche à Dana White, qui dirige l’UFC, principale organisation mondiale de MMA, en l’exhortant à s’entourer d’adjoints issus du monde du MMA (arts martiaux mixtes mêlant boxe et karaté), dont deux Russes et une Brésilienne, « même si certains ne sont pas de notre pays » car « nous avons besoin de ces personnes pour nous défendre contre la gauche cinglée ». Parole d’expert !
Camille Galic
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