Hergé

Bédésup : l’œuvre d’Hergé 

On sait que les héritiers d’Hergé ont veillé avec une particulière vigilance sur le patrimoine iconographique de celui qui, à ce jour, reste l’auteur de BD numéro un au plan mondial. Tout cela a été maintes fois raconté, par Stéphane Steeman, comme par Albert Algoud, ou encore par le journaliste Hugues Dayez dans sa chronique de l’après-Hergé, Tintin et les héritiers (éditions du Félin, janvier 2000).

En principe il n’y a donc pas d’actualité à attendre de ce côté-là. Ce qui est intéressant de noter, c’est que, dorénavant, toute exploitation par un tiers de dessins tirés de l’œuvre d’Hergé nécessite de remplir un questionnaire de quatre pages extrêmement précis, mis au point par la société Tintinimaginatio, « titulaire exclusif dans le monde entier de l’ensemble des droits d’exploitation de l’œuvre d’Hergé ». Exit Moulinsart SA ?

Ce questionnaire est accompagné d’une « charte d’utilisation des visuels », qui doit être daté et signé, avec la mention manuscrite de son acceptation, par le demandeur. Cette charte interdit par exemple d’utiliser des dessins d’Hergé « pour illustrer des thèmes qui porteraient atteinte à l’honneur de l’auteur notamment l’argent, la politique, le sexe, les armes, l’alcool, la drogue, le tabac etc. ». On comprend bien le souci des héritiers, mais rabaisser la politique au niveau du sexe et de la drogue, voilà qui pourrait valoir à Hergé, une fois de plus, un procès en tentations rexistes ! Qui, dans la Belgique du XXe siècle, a osé critiquer la politique jusqu’à la remettre au niveau du sexe ou de la drogue… à part Degrelle ?

Pour agaçante que soit la censure des héritiers à l’encontre de l‘œuvre hergéenne, reconnaissons néanmoins que ce contrôle tatillon sur l’exploitation des images a évité à son œuvre et à son héros de connaitre par exemple les dérives marxistes et wokistes qui ont frappé Ric Hochet depuis 2015 et la reprise de la série par les calamiteux Van Liemt et Zidrou, et dans une moindre mesure, la politisation (à gauche, bien entendu) de certains albums de Blake et Mortimer, après la disparition du regretté Jacobs.

Agathon

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