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Le coup d’oeil de Philippe Randa: la macronie sans scrupule et sans honte

Jamais l’expression « on touche le fond » n’aura sans doute été plus appropriée qu’avec le changement en ce début d’année de Premier Ministre et ce misérable remaniement gouvernemental qui ne sont l’un et l’autre que communication et tractations politiques ; de projet politique, bernique et peau d’zobi !

Mais ce qui est nouveau (enfin presque), c’est que tout cela se fait sans la moindre vergogne, sans le moindre vernis d’hypocrisie, sans même le moindre souci de faire croire que…

Ainsi, le très souriant Gabriel Attal a remplacé la très tristoune (ô combien !) Élisabeth Borne au poste de Premier ministre dans le seul but ouvertement déclaré de contrecarrer la popularité du président du RN Jordan Bardella auxquels les sondages prédisent aux prochaines élections européennes un score de maréchal… Si pour le Cid Campeador la « valeur n’attend(ait) point le nombre des années », Pour Pif gadget, la « jeunesse semble forcément preuve de valeur »…

Ainsi, Rachida Dati qui avait déjà fait savoir que « Paris valait bien sinon une messe, du moins son âme » avec son appel à un accord politique avec la Macronie en 2023 ; en 2024, la capitale vaut donc aussi un ministère, ce qu’elle a confirmé en convoquant les élus du groupe d’opposition qu’elle dirige (ou du moins dirigeait jusqu’alors) à la Mairie de Paris, assurant qu’avoir eu « l’assurance de l’enjeu de la mairie de Paris ». Au moins peut-on saluer sa franchise de nous informer qu’elle consacrera au Ministère de la culture le minimum de son temps syndical et que son ralliement à l’ennemi d’hier ne repose que sur cette seule, unique et obsessionnelle ambition.

Car s’il est concevable qu’en absence de majorité absolue, des coalitions de partis différents puissent se concevoir pour assurer la bonne marche des affaires publiques sur des concessions de part et d’autre, le ralliement solitaire est et restera, quoiqu’on puisse dire, simple trahison.

Ainsi encore, le cas d’Amélie Oudéa-Castéra, cumulant désormais le Ministère des sports avec celui de l’Éducation nationale avec la charge de préparer les Jeux Olympiques de Paris… C’est dire si elle aura tout le temps nécessaire pour répondre aux urgences de la mission « la plus belle du monde », soit la « cause de l’école (…) la mère des batailles » que le fringuant Premier ministre « emmenait avec lui » comme il l’avait déclaré lors de la passassion de pouvoir à Matignon en présence de sa prédécesseure.

Il ne s’en est donc pas soucié plus que cela dans ses nouvelles fonctions et au contraire s’est empressé d’ajouter cette « plus belle mission du monde » à deux autres, à la charge de dame Oudéa-Castéra… De « mère des batailles » à « cousin de province des priorités » : pesé, c’est emballé et expédié et surtout débarassé, vite fait, bien fait !

On doute donc que les enfants Oudéa-Castéra réintégrent un jour l’école publique, mais ils sont tellement heureux en leur école « privée et catholique » comme l’a expliqué leur affectueuse maman qu’il serait dommage de les en priver pour de bêtes raisons d’éthique. Comme d’ailleurs aux enfants de l’ex-ex-Ministre de l’éducation nationale, l’inénarrable Pap Ndiaye, s’épanouissant pour leur part comme il se doit et comme l’entendait leur géniteur, au sein de l’école alsacienne.

Il faut bien que jeunesse se passe… parfois ici plutôt que là pour certains !

Philippe Randa

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