Guernica

La « Mémoire » de Guernica

Tous les matins en semaine, sur RTL et sous l’égide d’Yves Calvi, Lorant Deutsch fait une petite recension d’un évènement historique. Vendredi 26 avril, anniversaire du bombardement de Guernica de 1937, nos deux intervenants ont stigmatisé les nationalistes espagnols et leurs alliés allemands, pour avoir fait quelques « 2 000 morts » en attaquant une ville sans industrie ni présence militaire républicaine, fut-il précisé. On a connu Lorant Deutsch mieux inspiré…

Mais voilà, c’est de la Mémoire, nom donné à la version idéologique du passé, alors que la version théologique dont elle est l’héritière est dite Histoire sainte. Aussi l’histoire tout court n’y trouve-t-elle ordinairement pas son compte…

Les mensonges de la Mémoire sur Guernica

La vulgate communiste, relayée à l’envi par la presse anglo-saxonne, en tenait pour 1 000 à 1 600 morts, mais l’inflation frappe également l’immarcescible antifascisme, ce palladium du nouvel Occident et de la Russie post-soviétique… Même Wikipédia admet (c’est dire !) que les recherches récentes évoquent plutôt « 100 à 300 victimes », en regrettant, à juste titre, l’usage du mot victimes qui ne distingue pas les blessés des morts. L’historien espagnol Pio Moai conclut pour sa part à quelques 120 morts au maximum, après les investigations qui s’imposaient auprès des différentes administrations locales, notamment les sapeurs-pompiers, hôpitaux et services des sépultures. C’est ça l’histoire !

Par ailleurs, Guernica abritait, depuis 1913, une manufacture d’armes, de la célèbre (sauf sur RTL) et prestigieuse marque Astraii. Mais cachez ces armes que Calvi et Deutsch, en bien-pensants, ne sauraient voir.

Par ailleurs Pio Moa, remarque que Guernica, était un « nœud de communication capital » pour la retraite des troupes républicaines, les nationaux qui avançaient à leurs trousses ne se trouvant plus qu’à14 kilomètres de cette ville basque.

Enfin, Guernica, abritait également une caserne où se trouvaient trois bataillons de l’armée républicaine, « pas moins de 2 000 soldats »iii précise l’historien espagnol.

Le mensonge ou la gloire des communistes

RTL ne risque apparemment pas de voir menacé son droit d’émettre par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle ou ARCOM (successeur du CSA), épée de Damoclès dont on dit qu’elle se balance dangereusement au-dessus des têtes de C-news et d’Europe 1

La Mémoire, entretenue par les esprits forgés sur l’enclume de Karl Marx, enfants prodigues d’un capitalisme prêt à tuer le veau gras pour eux, ont toute leur place dans la société progressiste occidentales et wokiste, depuis qu’ils ne menacent plus la Bourse, si ce n’est par ce que l’on appelle plaisamment des paroles verbales dont on se rit à Wall Street.

Mémoire, avec un M comme mensonge souvent, à condition de ne pas contredire la vulgate. Ce qui compte, c’est le triomphe du Bien.

Mais, chers lecteurs, faites comme Soljenitsyne, faites que le mensonge, quand il se répand, ne passe pas par vous.

Éric Delcroix

iLes Mythes de la guerre d’Espagne, éditions de l’Artilleur, 2022, p. 467.

iiAstra Uncetta y Cia, manufacture qui survivra à la guerre civile, jusqu’à la fin du XXème siècle.

iiiPio Moa, pp. 462 et 463.

(2 commentaires)

  1. Excellent article de Mr Delcroix. Effectivement Luis Pio Moa dans son ouvrage capital qu’il faut avoir absolument lu, fait définitivement litière de ce mensonge communiste sur Guernica. J’ai eu l’honneur de l’interroger à deux reprises chez lui à Madrid, une première fois pour la RHE, entretien qui est paru en début d’année 2023 et aussi plus récemment pour la revue Reconquête du centre Charlier. Il a démontré pièces et discours à l’appui que ce sont les gauches espagnoles devenues révolutionnaires qui ont les premières attaqué les armes à la main les institutions de la IIeme république par le coup d’état d’octobre 1934. Elles refusaient que les droites qui avaient largement gagné les élections en novembre 1933 puissent gouverner. Modestement j’explique tout cela dans le livre que j’ai publié en 2021 chez Dualpha «  les trahisons des gauches espagnoles, du républicanisme au totalitarisme 1930/1936 ». N’oublions pas non plus les massacres communistes de novembre et décembre 1936 a Paracuellos de Jarama et à Torrejon de Ardoz ou des milliers de prisonniers politiques ont été conduits sur ces sites et assassines d’une balle dans la nuque et enterrés sommairement comme à Katyn, sous la direction du NKVD commandé alors par Orlov et le stalinien Santiago Carillo qui était le responsable de la police politique de la région de Madrid. Il faut aussi rappeler en permanence que le résultat des élections municipales d’avril 1931 qui a chassé le Roi et provoqué l’avènement de la république n’a jamais été ni établi ni publié comme l’indique l’historien anglais Hugh Thomas et que deux jeunes historiens espagnols ont démontré, sans contestation possible, dans un ouvrage publié en Espagne en 2017 que la « victoire » du frente popular en février 1936 résultait de fraudes décisives et qu’il n’aurait jamais dû avoir la majorité.

  2. Bravo à Eric Delcroix d’avoir remis les choses à l’endroit sur Guernica, gigantesque imposture. Egale d’ailleurs à celle de Picasso qui, pressé par le gouvernement républicain de donner « une représentation dramatique » du bombardement pour le pavillon espagnol de l’exposition universelle de Paris organisée quelques mois plus tard, bidouilla une toile qu’en mal d’inspiration, il avait abandonnée, et se contenta d’y apporter quelques retouches. Les flammes causées par les bombes furent ainsi ajoutées, ainsi que d’autres éléments actualisant et dramatisant le triptyque.

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