justice

Délit d’opinion à Alger, délit d’opinion à Paris

Le 19 mars le Parquet a requis devant le tribunal correctionnel d’Alger, contre Boualem Sansal, écrivain algérien naturalisé français, 10 ans de prison pour délit d’opinion ; ce même 19 mars, Vincent Reynouard, historien révisionniste français, a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris (XVIIème chambre) à 12 mois de prison ferme, lui aussi pour délit d’opinion.

M. Sansal a osé soutenir qu’une part de l’ouest algérien était historiquement marocain (en un temps où l’Algérie, création coloniale française, n’existait d’ailleurs pas) ; M. Reynouard a osé contester l’historicité de l’Holocauste, comme le faisait déjà Robert Faurisson, spécialiste emblématique de la question mais que la justice n’a jamais osé envoyer en prison…

Vincent Reynouard a aussi remis en cause la version officielle de la tragédie d’Oradour-sur-Glane, question dont il est probablement le meilleur spécialiste actuel.

Deux poids, deux mesures

Il n’y a pas à épiloguer sur la qualité des magistrats algériens là-bas et les magistrats français ici. Effectivement, on peut douter de l’indépendance politique des juges algériens qui exercent leurs fonctions sous le joug d’un régime despotique. Mais on se ferait des illusions en pensant que nos magistrats sont, intellectuellement et moralement, plus libres qu’eux. Comme les responsables des autres institutions françaises, Éducation nationale, universités ou du monde médiatico-politique ; tous sont formatés par l’égalitarisme des droits de l’homme indifférencié, fongible, individualiste et anti-raciste – ce que j’appelle le communisme boursier.

Les fondations de cet égalitarisme résident dans le Symbole (au sens religieux du terme de lumière de la Foi) de la Shoah, aussi toute « contestation », donc tout simple doute, dans ce domaine est-il interdit et, pour tout dire, dès-lors blasphématoire (article 24bis rajouté à la loi sur le presse du 29 juillet 1881, par la loi Fabius-Gayssot du 13 juillet 1990). Au début du siècle, dans le jugement de condamnation de l’un de mes clients, le tribunal correctionnel (VIème chambre) de Lyon avait écrit dans son exposé des motifs, de façon symptomatique : « le doute ce poison de l’esprit » ! Nietzsche n’avait-il pas raison de dire que ce qui rend fou ce n’est pas le doute mais la certitude ?

Cris et silence

Les protestations, bien légitimes, agitent notre vie publique, à gauche comme à droite, contre le sort promis à Boualem Sansal, mais, en revanche, sur celui fait à Vincent Reynouard soit la presse approuve brièvement les juges parisiens, soit et spécialement dans ce que l’on appelle la droite, on se réfugie au mieux lâchement dans le silence. Et ce n’est pas nouveau, d’autres délinquants d’opinion ont été dans les prisons françaises à bas-bruit, tels Alain Guionnet (1993-1994) ou Hervé Ryssen (2021).

Pour M. Sansal la prison est chose nouvelle, pour M. Reynouard, qui ne renie rien et fait face avec héroïsme, il avait déjà connu les geôles de la République, quasi un an (2018), puis de nouveau de nombreux mois en Écosse sur demande d’extradition française (2022-2023). L’Écosse s’est déshonorée en l’extradant pour délit de presse et alors qu’il n’y a pas (encore) là bas d’équivalent à notre loi Fabius-Gayssot. Le Danemark de la Libération, pourtant éruptif, avait, lui, refusé l’extradition de Céline… Autres temps autres mœurs.

Ici et maintenant, nos mœurs quant à la liberté de l’esprit sont le fruit de passions consternantes d’une grande médiocrité, partagée de Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon.

Serions-nous déjà moralement et intellectuellement morts ? Heureusement il y a encore un petit peu de vie… Au Nouveau Présent, à Breizh-info, Jeune nation ou à Rivarol et peut être quelques (rares) autres. Ailleurs, il ne se passe rien. Rien…

Vive la liberté !

Eric Delcroix

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