« Refaire société, remettre du commun » (François Bonneau)
Avez-vous déjà essayé de « refaire société » ? De « remettre du commun » ? Moi pas. D’ailleurs je ne vois pas très bien comment on peut « refaire du commun » alors que « commun » est un adjectif, à la rigueur un adjectif substantivé.
Disons qu’on peut remettre du cumin dans un potage aux légumes ou sur une pizza, mais certainement pas remettre du commun, là ou ailleurs. On peut aussi stocker son cumin dans les communs ? Mais sans plus. Quant à « refaire société », c’est une formule qui oublie l’article. On ne refait pas société, on refait la société ou une société.
L’auteur de ces grotesques formules s’appelle François Bonneau. C’est le président socialiste de la région Centre-Val de Loire. Cette incompétence linguistique et bébête est d’autant plus étonnante que Bonneau est un ancien professeur de lettres. Professeur de lettres modernes, d’après son CV. Ceci explique peut-être cela. Les deux expressions favorites du sieur Bonneau appartiennent apparemment à la novlangue que les wokistes de tout poil tentent de nous imposer.
J’ai relevé ces étonnantes expressions dans l’éditorial de Bonneau publié dans le magazine trimestriel publié par sa région. Son édito est d’ailleurs un modèle du genre langue de bois wokiste. Voici par exemple la longue tirade conclusive de son édito : : « Au moment où nous célébrons, à travers tout notre territoire, les Nouvelles Renaissances, il nous faut porter haut nos valeurs humanistes, notre si riche culture qui se réinvente en permanence, notre esprit entreprenant qui innove, notre manière de bien vivre ensemble dans un environnement préservé , au service de nos territoires dans leur, au service de l’égalité des chances pour chacune et chacun » blabla… blabla… blabla…
Intelligence artificielle
J’ai d’abord cru à un édito parodique, comme en réalisaient les farceurs du groupe Jalons, il y a une quarantaine d’années, ou un sketch de Dieudonné.
Mais l’explication est beaucoup plus simple : Le Magazine de la région centre Val-de-Loire est réalisé par l’intelligence artificielle (I.A.) et donc à moindres frais pour le contribuable (merci Bonneau !). Pour la rédaction de son éditorial, ont donc été introduits dans le logiciel quelques consignes et mots-clés : « socialisme » et « collectivisme » sans prononcer ces mot, « maçonnerie », sans le logo G.O. Pour le portrait de George Sand (dernière page), il a été demandé à l’I.A. de mettre en valeur les mots « féminisme », « lesbien ou lesbienne», « rebelle », « combats », « divorce », « républicaine », « égalité » ».
Le même numéro nous donne un alléchant portrait de Clément Sapin, le fils de l’ancien ministre, qui se rêve en député du coin, ou pour le moins maire d’Argenton-sur-Creuse. Mais à l’évidence ce portrait a été rédigé par Clément Sapin lui-même. Intelligence artificielle, je vous dis !
François Solchaga

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