Epstein

Ce que cache le cas Epstein

À première vue, on pourrait croire que les archives de Jeffrey Epstein révèlent seulement l’existence d’un petit groupe de personnes immensément riches et puissantes qui vivaient selon leurs propres règles, goûtant à tous les fruits défendus. En réalité, ces archives mentionnent des centaines de personnes aux origines géographiques et aux professions très variées : une foule bigarrée où les magnats côtoient des scientifiques, des politiques ou des cinéastes. Tous se caractérisent par une grande dépravation, dominés par les pires instincts, mais aussi par la conception des chimères les plus aberrantes.

À la recherche de la « race supérieure »

On a beaucoup parlé des adolescentes qu’Epstein recrutait pour assouvir les appétits infâmes de la clique qui fréquentait son île, mais on a accordé bien peu d’attention, par exemple, aux dîners qu’il organisait avec des experts en génétique (certains prix Nobel inclus), où l’on discutait de la création d’une « race supérieure » et où l’on défendait de nouvelles formes d’eugénisme ; ou encore aux recherches sur « l’amélioration de l’espèce humaine » financées par Epstein lui-même ; sans oublier – sur un plan plus trivial ou délirant – ces courriels échangés avec de prétendues sommités de Harvard discutant des méthodes pour cryogéniser son cadavre, avec une fixation particulière sur son pathétique pénis, qu’il souhaitait ressusciter pour continuer à « semer » son ADN sur l’humanité future.

Il ne fait aucun doute qu’Epstein, s’il n’était pas possédé, était en tout cas infesté. Et en même temps, c’était un pauvre type obsédé par la promesse de l’ancien serpent : « Vous serez comme des dieux. » Cet orgueil de l’homme qui se divinise et s’installe sur le trône divin est la grande tentation diabolique ; et c’était sans nul doute l’aspiration ultime de ce narcissique taré, qui avait conçu un plan d’insémination de femmes qui transformeraient son ranch en une « ferme à bébés » génétiquement évolués. […]

Bien que les médias de crétinisation de masse tentent de le dissimuler avec toutes sortes de pirouettes, Epstein et Ghislaine Maxwell n’étaient pas de simples maîtres-chanteurs cherchant à traire les mouches prises dans leur miel. La dépouille du père de Ghislaine, le sulfureux magnat Robert Maxwell, fut enterré de manière sacrilège au Mont des Oliviers à Jérusalem avec des honneurs d’État, lors de funérailles ou d’un sabbat auquel assistèrent Premiers ministres et hauts responsables des services secrets israéliens. Après sa mort, on apprit que Maxwell avait été agent KGB puis du Mossad pendant des décennies ; et il est évident que sa fille a « hérité » et poursuivi l’œuvre perverse de son père, utilisant le taré Epstein comme associé financier.

lnfestation démoniaque

Mais au-delà du fait que Donald Trump soit une marionnette entre les mains d’Israël (comme tant d’autres présidents américains avant lui, républicains comme démocrates), ce qui surprend est la « diversité » de la racaille qui se réunissait sur l’île d’Epstein. On y trouve la lie de toutes les idéologies et de tous les milieux de pouvoir ; comme si ceux qui ont conçu ce rayon de miel avaient voulu s’assurer que la vérité ne soit jamais connue ; car si cela arrivait, l’ordre mondial inique s’effondrerait entièrement.

Avec les archives Epstein, il arrivera finalement la même chose qu’avec la dernière crise économique : les conglomérats financiers étaient « trop grands pour tomber » et, pour éviter que leur chute ne fasse s’écrouler les châteaux en l’air de l’économie financière, toutes les calamités ont été répercutées sur l’économie réelle, qui souffre. Il en ira de même avec les archives Epstein: leur révélation complète démasquerait l’infestation démoniaque des élites qui nous gouvernent ; et leur révélation partielle ne servira qu’à nous faire accepter les aberrations les plus malignes comme le liquide amniotique de nos vies.

Beaucoup de gens, quand ils cherchent à localiser la dernière instance du mal dans les trames secrètes qui gouvernent le monde, ont besoin de recourir à de grotesques théories conspirationnistes et à des complots d’envergure universelle planifiés par des organisations secrètes, oubliant de remonter jusqu’à un complot encore plus secret et tentaculaire de nature surnaturelle. Comme l’écrivait Charles Baudelaire dans son journal intime : « La meilleure ruse du Diable est de nous persuader qu’il n’existe pas. ».

Juan Manuel de Prada

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