Marine

Le RN obtiendra-t-il un prêt pour la campagne de 2027 ?

Seconde mère de la démocratie après Athènes, la République française se pique d’égalité pour tous. N’empêche qu’à moins d’un an de la prochaine présidentielle, le Rassemblement national n’a toujours pas obtenu des banques françaises ou basées dans l’Union européenne (condition exigée pour faire valider un compte de campagne), le prêt destiné à financer ladite campagne.

On se souvient qu’en 2017, c’est d’un crédit accordé in extremis par une banque tchéco-russe qu’avait bénéficié Marine Le Pen, pourtant assurée de dépasser les 10% des suffrages, ce qui valut à la candidate dite d’extrême droite d’être traitée de suppôt du Kremlin. Et en 2022, alors que tous les sondages la donnaient présente au second tour de la « reine des élections », c’est à une banque hongroise qu’elle dut son salut.

Rien pour une « idéologie aussi radicale » !

Mais les récentes législatives ayant été fatales au Premier ministre Viktor Orban, que Marine Le Pen était allée soutenir à la veille de ces élections, le RN n’a cette fois rien à attendre de Budapest. L’impasse semble donc totale alors même que certains augures estiment possible la victoire de ce pari en mai 2027.

Perspective horrifiante pour le patron de la MAIF, Pascal Demurger, indigné par « la respectabilité et la crédibilité technique » conférées par ses pairs aux tenants d’une « idéologie aussi radicale » (sic) au « risque d’accélérer sa victoire ». « L’Histoire a besoin de notre clairvoyance et de notre résistance », a conclu avec grandiloquence le 26 avril sur BFM le président de la puissante mutuelle.

Pour sa part, Daniel Baal, président de la Fédération bancaire française et dirigeant du Crédit mutuel interrogé le 29 avril par BFMTV, estimait « problématiques » les « difficultés d’accès du RN au crédit bancaire » pour financer sa campagne présidentielle. Difficultés dues moins à la frilosité qu’à une hostilité manifeste puisque l’État rembourse automatiquement les frais engagés par tout parti politique ayant obtenu au moins 5% des voix et la validation des comptes de campagne.

Que le Rassemblement national soit ou non devenu le Renoncement national, comme l’ont rebaptisé des militants écœurés par son alignement politique, géopolitique et sociétal, un minimum d’équité doit jouer en sa faveur. Rappelons qu’en 2017, quasiment inconnu du grand public et n’ayant jamais participé à une élection, un certain Macron, il est vrai ancien associé-gérant de Rothschild, avait obtenu sans coup férir un prêt bancaire de 11 millions d’euros pour mener la campagne d’En Marche — vers l’Élysée.

La Rédaction

Un commentaire

  1. Il y a quelques heures à Mâcon, Jordan Bardella a récité les leitmotive entendus depuis quarante cinq ans par le FN devenu RN mais il sait pourtant, comme député européen lui-même, que sans se séparer de l’Europe de Bruxelles, un gouvernement français chapeauté par un président RN ne pourra jamais mettre en œuvre le programme de réformes annoncé durant ce énième meeting.
    Quant au financement de sa campagne pour 2027, les Chinois seraient peut-être intéressés…mais à quel prix ?

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