ISraël

L’Occident continuera-t-il à fermer les yeux sur les colonies sionistes ?

Alors que, le 10 août, le gouvernement Netanyahou annonçait dans un communiqué le dépôt par la Commission israélienne de planification et de construction en Cisjordanie occupée du plan de la nouvelle colonie« Nofei Rachel » couvrant environ 276,7 acres à proximité de logements palestiniens et comportant « plus de 650 logements » destinés à de nouveaux colons — projet qui n’a suscité aucune réaction en France —, il nous a paru intéressant de reproduire ce texte d’Abdullah Muradoğlu publié par le site turc yenisafak.com.

L’« Occident » porte lui aussi une responsabilité dans l’expansion progressive des colonies illégales en Cisjordanie occupée par Israël. Les régimes occidentaux ont toujours évité de prendre des mesures susceptibles de dissuader Israël ou de lui imposer des sanctions. Les aides provenant de l’Occident jouent un rôle important dans le maintien des colonies sionistes illégales.

Les régimes occidentaux qui prétendent défendre la solution à deux États ne se contentent pas de fermer les yeux sur la disparition du terrain nécessaire à la création d’un« État de Palestine », ils y contribuent.

Aux États-Unis, les campagnes destinées à financer les colonies illégales ou à recueillir des dons au profit d’organisations de colons existent déjà depuis longtemps. Dans un article publié le 6 août dans Foreign Affairs, la revue du Council on Foreign Relations (CFR), Michael Fuchs soulignait que le soutien américain encourageait Israël à procéder à une annexion progressive de la Cisjordanie et sapait les espoirs de paix des Palestiniens par une oppression systématique. Michael Fuchs n’est pas n’importe qui : il a occupé de hautes fonctions à la Maison-Blanche et au département d’État sous les administrations Obama et Biden.

Dans cet article, Fuchs attirait l’attention sur le fait que le soutien américain était devenu un « chèque en blanc ». Pour Israël. Il écrivait : « Ces dernières années, ce soutien a permis à Israël de mener à Gaza une action qu’une commission d’enquête de l’ONU a qualifiée de ‘génocide’. »


Le soutien occidental à Israël sous pression


En ce qui concerne le Royaume-Uni, Declassified UK avait révélé au début de cette année que plus de 2 000 citoyens britanniques avaient servi dans l’armée israélienne pendant le génocide à Gaza. Des plaintes déposées indiquaient que dix citoyens britanniques, dont des binationaux, avaient commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité alors qu’ils combattaient à Gaza pour le compte de l’armée israélienne (IDF).

Parmi les accusations visant ces soldats figuraient des crimes internationaux tels que « l’homicide intentionnel, le génocide, les attaques contre des civils ainsi que la déportation ou le transfert forcé de population ».

La Metropolitan Police de Londres (Met) avait dans un premier temps limité le champ de son examen à quatre citoyens britanniques pouvant être identifiés. En avril 2026, elle avait toutefois informé les plaignants qu’aucune enquête pénale ne serait menée. Mais le mois dernier, la police londonienne a changé de position en annonçant qu’une« nouvelle étude visant à déterminer le périmètre de l’affaire » serait menée concernant ces quatre citoyens britanniques. Cette évolution montrait que la pression de l’opinion publique commençait à produire des effets.

Par ailleurs, il est également connu qu’un grand nombre de citoyens américains ont servi comme soldats dans l’armée israélienne et participé au génocide à Gaza. De même, au Royaume-Uni, les plaintes concernant les aides financières versées à des colons sionistes illégaux par l’intermédiaire de prétendues organisations caritatives avaient auparavant été écartées. Mais dans un article publié le 5 août, Declassified UK indiquait que la Charity Commission avait ouvert une enquête contre huit organisations accusées d’avoir transféré des millions de livres sterling aux colonies illégales. Pour une raison inconnue, la Commission garde toutefois secrète l’identité de ces huit organisations.

Declassified a qualifié cette évolution de « mesure sans précédent ». Commentant cette décision, le député travailliste Grahame Morris déclarait :« L’idée que les contribuables britanniques puissent financer une organisation qui aide des personnes à s’installer dans des colonies israéliennes illégales en Cisjordanie m’horrifie. » Abtisam Mohamed, députée travailliste et membre de la commission des Affaires étrangères du Parlement britannique, indiquait pour sa part qu’il existait des preuves montrant qu’au moins 32 organisations caritatives finançaient les colonies illégales. Abtisam Mohamed estimait que la Commission devait enquêter sur toutes les organisations apportant un soutien financier aux colonies illégales.


Les financements des colonies sionistes dans le viseur

Les groupes sionistes, qui disent craindre une interruption des aides financières aux colonies illégales, demandent à Israël d’intervenir auprès du gouvernement britannique. Selon les sionistes religieux, ces enquêtes risquent de compromettre les efforts internationaux de collecte de dons et menacent la stabilité financière des

« écoles de Torah » des colons en Cisjordanie.Il est indiqué que ces enquêtes sont liées à la reconnaissance par Londres de l’État de Palestine ainsi qu’à sa politique interdisant tout soutien aux activités liées aux colonies illégales. L’aile résolument pro-israélienne du Parti travailliste œuvre quant à elle pour que ces enquêtes n’aboutissent pas.

Comme aux États-Unis, il apparaît qu’au Royaume-Uni aussi, l’évolution de l’opinion publique défavorable à Israël ne peut plus être facilement ignorée. En Occident, le soutien à Israël commence à devenir un sujet politiquement « brûlant ».

Abdullah Muradoğlu

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