Et si finalement François Bayrou avait raison de sonner le tocsin : 2027 pourrait assurément être une année « apocalyptique » avec, comme il l’assure, « le risque maximum (d’) un deuxième tour entre l’extrême droite et l’extrême gauche » à la prochaine élection présidentielle. « Une catastrophe », comme il dit… Oui, assurément, mais… pour qui ?
Pour la démocratie, avec une captation brutale ou progressive de tous les pouvoirs par Marine Le Pen ou par Jean-Luc Mélenchon si l’une ou l’autre accédait à l’Élysée ?
Peu réaliste ! Ce premier quart de XXIe siècle ne ressemble guère à ce qu’était l’entre-deux guerres du siècle dernier où les opinions publiques se laissèrent séduire par le communisme ou par la « lueur immense et rouge » du fascisme, selon la formule de Robert Brasillach…
On doute par ailleurs que le Rassemblement national ou que la France insoumise enchante suffisamment nos forces militaires autant que policières pour que celles-ci se plient complaisamment à quelques noirs dessins de leur part ; moins d’ailleurs par obsession pour les libertés démocratiques que par les désormais sacro-saintes exigences citoyennes de l’époque : les 35 heures, RTT et congés payés pour les uns, autant que le burn-out, les arrêts maladies et les matchs de foot pour les autres ne laissent guère de temps pour soutenir des coups d’État, de quelques extrêmes soient-ils.
Non, si catastrophe il devait y avoir en cas de victoire RNiste ou LFiste, ce serait à l’évidence pour les faillis du système, naguère connus sous le nom d’UMPS et qui regroupent aujourd’hui les derniers des mohicans socialistes, centristes et droite macrono-compatibles qui n’ont d’autres obsessions que de conserver coûte que coûte – et surtout « quoi qu’il en coûte » – leurs privilèges sous les ors de la République.
Car au-delà de savoir si, accédant à la tête de l’État, Jean-Luc Mélenchon instaurera ou non, volontairement ou contre son gré, la Première République islamique française, ou si Marine Le Pen tiendra ou non tout ou partie de ses promesses électorales, il est probable, sinon certain, que l’un ou l’autre installeront « les leurs », c’est-à-dire ceux qui les ont soutenus, officieusement ou officiellement, aux places occupées depuis si longtemps par tous ceux que justement François Bayrou entend « rassembler » pour leur éviter à vie le RSA.
Adieu veau, vache, cochon, poulet, canard, dindon…
Aucune reconversion professionnelle n’étant à l’évidence envisageable pour eux !
Philippe Randa
