D’un côté : un démarrage poussif, des sondages peu flamboyants, des petites phrases assassines du plus mauvais effet entre les deux principaux candidats du Bloc Central (1) et surtout deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron plombés par un bilan calamiteux et indéfendable (2).
De l’autre : un Mélenchon toujours aussi redoutable lorsque la présidentielle pointe le bout de son nez et une Marine Le Pen (MLP) qui semble intouchable au premier tour et donnée vainqueur au second (3).
La branche hexagonale de la ploutocratie transnationale acceptera-t-elle de voir le duel final se jouer entre la candidate du Rassemblement National et celui de LFI ? La réponse coule de source : bien évidemment, non.
La question qui se pose d’emblée est donc celle-ci : combien de temps mettront les oligarques et leurs fondés de pouvoir à signifier au Young Global Leader du Forum de Davos Gabriel Attal et au Young Leader de la French-American Foundation (FAF) Édouard Philippe, que la récréation est terminée et que leurs rêves élyséens sont d’ores-et-déjà envolés ?
Vers une opération de sauvetage nommée Lecornu ?
Les argumentaires doivent être déjà prêts au sein des cénacles globalistes : « Cher Édouard, cette campagne pourrait s’avérer compliquée pour toi. Je serais triste de te voir « filloniser » en raison du potentiel scandale de la Cité numérique du Havre (4) voire de ta gestion des deniers publics lors de ton premier mandat havrais. Tu sais Mediapart et Le Canard enchaîné sont absolument sans pitié.
Ne t’inquiète pas tu rebondiras. Nous avons déjà envisagé plusieurs portefeuilles régaliens pour toi dans le premier gouvernement du prochain quinquennat« .
Pour Attal : « Gaby, tu as toute la vie devant toi. Ton tour viendra forcément. Mais pas cette fois. Et n’oublie pas que Juan Branco n’attend qu’une chose : que tu sortes du bois pour tirer à vue. Ne sois pas pressé.« .
Et enfin pour Lecornu : « Bon Sébastien c’est toi qui dois y aller. Tu n’es pas grillé comme Gaby et Édouard. Nous expliquerons aux Français que tu n’avais pas les coudées franches et que tu as dû composer – avec talent – avec une Assemblée Nationale totalement fragmentée. Nous louerons ton sérieux, ton abnégation, ta capacité d’écoute et de dialogue etc. Les boomers adorent ça et ça rassure les cadres sup’ du tertiaire. Nous en aurons besoin pour le second tour. Les éditos sont déjà prêts au Point et à l’Express. Même le groupe Bolloré sera indulgent, rassure-toi. De plus, nous allons te présenter comme le plus à même pour faire face aux ingérences russes puisque tu as déjà écrit un livre consacré à la guerre qui vient (5)« .
Au-delà de ce petit exercice de politique-fiction, il n’est pas interdit d’imaginer que dans les coulisses les choses ressemblent vaguement à cela. Voire y ressemblent très nettement.
Maurice Gendre
1) Dans un monde à l’endroit, Edouard Philippe et Gabriel Attal raseraient les murs, demanderaient l’asile auprès d’Ursula von der Leyen et se couvriraient la tête de cendres. Mais en France en 2026, ces deux anciens Premiers ministres, s’estiment dignes et légitimes pour concourir à la magistrature suprême.
2) Bilan en vrac et non-exhaustif de ces deux figures du socle centro-bourgeois, comme député et comme Premier ministre, ainsi que de tous leurs collègues macronistes : instauration de la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires, forte augmentation de la taxe sur les carburants (TICPE), Gilets Jaunes éborgnés, mutilés, estropiés, personnes âgées « rivotrilisées » dans les EHPAD, familles empêchées de se rendre aux obsèques de leurs proches durant le funeste épisode-Covid, libertés fondamentales (de déplacement, de réunion, d’expression) bafouées, 1000 milliards de dettes en plus depuis 2017 (avec la participation amicale de Bruno Le Maire), un déficit abyssal, une hausse gravissime de la charge de la dette, des millions d’allogènes extra-européens supplémentaires installés sur le sol de France, une situation sécuritaire cataclysmique, la paysannerie sacrifiée (Mercosur, Green Deal), poursuite de la désindustrialisation et de l’effondrement du système scolaire (classement PISA) etc.
Toutefois, on admettra sans peine que le CV de Gérald Moussa Darmanin est encore pire que celui des deux précédents. Et lui aussi s’est imaginé un destin présidentiel avant de se rallier à la candidature du Bilderberger, Édouard Philippe.
Pour rappel : Darmanin est celui qui était ministre de l’Intérieur lorsque la petite Lola a été tuée par l’OQTF algérienne Dahbia Benkired et c’est aussi celui qui était Garde des Sceaux lorsque Lyhanna a subi le même sort que Lola de la part du pédocriminel Jérôme Barella.
Moins grave mais inexcusable malgré tout : c’est toujours le même Darmanin qui est à l’origine de la circulaire qui limita drastiquement le droit de rassemblement et de réunion du camp national, c’est encore lui qui tenta de faire endosser la responsabilité des agressions commises par la racaille allogène du 93 aux supporters des Reds lors de la finale de la Ligue des Champions au Stade de France, c’est ce même Darmanin qui essaya piteusement de mettre en accusation « Kévin et Mattéo » pour les émeutes de juin-juillet 2023 après la mort de Nahel Merzouk, c’est toujours le même Darmanin qui s’embourba pitoyablement dans le dossier de l’imam fondamentaliste Iquioussen et c’est encore et toujours lui qui fit la démonstration de son absolue nullité dans la gestion de la crise de l’Ocean Viking.
3) Depuis quelques années, MLP est systématiquement créditée dans les enquêtes d’opinion de scores extrêmement flatteurs qui s’avèrent beaucoup plus modestes l’échéance venue. Plusieurs raisons endogènes et exogènes expliquent cela : d’une part sa faiblesse parfois insigne dans les débats, son obsession à jouer le 2nd tour avant d’avoir passé le premier, la confusion dans son esprit entre « dédiabolisation » et « normalisation », bref sa capacité jamais démentie à se vautrer toute seule comme une grande et d’autre part elle est aussi victime de son patronyme (malgré tous les gages donnés aux Klarsfeld et à la clique jabotinskiste), du réflexe pavlovien antifasciste des castors (les tenants du « barrage républicain ») et des tirs croisés du Complexe médiatico-parlementaire (universitaires, patronats, syndicats, magistrats, artistes etc.).
4) A la demande du Parquet national financier, un juge d’instruction enquête depuis quelques mois sur la gestion de la Cité numérique du Havre, un tiers-lieu d’innovation confié à une association. Au menu des réjouissances : détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d’intérêts et concussion.
5) Vers la guerre ?, ouvrage publié chez Plon.
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