émeutes

La sinistre farce de la« représentativité lycéenne »

Les vacances de la Toussaint achevées, les lycéens vont-ils réintégrer leur bahut pour étudier et tenter de rattraper le temps perdu depuis septembre ? Ou bien plutôt pour le bloquer (voire y multiplier les dégradations) comme, malgré la disparition de Parcoursup promise par le Pouvoir, le préconisent les « syndicats lycéens » dont les médias se disputent les leaders, d’ailleurs souvent allogènes ?

Élections boudées et surtout pipées

Professeur de philosophie, et syndicaliste au sein du syndicat Action & Démocratieaffilié àla CFE-CGC et dont il est vice-présidentetporte-parole national, l’agrégé René Chiche est surtout connu pour son livre La désinstruction nationale (Éd. Ovadia 2020). Un essai plutôt explosif où cet adversaire du « pédagogisme » régnant depuis des décennies en haut lieu déplorait l’effondrement du niveau scolaire, véritable entreprise de« non-assistance à une jeunesse en danger », puisque l’école publique « n’accomplit plus sa mission première : transmettre les savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter, penser) ». Ce qui lui valut en 2023 d’être accusé de « propos injurieux, outranciers et complotistes » par le ministre de l’Éducation nationale, le pourtant réputé « droitiste » Blanquer, et exclu pour trois mois (sans salaire) du lycée où il enseignait.

Or, ce spécialiste du monde scolaire et de ses arcanes vient d’affirmer sur X :

« Qui sont les représentants des lycéens ? Primo, il n’y a pas de “syndicats lycéens” : ce sont des associations.

« Deuxio, les quatre représentants des lycéens au Conseil supérieur de l’Éducation élus en 2025 étaient sur des listes soutenues par une seule de ces associations : « Les Lycéens ! ». Élus par qui ? 1 356 grands électeurs lycéens, dont seulement 462 ont voté. La liste arrivée en tête a obtenu… 167 voix. Précisons que cette élection a été annulée par le tribunal administratif de Paris le 30 juillet 2026, pour une irrégularité susceptible d’avoir faussé le résultat.

« Tertio, nul ne connaît le nombre réel d’adhérents de ces associations. L’Union syndicale lycéenne, si mal nommée et par ailleurs très proche de la FSU, en revendique 3 500, chiffre cependant invérifiable. L’association “Les Lycéens !”, qui ne donne aucun nombre d’adhérents, indique que « plus de 100 lycéens s’engagent » en son sein… Quant à Renouveau lycéen, aucun chiffre public vérifiable non plus.

« Pour mémoire, il y a 2 261 100 lycéens en France. La “représentativité” des “syndicats” lycéens » est donc 0,02%… Fin de la blague. »

Des profs dévoyés

Si les chiffres donnés par M. Chiche sont exacts (et les très graves accusation qu’il portait contre le « Mammouth » dans La désinstruction nationale n’ont jamais été démenties), ils mériteraient d’être connus du plus grand nombre. La « blague » à l’origine des émeutes subies depuis le 17 octobre a en effet coûté une fortune à la communauté nationale —1,3 milliard d’euros de destructions avant même l’acte 3 du mouvement samedi dernier — et fichu en l’air l’année scolaires puisque nombre d’établissements ont été dégradés et pillés, ou même totalement incendiés tel le très récent lycée Nelson Mandela (!) attaqué et totalement incendié à Nantes « par un groupe d’individus cagoulés majoritairement extérieurs à l’établissement » ; ce qui signifie qu’une partie des incendiaires au moins étaient des lycéens.

Mais faut-il s’étonner d’un comportement aussi aberrant de ceux-là mêmes qui chialent sur leurs mauvaises conditions de travail quand certains de leurs enseignants les poussent à la chienlit, dont ils se proclament solidaires et qu’ils attisent ?

« Désobéissance — Profs en résistance » et « On désobéira — Profs antifas » : voilà les poétiques slogans peints au pochoir qu’on peut lire sur les trottoirs de Paris (Grands Boulevards notamment) et de nombreuses autres villes. Sans doute une minorité, mais agissante. Comme leurs élèves que ces bolchos excitent, aux applaudissements de journalistes et de politiciens complices. Dans l’espoir de « faire échec à l’extrême droite »… mais aussi de disposer d’une force de manœuvre obéissante et déjà bien aguerrie en cas de victoire des « fâchos » à la présidentielle.

Claude Lorne

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