La « une » du quotidien monopolistique local, ce dimanche, de La Nouvelle République, était très militante, jugez-en plutôt : « Indre : tous unis contre le racisme ». Dans ce département de 220 000 habitants, la manifestation de Châteauroux se voulait en effet la grande et unique (pour le département) démonstration de force.
Il faut dire que près de 50 organisations avaient appelé à venir manifester, ici comme dans d’autres préfectures. Les plus mobilisés, parmi les 50 : la CGT, avec leur banderoles rouges, le PC « F », LFI, bien entendu, les jeunesses communistes, les trotskistes du NPA, le groupuscule de François Ruffin, des socialistes, aussi, connus localement, et comme à l’accoutumée les inénarrables Ligue des Droits de l’Homme, Libre Pensée, entre autres.
Les médias régionaux avaient scrupuleusement relayé les appels à battre le pavé.
Mais disons-le tout de suite : les 50 organisations d’extrême gauche ont été quelque peu déçues au vu d’une mobilisation qui s’est révélée incroyablement faible. Aziliz Le Berre, la journaliste de la N.R., préposée à la couverture de cette grande journée, semblait bien déçue, elle aussi et faisait grise mine. Encore a-t-elle réussi à compter « plus de 150 personnes ». Moi, je n’en ai compté que 126, soit un demi-antifaciste sur mille habitants ! Dans tout l’Indre, il n’y aurait donc qu’une toute petite poignée d’antiracistes et d’antifascistes ? ça fait peur ! On est mal !
Au même moment, un rabbin était agressé dans les rues d’Orléans, la capitale régionale. Quel symbole ! Agression antisémite ? Non car Mélenchon a eu des formules définitives sur le sujet : « Qui vous êtes, vous, pour parler de ça ? »
Agression tout simplement raciste ? Non, puisqu’il s’agissait d’un rabbin blanc. Or comme chacun sait, le racisme antiblanc n’existe pas. Agression fasciste ? Le peu d’empressement à donner des informations sur les motivations de l’agresseur laissent supposer – comme à chaque fois – que cet agresseur n’était sans doute pas un skinhead porteur de tatouages néo-nazis (cela fait d’ailleurs des dizaines d’années qu’on n’en voit plus en France, sauf dans les téléfilms des chaînes publiques).
A la vérité, la marche contre le racisme et le fascisme a démontré, à Châteauroux, comme dans le reste du pays, que ce double thème de la menace fasciste et raciste ne mobilise plus guère qu’à l’extrême gauche, et ne suscite l’enthousiasme que dans les médias d’extrême gauche (L’Humanité, Politis, La Nouvelle République…).
Car les seuls racistes aujourd’hui semblent bel et bien se situer à l’extrême gauche. Et si les vaillants marcheurs de ce 22 mars ne peuvent être qualifiés de fascistes (puisqu’ils hurlaient en chœur : Sciamo tutti antifascisti), en revanche le néo-stalinisme se porte de mieux en mieux, avec ses traditionnelles violences, et un antisémitisme digne du petit père des peuples. Une bonne nouvelle, toutefois, pour les 126 marcheurs de Châteauroux : comme ils ont été largement photographiés, notamment par la police – mais pas seulement-, ils auront un alibi pour l’agression du rabbin d’Orléans. Ouf !
Agathon

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