low angle view of a statue

Sursis pour l’allogène agresseur de gendarmes mais prison ferme pour les écrivains dissidents

Le 10 décembre dernier dans le Calvados, les gendarmes sont appelés pour calmer un homme surexcité, et fortement alcoolisé, qui menace les gens avec un couteau. Après avoir salué les militaires d’un « Sales Français, toi ! », l’énergumène — en situation irrégulière sur notre territoire — continue de les injurier, leur donne des coups de pied, leur crache au visage et brandit son couteau. Lors de son transfert mouvementé, il agresse une gendarme : «Je nique les Françaises et toi tu es une grosse pute française ». Ajoutant ainsi le sexisme au racisme, mais les militantes féministes restent coites.

Déféré le 22 janvier devant le tribunal judiciaire de Caen pour «outrage, rébellion et violences sur des personnes dépositaires de l’autorité», l’allogène nie formellement les faits qui lui sont reprochés puis, confronté aux images prises par les gendarmes lors de son arrestation, affirme « ne se souvenir de rien ». Verdict : 6 mois de prison avec sursis et interdiction de port d’arme durant trois ans. Soit la peine requise par le parquet.

Pourtant, selon Ouest-France, « lors de l’audience, la procureure s’est indignée de son comportement injurieux et violent envers les gendarmes ». Qu’aurait-ce été si la magistrate n’avait pas été « indignée » ? Sans doute aurait-elle demandé la relaxe du prévenu avec les applaudissements du jury.

Certes, les prisons sont pleines. Mais l’essayiste Hervé Ryssen n’en tira pas moins dix-sept mois de prison ferme dans la sinistre centrale de Fleury-Mérogis (sans parler de très lourdes amendes), non pas pour violences mais pour de simples propos ou écrits réputés « antisémites, négationnistes et incitation à la haine » — voir liste de ses ouvrages sur sa notice Wikipédia).

Il est vrai que Ryssen n’est pas en situation irrégulière comme le francophobe déchaîné jugé à Caen, mais catalogué extrémiste de droite.

Et le pire est à craindre pour un autre essayiste et historien dissident, Vincent Reynouard. Déjà détenu onze mois durant dans la prison d’Édimbourg sur demande de la France qui exigeait son extradition du Royaume-Uni, il a passé il y a une décade près d’une journée en garde à vue à Paris et sera bientôt derechef placé en garde à vue avant une possible incarcération.

C’est beau, c’est grand, l’« État de droit ».

Claude Lorne

Un commentaire

  1. Pendant des décennies, ayant beaucoup plaidé pour des policiers et gendarmes outragés, blessés voire frappés, j’ai souvent vu et entendu des magistrats fustiger à l’audience le prévenu, mais trop souvent leurs sanctions étaient ensuite inversement proportionnelles à leurs déclamations d’audience. Peur d’être traités de racistes ? Crainte de ne pas être dans les clous du juridiquement correct ? Je ne saurais exactement l’expliquer mais je l’ai plusieurs fois constaté

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