Et une « tribune » de plus, une ! Publiée, celle-ci, dans l’hebdomadaire au titre éponyme du dimanche et dont le site 20 Minutes, entre autres, se fait l’écho. Elle concerne les « violences sexuelles », exclusivement faites aux femmes, puisque celles faites aux hommes ne semblent guère retenir l’intérêt des signataires, obsédées par la seule culpabilisation de ces derniers.
En effet, de Laura Smet à Anne Roumanoff en passant par Caroline Roux et la désormais incontournable icône de la cause féministe Gisèle Pélicot, on « s’indigne » et on « s’interroge » que, « partout, les hommes attaquent les femmes. »
Et de citer, dans un effarant mélange disparate et incohérent, « “Petites filles [afghanes] de 8 ans [qui] ont le droit de se taire et d’être mariées à des adultes”, cheveux coupés “de têtes de femmes massacrées en Iran au cours des manifestations de ces derniers mois”, une proposition de loi déposée aux États-Unis pour accorder un “permis de tuer” les femmes qui avortent, affaire Lyhanna… »
Selon l’adage populaire que « qui ne dit mot, consent », c’est donc la moitié (grosso-modo) de l’humanité(1) qui est un danger pour l’autre moitié, les hommes acceptant, quand ils ne les commettent pas, les horreurs, énumérées au paragraphe précédent, faites à un sexe décidément considérée une bonne fois pour toute comme « si faible ».
Et encore « énumérée » pour partie seulement, la liste étant non-exhaustive des heurs et malheurs qui lui est continuellement infligé.
Fort de ce constat, je ne peux donc pour ma part que m’indigner, comme sans doute quelques milliards d’autres hommes sur la planète, d’un tel amalgame… et de la bêtise frôlant l’indignité d’une telle pétition.
Non seulement, je crois qu’elle ne sert en rien la cause des femmes, mais plutôt bien davantage la notoriété des signataires d’une telle tribune. Ignorant les carrières ou les situations personnelles de ces dernières, je n’en vise aucune en particulier, mais soupçonne fortement que certaines d’entre elles sont motivées par des intentions fort peu désintéressées : un « coup de pub » à peu de frais étant toujours bienvenu pour relancer une carrière, améliorer les ventes d’un livre ou obtenir plus rapidement ou plus certainement une promotion professionnelle…
Toutefois, découvrant qu’il y aurait eu « une proposition de loi déposée aux États-Unis pour accorder un “permis de tuer” les femmes qui avortent », j’ai vérifié ce qu’il en était, tellement cela m’est apparu surréaliste.
Pour cause ! Cette information fait référence à un projet de loi en Caroline du Nord, le « House Bill 1232 », déposé le 13 mai 2026 par le républicain Keith Kidwell. RTS (Radio Télévision Suisse) a remis les pendules à l’heure en indiquant que si « le texte propose de définir la vie humaine “dès le moment de la fécondation” et de qualifier toute interruption de grossesse de “meurtre au premier degré”. Le point le plus explosif, c’est un article stipulant que “toute personne a le droit de défendre sa propre vie ou la vie d’autrui, même en ayant recours à la force létale si nécessaire”. Une phrase interprétée comme un “permis de tuer” celles qui avortent (mais) malgré la teneur radicale du projet, l’affirmation selon laquelle cette loi va “permettre de tuer” est fausse. Le projet existe, mais sa chance d’être adopté est quasi nulle. »
Enfin, des esprits chagrins pourraient s’étonner, sinon s’indigner à leur tour, que dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, il ne soit jamais fait mention du nombre de fœtus de sexe féminin de fait « éliminés » lors des avortements provoqués dans le monde entier.
Depuis 2010, ceux-ci sont estimés, selon planning-familial.org, à 56 millions par an.(2) Si un sur deux concerne un fœtus féminin, cela fait arithmétiquement 28 millions d’éliminations !
Un record de féminicide absolu, toutes catégories de « violences sexistes et sexuelles confondues » !
Philippe Randa
Notes
(1) Globalement, dans le monde, le nombre de femmes et d’hommes est quasiment équivalent : 3 976 648 milliards d’hommes en 2021 pour 3 932 647 femmes.
(2) En hausse par rapport aux années 90 (50 millions par an), en raison principalement de la croissance démographique.








