Comment faire oublier le manque de matériel (entre 5 et 7 canadairs sur 12 prêts à voler en même temps selon les périodes de maintenance obligatoire et les nouveaux Canadairs annoncés n’étant pas prévus avant… 2033 !!!)…
Comment faire oublier le manque de moyens (les effectifs de l’Office national des forêts sans cesse rabotés depuis vingt ans : « En 1986, l’ONF comptait 16 000 personnes. Les effectifs sont tombés à 12 000 personnels en 1999, pour atteindre aujourd’hui “7 611 personnes auxquels on a ajouté 500 apprentis en 2025”, déplore Loukas Benard, secrétaire national de la CGT forêt à l’ONF », rapporte le site bonpote.com), comment faire oublier la prolifération des normes environnementales qui freinent, voir empêchent, débroussaillages ou pare-feux – sans oublier certaines associations écologistes obsédés d’improbables « écosystèmes » désormais de plus en plus incompatibles avec l’augmentation de la population… ou encore comment faire oublier le mépris affiché de la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, désormais surnommée « Madame Transat » pour « gérer » la crise des incendies depuis l’abri de sa villa de vacances dans le Var ?
Comment ? Mais par la dénonciation du complotisme, évidemment ! Bien utile en temps de crise. Autrefois, on inquiétait l’opinion publique avec une fantômatique « Cinquième colonne » sensée démoraliser le peuple en diffusant de fausses informations ; aujourd’hui, c’est la « rumeur complotiste » qui « indigne » le Premier ministre Sébastien Lecornu.
En l’occurrence, celle que certains habitants du Porge, commune de Gironde la plus dévastée par les récents incendies (183 habitations détruites sur 240), propagent en affirmant que « Le Porge a été sacrifié sur l’autel de la presqu’île (du Cap Ferret). »
À propos de ce collectif (plus de 700 habitants de la commune) qui s’est constitué pour engager des démarches judiciaires afin de dénoncer la chaîne de responsabilités, Nathalie Augonnet, adjointe au maire du Porge a déclaré au Parisien – que « ce collectif est légitime, non seulement sur ce sujet de l’évacuation, mais aussi sur celui de l’attitude des pompiers. À part ceux du Porge, tous les autres ont soudainement cessé le combat pour aller défendre le Cap Ferret. »
Polémique inévitable, justifiée ou non, mais on doute bien évidemment qu’il n’y ait jamais eu d’écrits ordonnant aux pompiers de « délaisser » telle zone pour telle autre, quel qu’en soit le motif… et que si des responsables ont effectivement préféré voler au secours de tel secteur au détriment de tel autres, les preuves matérielles feront immanquablement défaut.
Quoique finalement, en Macronie, l’improbable n’est jamais impossible. Dix ans de douloureuses expériences quotidiennes l’ont amplement démontré.
Philippe Randa
