Une section du Tribunal Suprême espagnol vient de condamner l’ex ministre des transports José Luis Ábalos à 24 ans de prison, pour des délits d’appartenance à une organisation criminelle, corruption, détournement de fonds publics et trafic d’influence. Son ancien conseiller, Koldo García, pour les mêmes infractions à 19 ans d’emprisonnement, et Victor de Adalma, chef d’entreprise, qui avait collaboré avec les enquêteurs, à 4 ans et demi d’incarcération. Pour ce dernier, et compte tenu de sa coopération qui a permis de démêler cette affaire des plus complexes, sa peine a été suspendue. Les deux autres sont déjà en détention provisoire. Selon la loi espagnole, la durée effective des peines de prison serait respectivement de 16 et 15 ans.
Le verdict a été rendu à l’unanimité des six juges. En échange de l’attribution de contrats portant sur l’achat de près de 13 millions de masques pendant la pandémie, Ábalos avait obtenu des compléments de salaire mensuels, le paiement de vacances, des cadeaux pour ses maîtresses, et même le paiement de prostituées.
Les 3 condamnés auraient donc constitué une organisation criminelle : Ábalos faisant jouer ses relations dû à ses fonctions, Koldo Garcia s’occupait de l’intermédiation, et Adalma l’accès aux entreprises, et notamment la sienne, Soluciones de Gestión. Il avait été convenu qu’Ábalos perçoive 2 millions d’euros, et Koldo 500 000 euros, prélevés en commissions occultes.
Dans un second volet de l’affaire, il a été jugé, qu’Ábalos aurait utilisé son influence ministérielle pour faire embaucher deux femmes de son entourage personnel, dans des entreprises publiques, sans qu’elles n’effectuent aucune fonction réelle.
Grâce à leurs rangs au sein du PSOE, il est important de souligner comment ils ont pu utiliser le système PSOE, et toutes les entreprises publiques qui gravitent autour pour parvenir à leurs fins. Car ni Ábalos, ni Koldo ne sont des sous-fifres. En 2015, lorsque Pedro Sánchez a conquis la présidence du PSOE, Ábalos, Koldo et Sánchez avaient ensemble, fait le tour de toutes les fédérations socialistes dans la Peugeot de Sánchez. En 2017, Ábalos est nommé secrétaire à l’organisation du PSOE, poste clef s’il en est. Entre 2018 et 2020 il est ministre des transports, puis ministre des transports, de la mobilité et de l’agenda urbain. Depuis 2021, il était député aux Cortès, président de la commission de l’intérieur, il sera exclu en 2024 et incarcéré en novembre 2025.
Si Koldo est plus discret, il va exercer les fonctions de conseiller, rattaché au ministère des transport, et sera nommé membre du conseil d’administration de Renfe Mercancias, (Le secteur marchandise des voies ferrées espagnoles). Il siégeait également au conseil d’administration de Puertos del Estado (les ports espagnols). Mais ses véritables fonctions étaient de servir de chauffeur et d’escorte personnelle à son ministre, ayant travaillé dans sa jeunesse dans la sécurité privée, et il s’était illustré dans une activité sportive très prisée au Pays basque, la coupe de troncs. Koldo était au centre du système, entre le ministre au-dessus, et les entreprises en dessous.
Pedro Sánchez, depuis le début de cette affaire, se complaît dans le déni. Il n’a cessé de répéter urbi et orbi qu’il ignorait tout, et que le PSOE n’avait jamais bénéficié d’un financement illégal. Interrogé durant 5 heures devant le Sénat, il a tenu mordicus cette position. Il n’a pas hésité parfois, à éclater de rire, et n’a rien lâché. Même s’il a demandé pardon aux Espagnols, il a assuré qu’il ignorait tout de cette affaire. Une sénatrice de l’opposition n’a pas hésité à lui faire valoir : qu’il avait nommé Ábalos, fait confiance à Koldo, nommé Cerdán qui a remplacé Ábalos dans ses fonctions au PSOE, alors qu’il est soupçonné d’avoir utilisé sa position en échange de commissions dans le cadre d’une enquête en cours, nommé un procureur général, García Ortiz, reconnu coupable de manquements professionnels graves, démis de ses fonctions et recasé à un autre poste. Votre frère et votre femme sont mis en examen a-t-elle lâchée ! Mais Sánchez refuse toujours de démissionner. L’État socialiste espagnol apparaît être gangrené jusqu’à l’os. Les alliés de Sánchez aux Cortès pourraient facilement le faire chuter, car le PSOE n’a pas la majorité loin s’en faut, le Parti populaire a plus de députés que lui. Mais tant les communistes, les indépendantistes séparatistes basques et catalans, ont la trouille de perdre leurs places en cas d’élections législatives anticipées. De plus, comme ils tiennent Sánchez, ils obtiennent tout ce qu’ils veulent.
Michel Festivi








