On connaissait Anne Brassié biographe de Brasillach, de La Varende et de sainte Anne, prêtresse de la culture sur Radio Courtoisie puis TV Libertés où elle nous distille ses coups de cœur en forme de « perles », mélomane invétérée jusqu’à organiser des concerts dans son délicieux jardin non sur l’Oronte mais sur la Méditerranée, conférencière confirmée, et bien sûr croisée catholique de tradition.
Mais la belle blonde est aussi grand-mère. De quatre petites-filles — pas toujours modèles — qui l’appellent Mianne (Mamie Anne) et dont elle veut préserver la pureté comme le sens esthétique et le bon sens tout court, si menacés dans les temps mauvais que nous subissons. D’où cette Lettres à mes petites-filles (1), auxquelles elles ne se contente pas d’offrir des cadeaux et de donner des conseils. À contre-courant, elle s’efforce d’élever leur âme, d’aiguiser leur intelligence — dont, à l’évidence, les « finettes » ne manquent pas, vu leurs réparties —, de leur donner le sens du Bien et du Beau chaque fois qu’elle a la joie de les recevoir, visiblement trop rarement à son gré. A cet effet, elle hante les brocantes pour se procurer livres de la Bibliothèque rose, vénérables chevaux à bascule et poupées de porcelaine, avec meubles miniatures anciens pour orner la maison ad hoc.
Mais sa tâche, ou son sacerdoce, ne s’arrête pas là. Elle leur fait découvrir les merveilles de la nature, la splendeur de certaines villes, pour qu’elles mesurent, et ainsi préservent, le fabuleux héritage reçu de nos ancêtres.

Mi-Bretonne mi-Normande (an se perd un peu dans sa généalogie), Mianne souhaite en effet que ses descendantes s’inscrivent dans la continuité. Des liens familiaux, des mœurs, de la pensée, de la tenue, des aspirations. Travail de Romain à notre époque de dislocation et non seulement de rupture, mais surtout de combat — ouvert ou insidieux — contre les traditions et la foi de notre vieille Europe. D’où ce « dernier conseil : si notre âme a valu quelque chose, c’est qu’elle a brûlé plus ardemment que les autres ».
Hymne aux valeurs éternelles et à la vie, ce livre (qui aurait mérité une relecture bien plus attentive), est la suite logique de Cessez de nous libérer ! (2), pamphlet coécrit avec la scientifique Stéphanie Bignon contre le féminisme revanchard. Il devrait être lu par tous les grands-parents soucieux du bien-être physique et moral, et donc de l’avenir, de leurs petits- enfants.
Les autres y trouveront de sagaces réflexions sur l’actualité française comme étrangère et de précieuses citations du Russe Soljenitsyne, de l’Anglais Chesterton, du Colombien Nicolás Gómez Dávila ou même de Simone Weil — la philosophe, pas l’avorteuse — et retrouveront avec plaisir, comme le souligne justement dans sa préface Guillaume de Thieulloy, « le style de ces pages », « à l’image de la conversation de notre chère Anne, simple, directe, cultivée et d’autant plus pétillante qu’il s’agit de renverser les idoles du conformisme contemporain ».
Camille Galic
- 111 pages, 15 euros. Commander à Thebookedition, Anne Brassié.
- Ed. Via Romana, 2014.








