RN

Dédiabolisation ou pas, haro sur le RN !

Bien entendu, pur hasard si, au lendemain des sénatoriales ayant donné 14 élus au Rassemblement et permis à celui-ci de constituer un groupe parlementaire au Sénat pour la première fois de son histoire, Mediapart a publié le 28 septembre une enquête attribuant à Jordan Bardella des messages privés rédigés en 2013 alors que l’actuel président du RN était mineur (17 ans), et où il aurait écrit que « toutes les banques sont aux mains des juifs », qui aspirent à « dominer le monde ».

Réflexion déjà faite — à l’été 1967 après la guerre éclair des Six Jours menée par Israël — par Charles de Gaulle qualifiant les juifs de « peuple sûr de lui et dominateur »; une constatation qui, par représailles, nous valut la « révolution » de 1968, ourdie par Cohn-Bendit, Geismar, Krivine et consorts, et dont nous subissons plus que jamais les séquelles avec la « révolte » lycéenne : des centaines d’établissements bloqués, dégradés et même parfois incendiés ainsi que des camions de pompiers incendiés après attaque de leur équipage par des émeutiers déchaînés, comme cela s’est produit dans la liesse à Marseille (https://www.youtube.com/shorts/wNlE_wXxMck).

Rappelons que le prix unitaire d’un camion-pompe CCGC LC s’élève à 265 000 euros TTC, plus 15 000 euros TTC pour l’équipement en matériels.

Plenel, grand inquisiteur ou grand falsificateur ?

Pour en revenir à Bardella, de deux choses l’une.

Ou bien les propos, « inadmissibles » selon la classe politique presque unanimes, Emmanuel Macron et Gabriel Attal en tête, sont authentiques et, après le poète, le présumé coupable aurait pu objecter : « On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans. » Mais, pour reprendre le titre de l’étude « A-t-on lu Rimbaud ? », signée en 1961 par un célèbre professeur, lit-on encore Rimbaud au RN ?

Ou bien il s’agit de « faux grossiers », comme l’affirme l’intéressé , qui a porté plainte pour diffamation puis pour faux et usage de faux contre le site d’Edwy Plenel.

Lequel traîne en la matière un lourd passé, ayant déjà pourri la vie à nombre de personnalités. N’est-ce pas lui qui, à l’époque directeur de la rédaction du Monde, mena en 2003, autant par détestation politique que par obsession du scoop à tout prix, le sordide hallali contre Dominique Baudis.

Ancien maire de Toulouse et alors récemment porté à la présidence du Conseil supérieur de l’Audiovisuel, Baudis fut accusé par Plenel d’avoir hanté « messes rouges » et « soirées sadomasochistes » se soldant parfois par la mort de participantes. A l’origine de ces « révélations », deux prostituées (qui devaient ensuite se dédire), et Djamel, un travelo mythomane. Fin septembre 2003, le médiateur du Monde devait d’ailleurs reconnaître une grande légèreté dans le traitement de l’affaire, ou plutôt de la non-affaire, avec « la publication de certains extraits de procès-verbaux d’instruction, un reportage dans les environs de Toulouse dont le contenu a été démenti par la justice et le récit non recoupé du témoignage tardif d’une prostituée ». Mais c’était trop tard. Bouleversé d’avoir ainsi été jeté aux chiens, Baudis avait développé le cancer qui, généralisé, l’emporterait en 2014.

Avec l’affaire Bardella, il est aussi possible que, tout en poursuivant sa chasse au scoop à tout prix, Plenel ait voulu se parer d’une cape d’impunité, après avoir été accusé d’antisémitisme viscéral et primaire par son confrère du Point Gilles Gaetner dans un livre récent (et d’ailleurs sans intérêt), Pour qui roule Mediapart ? La face cachée d’Edwy Plenel, édité par Fayard en 2025. Sous le règne donc du communautaire Olivier Nora ensuite éjecté par Vincent Bolloré, au grand scandale de toute l’Intelliguentsia, Mediapart compris.

Une longue route d’ici au premier tour

En tout cas, les médias de gauche et notamment Libération ont suivi Plenel comme un seul homme dans sa croisade anti-RN, avec des portraits vipérins de tous ceux dont la funeste influence s’est exercée sur le jeune Bardella, tels Alain Soral (qui l’enfonce aujourd’hui en se vantant de « l’avoir très bien formé au départ »), Frédéric Chatillon ou Philippe Olivier — cf.Libé du 29 sept.

Chatillon, dont la fille Kerridwen, filleule de Jean-Marie Le Pen, fut la compagne Bardella, est de longue date un prestataire de services du FN-RN et surtout un « ami de trente ans » de Marine. L’eurodéputé Philippe Olivier, père de Nolwenn qui succéda à Kerridwen dans les affections du jeune président du FN avant que ce bourreau des cœurs n’affiche son idylle avec la princesse Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, est lui-même l’époux de Marie-Caroline Le Pen et le beau-frère de Marine, rentré en grâce depuis l’intermède mégrétiste et devenu conseillé très écouté de la candidate à la présidentielle. Autour de laquelle l’étau se resserre donc.

Avant de devenir la prochaine cible, la benjamine du « diable de la République » risque-t-elle de pâtir du scandale réel ou supposé soulevé par Mediapart et d’être diabolisée à son tour ?

Pour le moment et malgré le tohu-bohu, l’opinion ne semble guère réagir, d’autres scandales la préoccupant bien davantage. À l’heure où on exige de nous tant de sacrifices, qui paiera la note pharamineuse (déjà 7 millions de dégâts au 3 octobre) des violences aveugles commises par les « jeunes » avec la bénédiction, voire à l’instigation de la gauche ?

Marine Le Pen continue donc de survoler ses rivaux avec 37% des intentions de vote au premier tour selon le dernier sondage IFOP en date du 30 septembre. De même, selon un sondage Yougov publié le 3 octobre, si 60% des Français jugent « graves » les propos attribués à Jordan Bardella, seulement 36% d’entre eux estiment qu’il devrait démissionner de la présidence du RN. Le coup de Trafalgar de Plenel semble ainsi relever du pétard mouillé, dans la France profonde du moins.

Mais, d’ici au 18 avril 2027, nul doute que se poursuivra, y compris contre la candidate du RN, le matraquage à coups de boules puantes. Qui peuvent se révéler aussi dangereuses que des balles. Qu’on se souvienne de l’odieuse « quinzaine de la haine » qui suivit en avril 2012 la qualification du Menhir au premier tour de la présidentielle.

Au fait, si les réseaux sociaux avaient existé à son époque, quelles énormités l’ado Mélenchon n’aurait-il pas pondues, lui qui, le 28 septembre encore et à 75 piges bien sonnées, exhortait notre belle jeunesse à « se mobiliser massivement et par tous les moyens contre la sauvagerie policière » ? Une injonction incendiaire qu’aucun maître-censeur ne lui a reprochée.

Camille Galic

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