Depuis quelques années, les éditions des Sept Couleurs, émanation de l’association des Amis de Robert Brasillach (1) ont entrepris de republier toutes les œuvres du fusillé du fort de Montrouge, mais augmentées d’appareils critiques très éclairants, voire d’une somptueuse iconographie (réunie par David Gattegno) quand le sujet d’y prête, comme pour le Corneille et Une histoire de la guerre d’Espagne.
Or, c’est un petit trésor que, pour le 80ème anniversaire de la mort du poète assassiné, elles ont proposé fin 2025. Trésor toutefois réservé de préférence aux aficionados du poète assassiné, qui ont déjà lu, et conservé, la plupart de ses livres.
En effet, dans Les Vacances (2), qu’il passe à Collioure en 1928, le tout jeune (19 ans) normalien fait ses gammes. D’où une intrigue évanescente et quelques maladresses, dont l’auteur était d’ailleurs conscient puisque, devenu célèbre, il négligea de proposer à un éditeur ce premier manuscrit, conservé par la famille Bardèche. Mais s’il y manque la virtuosité des Sept Couleurs, la maîtrise du récit dont témoigne Comme le temps passe… ou la profondeur de Notre avant-guerre, on trouve déjà dans Les Vacances la soif d’émerveillement de Brasillach, son besoin de camaraderie, son désir (prémonitoire ?) d’arrêter le temps et la « petite musique » qui fera le charme de ses romans parisiens tel Le Voleur d’étincelles.
Ce livre devrait donc trouver sa place dans toute bibliothèque brasillachienne qui se respecte. Ne serait-ce qu’à titre de curiosité et en raison de la préface de Philippe d’Hugues et de la postface d’Alain Lanavère, toutes deux passionnantes.
Florence Dunois
- https://www.robert-brasillach.fr/
- 240 pages, 22 €, https://les-sept-couleurs.fr/products/les-vacances-roman-inedit-de-robert-brasillach








