Il m’arrive de rencontrer des lecteurs qui me demandent quand sortira le prochain « Lys Noir », cette série de romans policiers lancée par les éditions toulousaines Auda Isarn il y a quelques années. Justement le 34e roman de la série vient tout juste de paraître. Il s’appelle Laissez parler la poudre.
Il ne s’agit pas de poudre de riz ni de poudre de perlimpinpin, mais bien de la « came », de la « blanche », de la « schnouf », de la « dope », du « shit ». Avec le sexe et le pognon, c’est l’un des mots du dictionnaire d’argot qui possède le plus de synonymes. Merci qui ? Merci Simonin, merci Brigneau, merci Frédéric Dard et quelques autres !
Je n’avais pas trop raffolé de l’avant-dernier « Lys Noir », Firenze Rossa, bien trop gore et cochon pour mon goût. Bruno Favrit, avec son Laissez parler la poudre, renoue avec un genre qui me va mieux.
Son histoire est assez simple : le héros, Alban d’Armagnac est une sorte de bodyguard pour riches clients. Il règle au mieux de leurs intérêt les situations les plus délicates, n’hésitant pas à utiliser des moyens « létaux », si nécessaire, et à donner de sa personne si son travail le conduit à côtoyer des créatures au physique intéressant. Sportif, roulant en jaguar, il soigne son apparence car son physique est aussi un argument commercial
Dans cette histoire-ci, il doit affronter un gang de trafiquants de drogue dirigé depuis un hôtel de luxe à Dubaï, où vit le chef de la bande, le dénommé Mouss. Le reste, à vous de le découvrir.
Le roman de Favrit n’est évidemment pas un whodunit façon « Le Masque », ni un mélange d’aventures, d’enquêtes policières et d’études de mœurs, urbaines, le plus souvent, comme dans les « Série Noire ». Je le situerais plutôt dans la tradition des Simenon, si ce n’est que les héros et antihéros de cette histoire semblent bien à l’image des truands d’aujourd’hui, façon points de deal de Marseille : tous parfaitement antipathiques, plus ou moins obèses, drogués jusqu’aux yeux, toujours habillés de survêtements fluo, sans aucun scrupule quand il s’agit d’argent et de façon générale, indifférents aux risques, quels qu’ils soient. Un milieu, en somme, au QI très limité, composé de personnages désespérément déplaisants.
Ils doivent vraiment ressembler à cela, dans la vraie vie, nos dealers du XXIe siècle, qui s’entre-tuent actuellement à Nantes ou Grenoble. Pas jojos. En outre ils n’ont pas des têtes à manger du petit salé aux lentilles.
Francis Bergeron
Laissez parler la poudre, par Bruno Favrit, série Le Lys Noir, Ed. Auda Isarn, juin 2026.

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