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La pornographie, opium des peuples

Alors que le gouvernement, qui commence enfin à s’inquiéter des conséquences sociales, psychiatriques et médicales de l’accession de gamins âgés de 10 ans aux nombreux sites pornographiques qu’offre Internet (1), songe à rendre payant l’accès à ses sites, l’excellente lettre confidentielle Communication & Influence (2) créée par Bruno Racouchot publie une interview édifiante de l’historien Patrick Buisson, dont le dernier livre, Décadanse, vient de paraître chez Albin Michel. L’ancien directeur de Minute puis conseiller de Nicolas Sarkozy affirme notamment ceci qui, quoi que l’on pense par ailleurs de M. Buisson, mérite d’être médité :

« Le coup de maître de la révolution sexuelle aura été d’avoir réussi à identifier, dans l’esprit du plus grand nombre, le sexe et la liberté́, la consommation sexuelle et la liquidation des anciennes oppressions, d’avoir fait du sexe, paré du prestige de la révolution, l’acte subversif par excellence qui ouvrait à lui seul le chemin de la liberté́.

« En réalité́, la pseudo-libération sexuelle s’est révélée très vite comme le lieu par excellence d’une nouvelle aliénation et d’un nouveau conformisme. L’injonction à jouir “sans temps mort et sans entraves” délivrée sur les murs de mai 68 n’entait en fait qu’une sommation à payer. La révolution sexuelle n’était une libération que dans le sens où l’entendait le libéralisme, c’est-à̀-dire celui d’une dérégulation apparente qui débouchait en fait sur un nouveau dispositif hyper-normatif de la sexualité́ et sur une tarification générale des plaisirs qui fit du sexe un marché́ et des corps une marchandise.

L’Avertissement du grand Soljenitsyne

« En levant la censure sur le cinéma porno, il y a eu de toute évidence de la part de Giscard un calcul politique. “Pendant qu’ils se branlent, ils nous foutent la paix” dira son ministre Michel Poniatowski. La consommation passive et massive d’images obscènes, loin de participer à la libération promise a été́ promue pour être le nouveau sédatif des classes laborieuses dans une stricte répartition des biens : l’érotisme pour l’élite, la pornographie pour le peuple. Par un détour non prévu par Wilhelm Reich, l’abrutissement par le sexe fut, en quelque sorte, la dernière ruse du capitalisme pour aliéner la conscience ouvrière, détourner le prolétariat des luttes révolutionnaires et conjurer le spectre d’un retour de mai 68 qui terrorisait la bourgeoisie. Soljenitsyne est l’un des premiers à̀ l’avoir compris lorsqu’il écrit : “On asservit les peuples plus facilement avec la pornographie qu’avec des miradors”. Au fond, l’hypersexualisme des années 70 aura inauguré́ une nouvelle forme de gardiennage de la société. La religion a longtemps rempli cette fonction mais elle était aussi pourvoyeuse de sens et d’intériorité́. La question n’est pas tant de savoir si, comme le disait Marx, la religion est l’opium du peuple mais plutôt quelle est la qualité́ de l’opium que l’on veut offrir au peuple. »

En fait, En fait, la pornographie est l’équivalent du bromure que le commandement ajoutait au vin donné aux Poilus de 14-18 pour leur faire supporter l’horreur des tranchées, ou de la morphine administrée aux patients en soins palliatifs. C’est dire si notre société est malade.

La Rédaction

  1. Voir nouveaupresent.fr/2023/05/30/porno-comment-lesprit-vient-trop-tard-a-libe/
  2. www.comes-communication.com

Un commentaire

  1. Je venais de lire cet article quand je suis tombée dans “20 minutes” sur un fait divers sordide survenu dans une école maternelle de Morsang-sur-Orge, ville plutôt huppée de l’Essonne : une fillette de quatre ans a été violentée, avec tentative de sodomisation à l’aide d’un instrument quelconque, par deux autres gamines âgées de… 5 et 7 ans ! Cette scène atroce, les deux coupables ne peuvent l’avoir vue que dans l’intimité familiale, sans doute dans un film visionné par leurs parents et dont elles se sont inspirées.
    Il ne suffit pas pour préserver notre jeunesse de rendre payant l’accès aux contenus pornographiques. Au nom de la santé publique, il faut carrément interdire la vente et la diffusion de ces horreurs. Le RN osera-t-il une proposition de loi dans ce sens ? Après tout, réputé « espace de liberté », Internet ne l’est plus pour tout ce qui est politiquement déviant.
    Juste retour des choses : cette ignominie s’est déroulée dans une école dédiée à Ferdinand Buisson, l’un des pires laïcards de la IIIème République, président de la Ligue de l’Enseignement et aussi de la commission parlementaire chargée de mettre en œuvre la loi de séparation des Eglises et de l’Etat finalement votée en 1905.

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