crimes

Des « priorités »… d’opportunisme

Après la découverte du cadavre de l’infortunée gamine Lyhanna assassinée et sans doute violée par un pédomane (1), un Gérald Darmanin aussi déterminé que Bonaparte au pont d’Arcole, intimait aux magistrats l’ordre de débroussailler et d’instruire, « avant de partir en vacances », les 70 000 plaintes concernant des violences faites aux mineurs.

Fort bien, on ne peut qu’approuver la détermination du garde des Sceaux.
Mais, après les sanglant règlements de comptes entre gangs rivaux, c’était tout récemment la lutte contre le narcotrafic qui devait être traitée d’urgence. Et, avant cela, les féminicides, viols et autres atteintes sexuelles faites aux femmes. Sans oublier la guerre maintenant centenaire mais plus que jamais nécessaire contre la Bête immonde menée par la police comme la justice, et qui va connaître un net rebond avec la probable adoption fin 2026 au plus tard de la loi Bergé, resucée de la proposition de de loi Yadan contre « les formes renouvelées de l’antisémitisme ». Sans attendre cette échéance, le révisionniste Vincent Reynouard, qui n’a jamais commis le moindre acte de violence, mais avait déjà passé près d’un an dans une prison écossaise dans l’attente de son extradition vers la France, était d’ailleurs condamné le 8 juin à dix mois de prison ferme non aménageables pour contestation publique de l’existence de crimes contre l’humanité pour des passages de ses vidéos ; autant de délits qui lui ont valu également 10 000 euros en dommages et intérêts aux quatre associations s’étant parties civiles — soit la LICRA, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, l’Organisation juive européenne et l’Observatoire juif de France — et pour le paiement de leur s frais d’avocats.

Si les thèmes de mobilisation immédiate varient, en fonction de l’émotion suscitée dans l’opinion par certains drames, les termes des différents appels aux armes sont quant à eux identiques. Avec cette conséquence, comme l’a souligné Reda Belhaj, porte-parole du syndicat de police Unité en Île-de-France, que « quand tout est prioritaire, rien ne l’est », une urgence chassant les autres, ou les reléguant provisoirement au second plan.

Et pour quel résultat ? Un cas résume bien l’inconséquences des politiques gouvernementales menées au gré du jour : celui du dealer Yassine El Azizi. En 2020, roulant sous l’emprise d’un mélange explosif de cannabis et de cocaïne, mais sans permis ni assurance, à plus de 150 à l’heure sur une route départementale du Lot-et-Garonne pour aller plus vite livrer ses doses de cocaïne, le voyou déjà titulaire de plusieurs condamnation avait forcé un barrage et percuté volontairement la gendarme Mélanie Lamée, la tuant sur le coup.

Narcotrafic plus féminicide, au surplus sur agent détenteur de l’autorité publique, le compte de l’allogène était bon. De fait, il écopa en juin 2025, en première instance, de 30 ans de prison. Verdict infirmé le 10 juin 2026 par la cour d’assises d’appel du Gers qui, retenant l’état de « confusion » allégué par le condamné, mais passant outre à l’homicide volontaire pourtant patent, a réduit la peine à 26 ans. Ce qui signifie que, compte tenu des années passées en préventive, le sympathique Yassine, cette chance pour la France et surtout pour les Françaises, se retrouvera libre comme l’air dans une décennie au maximum.

Un scandale, auquel le terrible ministre de la Justice n’a pas cru cette fois devoir réagir, les médias nationaux étant restés quasiment cois. Trop occupés sans doute qu’ils étaient à compter les « néo-nazis » au mariage d’une attachée de presse du groupe RN, et à stigmatiser l’« agression » de Mme Alexandra Cordebart, maire socialiste du 10ème arrondissement prétendument malmenée par des « intégristes » devant une église de son arrondissement profanée le 6 juin par un spectacle LGBTQIA+ de la Nuit Blanche (1). Agression d’ailleurs si fantasmée et si démesurément grossie par la maire courage que tous les « activistes » de Civitas International interpellés et placés en garde à vue ont été très vite libérés. Cependant que l’incident était classé sans suite. Mais, cette fois, l’information n’a guère été répercutée.

Claude Lorne

  1. https://nouveaupresent.fr/2026/06/06/letat-de-droit-toujours-plus-deviant/

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