Ce 5 avril, le Nouveau Présent vous souhaitait « de très heureuses et joyeuses fêtes de Pâques » en émettant le vœu que « la lumière de l’espérance nous guide en ces temps difficiles et troublés ». Bien difficiles, en effet, alors que, la veille, Donald Trump menaçait d’envoyer l’Iran « dans les enfers » après avoir juré de ramener sa population « à l’âge de pierre » dans une apocalypse dont les retombées atteindraient, sur les plans écologique comme économique et donc social, la planète entière. Mais temps également si troublés que certains, à l’image du président américain, propagent les pires énormités.
Sur le « mystère de la crucifixion », la chaîne de télévision NOVO19 a en effet programmé au soir du dimanche de Pâques un pseudo documentaire, dont il résulte qu’« aucune preuve matérielle n’a jamais prouvé [bis] que la crucifixion de Jésus se soit produit [sic] ». Provocation de maçonnard enragé ou ignorance crasse ? Car si, et pour cause depuis deux millénaire, aucune preuve matérielle ne subsiste, et que l’on refuse les témoignages de Paul de Tarse et des quatre évangélistes, restent les relations historiques de l’époque. Celles de l’historien juif Flavius Joseph et de son collègue latin (et païen) Tacite qui, dans ses Annales, confirme que Jésus fut, sous Ponce Pilate pendant le règne de Tibère, exécuté par crucifixion, supplice romain réservé aux criminels et aux rebelles. Et bien mérité selon Lucien de Samosate, Syrien de culture grecque qui, un peu plus tard, ironisa sur les chrétiens en général et Jésus en particulier que, dans La Mort de Pérégrinus, il présente comme « idolâtres et séditieux ».
La démocratie chrétienne en pleine dérive
La cause est donc entendue, la crucifixion de Jésus de Nazareth est l’un des événements de l’Antiquité les mieux attestés sur le plan historique. Mais le plus scandaleux de l’affaire est que, lancée en fanfare le 1er septembre 2025, NOVO19 qui occupe le 19ème canal de la TNT est une émanation du quotidien régional Ouest-France. Aujourd’hui mastodonte de la presse française devant tous les quotidiens nationaux (635 000 exemplaires distribués chaque jour du Calvados à la Vendée et jusqu’à l’Anjou, ce qui ne l’empêche pas de recevoir chaque année de l’État une subvention d’environ 4 millions d’euros d’aides à la presse), Ouest-France échut en août 1944 à la résistance chrétienne-démocrate représentée par Georges Bidault, Pierre-Henri Teitgen (1) et Francisque Gay après la grande spoliation de la presse consécutive à la Libération, aux dépens du vénérable Ouest-Éclair, créé en 1899 par le prêtre breton Félix Trochu mais interdit de reparution car taxé de collaborationnisme, la moitié de ses biens étant confisquée. comme celle de
Mais il y a beau temps que l’orientation prétendument chrétienne de Ouest-France n’est plus qu’un leurre — cas également de La Croix, où le ramadan tient désormais plus de place que le Carême — au profit d’un « humanisme » tendance woke.
Le 19 novembre 2024, à la suite de la nomination de l’arrivée d’Elon Musk dans l’administration Trump, le quotidien justement drapé dans cet humanisme annonçait la suspension de ses publications sur X, en raison du « manque de régulation et de modération de la plateforme face à la désinformation ».
L’affaire Jésus démontre pourtant qu’en matière de désinformation, Ouest-France ne craint personne. Ce dont ses lecteurs les plus sagaces s’étaient avisés depuis longtemps.
Camille Galic
- Ministre de la Justice dans les gouvernements Charles de Gaulle du 30 mai 1944 au 20 janvier 1946, Teitgen fut le grand ordonnateur de la terrible épuration alors menée tambour battant : 105 000 Français exécutés, se vantait son collègue Adrien Tixier, ministre de l’Intérieur de mai 1944 à janvier 1946 également, dans un courrier à André Dewavrin (plus connu sous le nom de « Colonel Passy » dans la résistance), alors directeur général de la DGER puis du SDECE nouvellement créé.








