Nombre de scrogneugneux osent se plaindre du niveau jugé « excessif » des prélèvements obligatoires en France et d’une inventivité fiscale qui serait sans limite. Et cette pénible ritournelle populiste et poujadiste revient à l’occasion de la déclaration d’impôts 2026 sur les revenus 2025. Ces mauvais Français devraient pourtant être fiers et heureux d’apporter leur concours même modeste à de belles et nobles entreprises qui œuvrent pour le Bien Commun.
Argent de poche des amis de Volodymyr et soupente misérable de Mme Ernotte
Contribuer aux activités extra-scolaires (légales cela va sans dire) des fils de l’enrichissante Diversité est un honneur. Permettre au premier cercle gravitant autour du Président Zelensky de mettre un peu d’argent de côté constitue l’acmé d’une solidarité européenne bien comprise. Assurer à Delphine Ernotte le logis dans un humble palace cannois relève de la simple évidence. Garantir au Qatar de bénéficier d’exemptions fiscales honnêtement acquises coule de source. Financer les déductions fiscales obtenues par des Franco-Israéliens pour envoi de dons à Tsahal (1), armée la plus morale du monde faut-il le rappeler, voire verser des allocations aux aventuriers de Daesh (2) ne devrait poser aucun inconvénient à qui que ce soit de normalement constitué. Apporter une aide au développement à un pays économiquement en détresse comme la Chine va également de soi (3).
7ème art : clandestin altruiste et quadra désorienté
Verser une petite obole via le CNC à la grande famille du cinéma français ne devrait gêner personne mais au contraire réjouir tout contribuable de participer à la très enviée exception culturelle française (4). En effet, on ne soulignera jamais assez la joie incommensurable de regarder le 63ème film de l’année mettant en scène Boubacar, clandestin au grand cœur redonnant vie à un village corrézien et Jean-Corentin, quadragénaire vivant dans son hôtel particulier du Vème arrondissement parisien envisageant sa transition de genre.
Il serait également injuste de ne pas mentionner l’indispensable et très louable « Politique de la Ville » qui offre la satisfaction aux Français de reconstruire la bibliothèque et le gymnase pour les 3ème et 4ème fois car malheureusement tous deux partis en fumée en raison de malencontreux incendies totalement involontaires (5).
Enfin, l’auteur de ces lignes s’en voudrait de ne pas signaler les subventions accordées à la presse écrite qui permettent aux Français de profiter de titres comme celui-ci : « La sucette goût bite, ou le retour en grâce des odeurs corporelles » (in Libération, 28 mars 2026) (6).
Quelques loupés tout de même…
Alors évidemment les éternels mauvais coucheurs pointent du doigt quelques regrettables petits ratés ici ou là en citant pêle-mêle avec une délectation malsaine : la petite dizaine d’heures d’attente aux urgences, les services psychiatriques qui seraient selon leurs dires en déshérence, les enfants se faisant tripoter voire plus au sein du périscolaire en raison d’un recrutement qui serait prétendument peu exigeant, la « lenteur d’escargot » (toujours selon les termes de ces grincheux) de l’autorité judiciaire dans son traitement des dossiers, le soi-disant délabrement des commissariats et autres gendarmeries, les nids-de-poule sur les routes qui coutent d’après eux la vie à de nombreux motards, les fermetures des écoles et des maternités en zone rurale qui participeraient selon ces personnages pénibles de l’abandon et de la désertification des campagnes.
… mais sans gravité
Mis à part ces menus désagréments montés en épingle par un panier de déplorables, le bilan comme vu plus haut, est tout à fait probant. Ces éternels insatisfaits ne savent parler que des trains qui arrivent en retard.
Certains Français, beaucoup trop nombreux, font décidément montre d’une ingratitude incompréhensible.
Maurice Gendre
1) Il est possible de défiscaliser des dons faits à des associations françaises qui, parmi leurs actions, soutiennent l’armée israélienne.
2) En 2017, en Syrie, 20% des djihadistes « français » continuaient de toucher « les allocs » (article de Lionel Laparade pour La Dépêche du 26/10/2017).
3) La France a versé 140 millions d’euros d’aide publique au développement à la Chine en 2020, et 121 millions d’euros en 2019, selon un rapport annexé au projet de loi de finances pour 2024.
4) L’argent public investi en 2024 s’élevait à 286 millions d’euros. Ces financements publics proviennent du Centre national du cinéma (CNC), mais aussi de crédits d’impôt ou d’aides régionales.
5) En 2023, la Politique de la Ville (« ce tribut versé à l’Occupant » dixit Renaud Camus) avait entraîné 117 milliards d’euros de dépenses depuis l’année 2010.
6) En 2022, le ministère de la Culture a versé un total d’aides directes de 110,4 M€ à la presse. Pas au Nouveau Présent, on vous rassure…







