Dire que le ralliement de Laurent Wauquiez à Edouard Philippe dans la course à l’Élysée n’est guère une surprise est un doux euphémisme. Et ce, malgré ses critiques passées pour le moins acerbes à son propos ou encore sa promesse de ne jamais être « la béquille d’un projet du macronisme sans Macron ». Mais il s’agissait alors de (re)prendre la tête des Républicains et tout était bon pour y parvenir. Défait à plate couture par Bruno Retailleau (25 % des suffrages des adhérents contre 75), il n’a guère attendu que sa vengeance se soit trop longtemps refroidie pour tailler une croupière dans la candidature élyséenne de ce dernier.
Qu’a-t-il a y gagner ? Un futur Poste de ministre ? Comme bâton de maréchal de fin de carrière, il y a mieux ! Car il semble évident qu’un retour à la tête de la « droite de gouvernement » comme on disait dans le passé – soit la « droite de tous les reniements » au vu des cinquante dernières décennies – est exclu.
Parce qu’on ne lui pardonnera pas la « trahison » faite à Bruno Retailleau auquel il avait déjà précédemment intimé de « savoir se retirer si c’est nécessaire » dans le cadre de la prochaine élection présidentielle ? La trahison à son camp ? À ses convictions ? Si de telles considérations avaient la moindre importance, peut-être… Mais ce serait alors une première en politique française où les coups de Jarnac – de celui de Jacques Chirac fait à Jacques Chaban Delmas, candidat naturel des Gaullistes, en ralliant Valéry Giscard d’Estaing en 1974… à celui d’Emmanuel Macron fait à son mentor François Hollande qui l’empêcha de briguer un second mandat – sont aussi multiples qu’incessants et perfides.
En attendant, et malgré ses déclarations tonitruantes sur le nombre d’adhérents (invérifiables) des Républicains et le « formidable soutien populaire » qu’il rencontre lors de ses déplacements (sic !), le nombre de mois, semaines ou jours de campagne présidentielle de Bruno Retailleau semble se réduire comme peau de chagrin.
Nombre d’observateurs envisagent d’ailleurs que l’intéressé n’ait jamais eu l’idée d’aller jusqu’au bout de sa candidature, attendant le moment le plus opportun de se vendre soit à Édouard Philippe soit à Gabriel Attal, lorsque l’un aurait pris définitivement le pas sur l’autre.
Quant au parti Les Républicains ou ce qu’il en reste à ce jour après la déculottée électorale de Valérie Pécresse en 2022 (4,78 %) et les succès de son ancien Président Éric Ciotti ayant réussi après en avoir claqué la porte à créer un groupe à l’Assemblée nationale et à s’emparer de la Mairie de Nice en mars dernier, sans parler du siphonnage des plus convaincus par Éric Zemmour et Sarah Knaffo avec leur mouvement Reconquête, le dépôt de bilan menace.
Dépôt de bilan ou « vente aux enchères », qui sait… Décidément, il n’y a pas qu’aux Français que la Macronie aura nuit à la santé.
Philippe Randa








