On ne le sait que trop, pour la caste politico-médiatique, le racisme ne peut concerner que des blancs qui insultent ou se montrent violents envers des noirs ou des maghrébins. Le contraire est radicalement impossible, et la ministre Taubira aurait expliqué il y a quelques années, en 2006, qu’elle n’avait pas voulu inclure dans sa loi de 2001 faisant de l’esclavage transatlantique un crime contre l’humanité, celui qui concernait l’arabo-musulman, pour ne pas « désespérer » les petits maghrébins des banlieues « pour que les jeunes arabes ne portent pas sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des arabes », selon ce qu’avait rapporté un magazine (1). Alors que cet esclavage avait été bien pire et bien plus sanglant, et avait duré bien plus longtemps que la traite négrière occidentale, occident qui a d’ailleurs été à l’origine de toutes les législations interdisant l’esclavage (2).
Au début des années 1980, Bernard Antony, qui fut député européen et Conseiller régional d’Occitanie pendant des années, avait eu l’intuition géniale, dans le cadre des activités du Centre Charlier, de concevoir une association anti-raciste, l’AGRIF, qui lutterait judiciairement contre le racisme anti-français et anti-chrétien. Ainsi était née l’Alliance Générale contre le Racisme et pour le Respect de l’Identité française. Depuis lors, elle bataille avec ses avocats devant tous les tribunaux de France et de Navarre pour pourfendre ceux qui profèrent des discours ou des actes racistes contre des Français ou des chrétiens.
Car le racisme anti français et anti chrétien est nié par les gauches spécialement, et même par beaucoup d’autres individus ou organismes généralement. Pour la justice, il est particulièrement périlleux de dénoncer ce racisme, et ce essentiellement pour des raisons idéologiques. J’en sais quelque chose, moi qui ai plaidé pendant des années comme partie civile pour des représentants de l’ordre, dans bon nombre de dossiers, où les injures ou insultes proférées par des délinquants, avaient délibérément un caractère raciste anti blanc ou anti français, et cette qualification était très rarement retenue, le plus souvent par souci de simplification ou de rapidité, dans le cadre de comparutions immédiates, où tout doit aller très vite.
L’affaire du meurtre du jeune Thomas à Crépol, le 18 novembre 2023, est à cet égard emblématique. Depuis le début de l’enquête, de nombreux témoignages faisaient ressortir que les agresseurs étaient venus pour « casser du blanc ». Mais comme les 3 singes souvent représentés en statuettes, la justice ne voulait a priori rien voir, rien dire, rien entendre. À plusieurs reprises, l’AGRIF, -qui comme toute association anti-raciste dûment déclarée en préfecture depuis au moins 5 ans peut ester en justice-, tambourinait à la porte des magistrats de Valence ou de Grenoble en appel, pour faire reconnaître cette qualification juridique, à savoir meurtre avec la circonstance aggravante de racisme. Jusqu’à présent, les différentes instances judiciaires amenées à statuer avaient débouté l’AGRIF.
Mais c’était sans compter sur la ténacité de cette association et de ses avocats. Car notamment un procès-verbal de synthèse, rédigé par une enquêtrice de la gendarmerie, évoquait l’hypothèse d’un mobile raciste au meurtre de Thomas, et ce dès le départ. Il était précisé des témoignages qui indiquaient « que les auteurs des faits pourraient être venus au bal de Crépol afin de tuer des personnes de couleur blanche ». Il semble que ce rapport capital n’ait pas été bien classé dans la procédure, et qu’il n’avait pas été porté explicitement à la connaissance de la justice. Cf le Figaro du 23 juillet 2026. Or Me Jérôme Triomphe, le talentueux et dynamique avocat coordonnateur de l’AGRIF, venait de déposer une note de 30 pages aux juges, soulignant des témoignages et propos rapportés « relatifs à du racisme « antiblancs ».
C’est dans ces conditions, et après de nouvelles auditions semble-t-il, qu’un nouvel avis d’information judiciaire vient d’être communiqué aux parties, le 20 juillet 2026 par les magistrats instructeurs. Cette nouvelle pièce de procédure invoque désormais en plus des chefs de « meurtre et tentative de meurtres en bande organisée », la qualification que « les faits ont été précédés, accompagnés ou suivis de propos, écrits, images, objets ou acte de toute nature qui portent atteinte à l’honneur ou à la considération des victimes ou d’un groupe de personnes à raison de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une prétendue race, une ethnie ou une religion déterminée, en l’espèce la race blanche et la nation française. » comme le rapporte la presse. On attend désormais l’ordonnance de mise en accusation, cette ordonnance pouvant faire l’objet d’un appel des mis en examen.
Nous suivrons bien sûr de très près ce dossier des plus dramatiques, n’oublions pas qu’outre le jeune Thomas, 16 ans, qui a été poignardé à mort, d’autres victimes ont été aussi, ce soir-là, très gravement blessées à coup de couteau. Rappelons que la jurisprudence de la chambre criminelle de la Cour de cassation est constante depuis des années : tout acte violent contre une personne avec un objet dangereux qui peut être létal, permet d’en déduire une intention de tuer, sous le contrôle des juges chargés de statuer bien sûr. Exemples, porter un coup de couteau, ou tirer sur une personne.
En tout cas, grâce à l’AGRIF et son remarquable travail de fond juridique et moral, grâce à des journalistes comme François Bousquet qui a publié plusieurs livres sur le sujet, (3), le racisme antiblanc qui se répand comme une traînée de poudre depuis des années, pourrait enfin trouver au sein de l’institution judiciaire une reconnaissance jurisprudentielle, à laquelle les victimes et leurs familles ont droit, pour la vérité et la justice tout simplement.
Michel Festivi
(1) Eric Conan, article de l’Express du 4 mai 2006, « Encore aujourd’hui ».
(2) Bernard Lugan, Esclavage, histoire à l’endroit, Éditions Bernard Lugan, 2020
(3) François Bousquet : Le racisme antiblanc, l’enquête interdite, 2025, la nouvelle librairie- et du même auteur et chez le même éditeur, « Sale blanc », le racisme que l’on ne veut pas voir, 2026
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