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Soli : rappeur macrono-compatible ?

Jordan Bardella a indiqué mercredi son intention de déposer plainte contre le rappeur Soli en raison de « menaces de mort explicites ». L’interprète du titre « Un facho K.O » a mis en ligne le clip mettant en scène sa « chanson » en début de semaine.

Ultra-violence et QI à deux chiffres

Tous les habituels éléments les plus détestables du rap hexagonal sont bien présents : menaces de mort (« un bon raciste c’est un raciste blotti dans son cercueil »), violences physiques (un masque représentant Jordan Bardella est frappé à la manière dite du « pénalty », Marine Le Pen est séquestrée dans un garage et Eric Zemmour est attaché à un poteau) et syntaxe et vocabulaire déplorables (« Mes pauvres qui votent RN pour soi-disant la vie est trop chère, ils vont l’élire puis pleurer car ils ne sont pas milliardaires » sic…).

La ligne du Printemps républicain

Toutefois, ce rappeur semble difficilement récupérable par la galaxie LFI en raison d’un drapeau tricolore brandi non pour le piétiner mais au contraire pour l’enlacer. D’autres propos écrits en description de son clip vidéo ne correspondent pas non plus à la doxa « insoumise » : « Vive la France, celle qui prône la liberté, égalité, fraternité. Réapproprions-nous ce drapeau, ne le laissons pas au facho ».

Tout cela n’est pas sans rappeler la théorie fumeuse de la « tenaille identitaire » chère à la Macronie et à ses sbires ainsi qu’à cette autre imposture intellectuelle qu’est le Printemps républicain. Le complexe macronien et le Printemps républicain renvoient en effet tous deux dos à dos les « décoloniaux » anti-français et la sphère identitaire (au sens générique du terme) qui est attachée à la France et à sa sauvegarde.

Or, certains couplets de ce titre et certaines images du clip renvoient peu ou prou à cette escroquerie politique qu’est la « tenaille identitaire ».

Autre phrase qui confirme un possible alignement (très certainement inconscient) sur les positions du Bloc Central : « Ça s’prétend nationaliste et ça soutient Trump, c’est des putains de collabos et c’étaient des traîtres en 39 ». Éléments de langage typiques du macrono-centrisme.

Sur les pas de la série Canal+ La Fièvre

La série Canal+ La Fièvre (très bonne au demeurant), dont l’héroïne interprétée par Nina Meurisse tentait d’éviter que « les deux extrémités de l’omelette » (selon la formule de l’inénarrable Juppé) n’entrent en conflit direct, n’était qu’une vaste opération télévisuelle pour promouvoir le macrono-centrisme, prétendument seul à pouvoir garantir la paix sociale. Le tract musical pénible du rappeur Soli s’inscrit lui-aussi dans cette campagne à bas bruit mais lancinante visant à promouvoir l’idée que seul l’Extrême-Centre est en mesure de gouverner, de défendre les intérêts nationaux et d’assurer la concorde civile.

Défense de rire.

Maurice Gendre

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