Espagne

La mémoire des martyrs catholiques espagnols face à la vengeance « historique » des socialistes

L’excellent journal espagnol El Debate, nous apprend dans un article du 11 juillet dernier, que le Vatican s’apprête à béatifier 111 martyrs, assassinés pendant la guerre civile espagnole « in odium fidei ». Comme tous les autres déjà béatifié, soit environ plus de 2000 d’ores et déjà, et comme tous ceux qui restent encore à béatifier, ils sont tous morts parce qu’ils étaient catholiques et qu’ils exprimaient publiquement leur foi, qu’ils n’ont pas voulu renier. 2000 autres causes espagnoles environ sont actuellement à l’étude à Rome.

Ces « macro béatifications », comme le titre El Debate, se feront en trois temps. Ce sera tout d’abord la cérémonie concernant l’île d’Ibiza, le 17 octobre prochain pour Juan Torres Torres et 19 de ses compagnons qui furent supprimés entre les mois d’août et de septembre 1936. Ibiza fut avec Minorque, le lieu des plus cruelles persécutions religieuses de la guerre civile.

Madrid fermera la marche, le 28 novembre 2026, avec le cas de Ignacio Aláez Vaquero et 10 autres suppliciés, des séminaristes notamment, dont un étudiant en philosophie de 21 ans, qui fut exécuté avec son père, ainsi qu’un confesseur des Sœurs Hospitalières de Ciempozuelos. La troisième et dernière séquence de ces béatifications exceptionnelles par leur nombre, concernera la région de Santander, le 21 novembre 2026, elle élèvera Francisco González de Córdova et 79 autres malheureux.

Parmi ces derniers, le Saint Siège a dûment souligné que certains d’entre eux furent jetés à la mer, avec les pieds et les mains attachés, une pierre enroulée autour du cou. D’autres disparurent dans le bateau-prison Alfonso Pérez, qui se trouvait au large de Santander. Plusieurs furent non seulement passés par les armes, mais on brûla leurs corps. Parmi ces 80 martyrs, on décompte 67 prêtres, 3 religieuses carmélites, 3 séminaristes et 7 laïcs. Les révolutionnaires français qui jetèrent à l’eau, dans la Loire des suppliciés pieds et poings liés en 1794, avaient fait des émules. Car tout se tient.

Parmi ces laïcs espagnols figurait un juge, Luis Mosquera Caramelo, magistrat à Santoña en Cantabrie, âgé de 36 ans qui fut torturé et fusillé le 27 décembre 1936. Fils et petit-fils de magistrat, père lui-même d’un juge à la Cour suprême espagnole, il était né à la Corogne en 1900, et était docteur en droit. Marié, il avait 5 enfants. Il fut arrêté chez lui par des miliciens rouges, le 13 novembre 1936, alors qu’il aurait pu fuir, mais il choisit de rester auprès de sa famille, dont un bébé de quelques mois. Il sera le premier juge espagnol à être béatifié.

Enfin le premier magistrat, pas tout à fait. Un procureur, ou avocat de l’État, ce corps judiciaire spécifique à l’Espagne, Luis Belda Soriano de Montoya avait été béatifié le 25 mars 2017, avec 114 autres victimes de la terreur rouge à Almería. Beau-frère du communiste stalinien Rafael Alberti, Luis Belda était né en 1901. Issu d’une famille modeste, orphelin de père à 10 ans, ses très grandes capacités intellectuelles lui font réussir le très difficile concours des avocats de l’État. Nommé à Almería, il s’investit dans le diocèse avec ardeur, et devient un proche de l’évêque, multipliant les œuvres caritatives, les conférences, les cours d’alphabétisation. Père de six enfants, il est arrêté le 7 juillet 1936. Emprisonné sur le bateau-prison Capitán Segarra, il sera mitraillé sur une plage avec 22 autres prisonniers, le 14 août 1936. Le 3 juin 2026, l’université San Pablo de Palma de Majorque, sa ville natale a baptisé de son nom, son nouveau centre universitaire, en présence de deux de ses filles et de trois de ses petits-enfants.

Beaucoup d’ouvrages font état d’environ 7000 à 8000 religieux et religieuses, qui ont été exécutés en Espagne par les révolutionnaires entre 1934 à 1939, ce qui représente l’une des plus fortes hécatombes catholiques en occident. Mais c’est omettre de très nombreux laïcs, assassinés pour leurs seules implications dans les diocèses, tant au niveau caritatif qu’éducatif. C’est pourquoi, et avec juste raison, le grand écrivain et poète, Paul Claudel, dans un poème célèbre publié en 1937, « Aux martyrs espagnols », évoque 16 000 martyrs. Cela bat en brèche les états d’âmes de nos catholiques progressistes, les Maritain, Mauriac, Mounier et sa revue Esprit, qui prendra fait et cause pour les « tueurs de curés », les mal nommés « républicains », qui n’étaient que des tortionnaires. Même Georges Bernanos se laissera duper par la propagande révolutionnaire, qui s’abattit en France, sous le couvert du Kominterm.

Un républicain de la première heure, José Ortega y Gasset, philosophe, écrivain, journaliste, professeur d’université, réfugié en France à l’automne 1936, remettra en place ceux qui dans leurs fauteuils douillets, signaient des pétitions en faveur des communistes espagnols comme Albert Einstein. Dans un texte intitulé « Sur le pacifisme », et publié en juillet 1938 dans la revue The Nineteenth Century, Ortega y Gasset fustigera ces pétitionnaires professionnels : « pendant qu’à Madrid les communistes et leurs proches forçaient, sous les pires menaces, écrivains et professeurs à signer des manifestes et à parler à la radio, confortablement assis dans leurs bureaux ou leurs clubs, à l’abri de toute pression, certains des principaux écrivains anglais signaient un autre manifeste garantissant que ces communistes et leurs proches étaient les défenseurs de la liberté… ».

Les socialistes espagnols, Pedro Sánchez en tête, ont demandé à l’ex-juge d’extrême gauche Baltasar Garzón, de présider la commission de la Mémoire historique, qui ne réhabilite que des tueurs et des tortionnaires de gauche. On ne pouvait pas en attendre moins, de la part de ce militant extrémiste qui a été condamné par la justice espagnole à être démis de ses fonctions pour plus d’une dizaine d’années, pour avoir bafoué la loi. Les socialistes ça ose tout, surtout le pire, c’est à ça qu’on les reconnait, la droite elle regarde passer les trains. On vient d’en avoir un exemple tout dernièrement à Paris, la municipalité de gauche venant de débaptiser une place « Maurice Barrès », alors qu’il fut l’un des premiers à se précipiter pour saluer la mémoire de Jean Jaurès, le 31 juillet 1914.

Car Maurice Barrès, décédé le 4 décembre 1923, eut droit à des funérailles nationales. En France, comme en Espagne, on falsifie l’histoire.

Michel Festivi

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