squadrisme

Journal d’un squadriste

Dans les années 1980, un Italien en exil au Mexique transmet sous forme de tapuscrit son journal des années 1920 au grand historien du fascisme Renzo De Felice. Celui-ci comprend dès la première lecture l’importance de ces souvenirs.

En effet, Mario Piazzesi a été, dans sa jeunesse, acteur du mouvement du squadrisme. Le Florentin retrace son engagement de 1919 à 1922 quasiment au jour le jour. On y redécouvre un mouvement composé d’anciens combattants des unités de choc, les arditi, revenus du front avec le sentiment que l’État les avait trahis, ainsi qu’une jeunesse grandie dans l’aura de leur sacrifice.

Le fascisme naît du squadrisme, qui n’a pas attendu Benito Mussolini pour s’organiser. Cette force nationaliste et révolutionnaire constitue une réaction à la poussée rouge qui traverse toute la péninsule à la suite de la fin de la guerre. Chaque ville d’Italie du Nord produit ses regroupements, qui en viennent très vite à s’affronter dans la rue avec socialistes, anarchistes et communistes.

Rejetant les vieilles institutions parlementaires, ces groupes prennent rapidement leur autonomie par rapport à une droite conservatrice qui pensait les utiliser. Une mentalité anticonformiste, un culte de l’action et le recours à la violence amènent cette génération à remettre en cause l’ordre établi et à combattre ce qu’elle perçoit comme la subversion.

Mario Piazzesi raconte ainsi cette guerre civile qui ne dit pas son nom jusqu’à la marche sur Rome. Il offre un témoignage précieux, que l’on peut rapprocher de la lecture des Les Réprouvés, qui évoque l’aventure des corps francs allemands.

Francois Fourment

Mario Piazzesi, Journal dun squadriste, Éditions du Paillon, 281 pages, 22 €.

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