La revue Synthèse nationale fête ses vingt ans. Autrefois, vingt ans, pour une revue, ce n’était pas grand-chose. La revue était la voie royale de la communication, elle pouvait braver les siècles : on se souvient encore de revues du XIXe siècle ou de l’avant-guerre comme La Revue blanche, La Revue bleue, la Revue de Paris, Le Mercure de France, La Nouvelle Revue Française, La Pensée (Gabriel Péri et autres staliniens) etc. Quelques-unes de ces revues d’avant-guerre voire plus anciennes existent encore, telles La Revue Universelle ou La Revue des deux mondes, et bénéficient toujours d’un public fidèle.
Dans l’immédiat après-guerre, il y eut également d’innombrables revues, qui donnaient le « la » de l’actualité littéraire et même politique, des revues qui s’affrontaient, parfois, par intellectuels interposées (Aron contre Sartre, par exemple). Citons La Table ronde (Mauriac, Nimier), Défense de l’Occident (Bardèche), Ecrits de Paris (Malliavin), Commentaires (Nora), Le Cheval de Troie (le père Bruckberger), Les Temps modernes (Sartre), La Parisienne (Jacques Laurent), Accent Grave (Bernard Georges) etc.
Je revois encore toutes ces revues alignées comme à la parade, dans les rayons de la bibliothèque de mon grand-oncle, François Brigneau.
Oiseaux de mauvais augure
Quand Synthèse a surgi dans le paysage médiatique, bien peu de monde s’est intéressé à cette revue-là, sorte de nain au milieu des géants. Qui plus est en 2025, les médias papier étaient promis à une mort imminente. Les oiseaux de mauvais augure n’avaient pas complètement tort, mais Synthèse est toujours là, alors que tant de bons et mauvais médias papier ont disparu.
Une revue qui dépasse les 20 ans d’existence, progressant en qualité et en notoriété, qui plus est, c’est donc déjà un évènement en soi, par les temps qui courent. Mais Synthèse, au fil du temps, a donc su en outre fidéliser une bonne équipe de rédacteurs, je citerais notamment Didier Lecerf, auteur par ailleurs d’ouvrages historiques sur les droites françaises, Michel Festivi qui, en peu d’années, s’est imposé comme l’un des plus fins connaisseurs de l’Espagne d’aujourd’hui et tout autant de celle d’hier, ou encore Arnaud Raffard de Brienne, Georges Feltin Tracol. La revue se situe exactement au carrefour du militantisme et de la réflexion, ce qui ne la met de fait en concurrence avec aucun autre média.
Il n’est donc pas étonnant que Le Canard enchainé, qui fut dirigé pendant vingt ans par un espion aux ordres de Moscou, Jean Clémentin (1), s’en soit pris récemment à Synthèse (très exactement le 12 novembre 2025), revue chargée de tous les péchés du monde. Une raison de plus pour lire cette revue.
Madeleine Cruz
- On l’a découvert en février 2022 : il fut agent aux ordres de Moscou, pendant une vingtaine d’années, dans les années 1950 et 1960, et rétribué pour ces actes de traîtrise, ceci par le biais des services secrets tchèques. Le genre de personnage à fusiller, mais dans le dos. Le diable ait son âme (il est mort dans son lit il y a deux ans).
Synthèse nationale, BP 80135 22301 Lannion PDC







