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Pour Éric Delcroix, la moraline a détruit le droit et accélère le chaos ethnique

Le 20 mai, alors que sortait aux éditions Akribeia le dernier et percutant essai « Droit, race et chaos ethnique » (1) de Me Éric Delcroix, suite logique de son précédent ouvrage, « Droit, conscience et sentiments » (même éditeur, 2020), le président de l’Association pour la Défense du maréchal Pétain (2) était condamné à une amende de 5 000 euros. Le crime de Jacques Boncompain ? Avoir déclaré à la sortie de la messe qu’il avait organisée le 15 novembre 2025 dans cette ville à la mémoire du Vainqueur de Verdun, que celui-ci avait été le « meilleur serviteur de l’État français au cours du XXème siècle », et sauvé par exemple sous l’Occupation « près de 700 000 juifs ».

Le « paradoxe français » dans la déportation

Propos recevable car, en la matière, « le paradoxe français », titre d’un article du Belge Maxime Sternberg publié en 1993 (pages 583-594) dans Les Annales — très sérieuse revue universitaire dirigée un temps par l’historien Marc Bloch, promis à la panthéonisation le 23 juin prochain — est éclatant. Constatant la « disparité » dans l’ampleur de la déportation entre la « France antisémite » et les Pays-Bas, M. Sternberg établissait un « bilan ultime » : « Après le départ des derniers convois, il n’y a plus aucune mesure d’un pays à l’autre. La France intervient dans le résultat de la Solution finale à l’Ouest par 73 000 déportés. Les Pays-Bas, deux fois moins peuplés de Juifs, comptent pour 100 000 déportés — les trois quarts des juifs néerlandais ont fini dans les camps d’extermination, soit 78%. De France, c’est seulement — si l’on ose dire — de 21 à 28% selon la référence statistique. »

Plutôt qu’un héros de la Grande Guerre respecté par le chancelier du Reich, les rescapés et leurs descendants auraient-ils préféré que la France fût gouvernée par un Gauleiter, comme aux Pays-Bas ?

« L’insupportable police juive de la pensée »

N’importe pour le tribunal comme pour la LICRA, l’Observatoire Juif de France et la Ligue des droits de l’Homme qui, s’étant portés parties civiles, ont obtenu chacun 1500 euros de dommages et intérêts et le remboursement de leurs frais (généreusement gonflés) d’avocats. Tous ont salué une « une décision «exemplaire alliant fermeté et pédagogie et qui confirme que la justice française, même 80 ans après la fin de la Shoah, ne faiblit pas contre ceux qui nient ou qui minorent la Shoah. »

Alors que commençait à faire parler d’elle la proposition de loi déposée par l’obscur député communiste Gayssot sur le caractère sacré de l’Holocauste, la si regrettée Annie Kriegel avait mis en garde contre « l’insupportable police juive de la pensée » (Figaro du 2/4/1990). Soumise au vote le 13 juillet 1990 par le président de l’Assemblée nationale Laurent Fabius, plus tard — c’est un comble – président neuf ans durant du Conseil Constitutionnel, la loi fut adoptée puis promulguée dès le lendemain, 14 juillet, dans l’émoi provoquée par la vraie-fausse profanation du cimetière juif de Carpentras, et l’indifférence d’une opinion biberonnée à l’hollywoodien et lacrymatoire feuilleton Holocaust puis par le film Shoah. Dont le réalisateur Claude Lanzmann, alors sigisbée de Simone de Beauvoir, avait accompagné celle-ci-ci au Caire en 1957 et multiplié les salamalecs au colonel Nasser, grand protecteur des savants du IIIème Reich.

Bien entendu, Éric Delcroix qui, durant ses trente-sept années de Barreau, défendit nombre de dissidents avec autant de talent et de courage que de désintéressement, évoque longuement la loi Gayssot-Fabius, et les ravages induits. Mais, ayant beaucoup réfléchit et étudié depuis sa retraite (à l’issue de laquelle lui fut, chose rarissime, refusé l’honorariat, bien sûr pour des raisons idéologiques), il s’attaque, documents à l’appui, à la source du mal. Américaine, comme le wokisme, décrit par lui comme le « détritus issu de la décomposition du puritanisme messiannique américain ».

La Convention de New York, origine d’une révolution

C’est en effet, nous explique-t-il, sous la présidence de Lyndon Johnson successeur de l’infortuné Kennedy dont l’assassinat ne fut jamais éclairci, que, « sous l’influence des organisations juives, qui s’appuyaient sur la doctrine de leur coreligionnaire Boas [maintes dois cité dans ce livre] » fut établie en 1965 « la Convention de New York (proposée en 1966 à la signature de tous les États), contre toutes les formes de discriminations raciales mais aussi contre tout essentialisme, c’est-à-dire contre nos êtres collectifs. Viendront, dans le sillage de cet égalitarisme, les futures convergences des luttes wokes, dites intersectionnalités ». Dont le moralisme revendiqué relaie « le marxisme toujours latent » dans la lutte contre les « crimes de haine ». Notion du reste à géométrie variable puisque les crimes de haine antiblancs ne sont jamais retenus pour tels, la misère, l’altération du discernement ou des antécédents psychiatriques venant à point nommer les justifier.

Une véritable révolution, lancée chez nous sous Pompidou en 1972, sept ans après la Convention de New York, par la loi Pleven — la conseillère juridique du ministre démo-chrétien étant alors Simone Veil, pour « faire plaisir » à laquelle, selon Giscard cité par Delcroix, le président et son Premier ministre Chirac auraient accepté en 1976 d’instaurer, par simple décret, le « regroupement familial ». Pompe à immigrés toujours en vigueur et semble-t-il irréversiblement puisque le RN ne la remet plus en question.

La révolution juridique débouchait donc sur une révolution anthropologique.

Cette subversion du droit n’est pas seulement dommageable pour les justiciables susceptibles d’avoir cédé à l’un des « sept racismes capitaux » énumérés par notre auteur, mais aussi pour la Justice, qui a basculé du droit romain et du Code pénal dans l’Inquisition puisque c’est moins l’acte qu’on juge puis condamne, mais les mobiles ou leur suspicion. « Croyez-vous aux chambres à gaz ?» m’interpella ainsi Jean-Yves Monfort, président de la XVII° Correctionnelle, lors d’un procès intenté à Rivarol pour un article du professeur Faurisson — dont Éric Delcroix fut le défenseur historique. « Allez-vous me demander si je crois en Dieu ? », répondis-je. L’interrogatoire s’arrêta là, mais pas le procès, qui aboutit en avril 1998 à une lourde condamnation.

Au-delà du droit, cette terrifiante dérive met en péril notre nation, et mène au chaos ethnique dont elle favorise l’émergence.

Ainsi, Mathilde Pinot, député de la République, égérie de La France Insoumise et apôtre de la «Nouvelle France » souhaitée par Mélenchon, peut bien se montrer aussi catégorique que l’était Robert Faurisson sur les chambres à gaz homicides, concernant « la France blanche et chrétienne fantasmée par l‘extrême droite [qui] n’a jamais existé, jamais » (déclaration sur la chaîne Le Média, 25 mai 2025. https://www.youtube.com/watch?v=n19ip7tvVJU), elle ne sera jamais poursuivie ni condamnée pour négationnisme. Ne sera pas davantage poursuivi l’ancien Premier ministre et actuel candidat à l’Élysée Gabriel Attal qui, le 17 mai, confiait son désir d’voir des enfants avec son compagnon Stéphane Séjourné, quant à lui vice-président de la Commission européenne (3), et en recourant donc à la GPA. Alors que la Gestation par autrui est toujours formellement interdite en France.

La fin d’« un peuple de race blanche », conséquence de « l’ordre moral antidiscriminatoire »

En revanche, malheur à quiconque s’aviserait de citer aujourd’hui en public Charles de Gaulle justifiant le 9 octobre 1959 devant le futur ministre Alain Peyrefitte sa décision de larguer l’Algérie française : « C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon la France ne serait plus la France… Nous sommes quand même avant tout un peuple de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne… Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans , qui demain seront vingt millions et après-demain quarante ? »

Bien vu, sauf que si nous avons perdu l’Algérie, nous avons toujours plus d’Algériens sur notre sol (400 000 en 1962 mais six millions en 2024 selon leur président Tebboune). Et si la démographie française a été ces dernières années exceptionnelle en Europe, c’est en raison de la présence massive de musulmans : près de quinze millions déjà selon le ministre villepiniste Azouz Begag interrogé en octobre 2005 par le magazine Respect. Dont 300 000 aujourd’hui — sur 880 000 habitants — dans la seule ville de Marseille, ainsi que le signalait le 27 mai France Info, répercutant leur légitime exigence d’une mégamosquée à l’ombre de la Bonne Mère.

Une « invasion de criquets » dixit Begag lui-même qui s’en réjouissait, contre laquelle nous avons été désarmés, car « l’ordre moral antidiscriminatoire » instauré et garanti par les lois Pleven, Gayssot, Perben et Lellouche avec l’appui empressé du Conseil constitutionnel a privé les dirigeants comme les simples citoyens de tout moyen non seulement de défense mais même d’expression. Au grand dam d’ailleurs, mais trop tard, de certains de ceux qui, tels Serge et Arno Klarsfeld, avaient initié cet arsenal mortifère contre le « corps collectif » français, et pour lesquels l’Eretz Israël n’est plus un asile très sûr… 

Admirons le travail, toujours précisément sourcé, accompli par Éric Delcroix pour éveiller et enseigner les esprits en un minimum de pages avant qu’il ne soit trop tard. Fruit d’une longue réflexion et d’une rare maîtrise du droit comme de son histoire, son plaidoyer pour l’indispensable réarmement moral après le naufrage où a sombré Thémis est remarquable de clarté. Puisse-t-il se répandre largement et surtout être entendu.

Camille Galic

  1. 128 pages avec excellente préface du courageux avocat Pierre-Marie Bonneau (qui a repris le flambeau), index et couverture de Chard. https://www.akribeia.fr/akribeia/2604-droit-race-et-chaos-ethnique.html
  1. ADMP. https://marechalpetain.com/

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